Aide médicale urgente
Laide médicale urgente (amu) est le dispositif mis en place par un état pour apporter une aide médicale aux personnes victimes d'un accident ou d'une affection brutale et inattendue. Elle comporte en général un système d'alerte, par lequel la victime ou les témoins peuvent demander cette aide médicale urgente, et des services mobiles d'intervention.
En France, l'aide médicale urgente repose sur deux structures :
- Samu : Service d'aide médicale urgente.
- Smur : Service mobile d'urgence et de réanimation
L'origine des Samu et des Smur en France est la lutte contre deux « fléaux nationaux » : une épidémie de poliomyélite (maladie pouvant aller jusqu'à une paralysie respiratoire) en 1952 et les accidents de la route en nombre croissant (l'hécatombe culminera en 1972 avec dix-sept mille morts cette année-là). L'expression d'« aide médicale urgente » est née en Belgique dans la loi du 8 juillet 1964.
Le premier service mobile de réanimation fut créé à Paris en 1956 par le professeur Maurice Cara (hôpital Necker), pour le transports inter-hôpitaux de patients sous assistance respiratoire avec un médecin. Le docteur Bourret créa la première unité mobile pour le secours aux accidentés de la route à Salon-de-Provence en 1957. Le premier décret sur l'organisation des secours aux victimes d'accidents de la route date du 3 août 1959. Les professeurs Cara, Lareng (Toulouse) et Serre (Montpellier) remarquèrent le décalage entre les soins prodigués une fois arrivés aux urgences et ceux prodigué avant et pendant le transport ; ils mirent en place la médicalisation des secours (présence d'un médecin dans les ambulances).
Cela conduisit en 1965 à la création des services d'urgence et des services de réanimation dans les hôpitaux d'une part, et des services mobiles d'urgence et de réanimation (Smur) d'autre part. Le premier service d'aide médicale urgente (Samu), chargé de coordonner les efforts médicaux entre les équipes préhospitalières (Smur) et les services d'urgence hospitaliers, fut créé en 1968 à Toulouse par le professeur Louis Lareng, mais il faudra attendre 1976 pour voir leur officialisation, avec la notion de réception centralisée des appels et la notion de régulation médicale ; le SAMU ne recevait alors pas d'appel direct du public.
C'est en 1979 (Simone Veil était alors ministre de la Santé) que furent créés les centres de réception et de régulation des appels (CRRA), dits « Centre 15 », avec la notion de réception des appels du public et de coopération entre structures hospitalières et structures extra-hospitalières.
En France, le Samu est une administration hospitalière comprenant pour chaque département :
En quelque sorte, le Smur est la partie mobile, le Samu est la partie fixe du dispositif.
Le Centre 15 est au cœur du dispositif d'urgence français. Il comporte des permancières et permanenciers d'aide à la régulation médicale (Parm) et un médecin régulateur. Les parm reçoivent les appels, récoltent les informations principales (lieu d'où la personne appelle, nature de l'appel) et les transmettent éventuellement au médecin régulateur et aux autres services concernés (police, gendarmerie, sapeurs-pompiers). Le médecin régulateur est chargé d'évaluer la gravité de l'état de la victime en posant des question à la personne qui appelle. Il détermine la suite de l'appel : simple conseils (70 % des appels ne donnent lieu à aucune intervention à domicile) ou bien envoi de moyens
Le Centre 15 détermine également vers quel centre hospitalier (CH) ou clinique doit être évacuée la victime (en fonction des places disponibles et du plateau technique). Il gère aussi les transports inter-hôpitaux.
Le Centre 15 est en communication constante avec le sapeurs-pompiers (via leur CTA) et les forces de l'ordre (police, gendarmerie).
Ce système permet de gérer au mieux les moyens d'intervention disponibles. Avant de se rendre elle-même aux urgences d'un hôpital, une personne a tout intérêt à appeler le 15 pour savoir si cela est vraiment nécessaire, et à quel centre hospitalier se rendre (le moins encombré, celui disposant du plateau technique adapté).
Les Smurs regroupent des véhicules appelés Unités mobiles hospitalières (UMH).
Une UMH est un véritable hôpital roulant, c'est une ambulance qui contient tout le matériel nécessaire pour traiter une victime sur place (c'est l'hôpital qui vient à la victime). Le personnel d'une UMH est constitué d'un médecin, d'un(e) infirmier(e) et d'un ambulancier.
De plus en plus souvent, cette équipe intervient avec un véhicule léger (VL, voiture de type break), qui contient le même matériel. L'évacuation de la victime se fait alors avec une ambulance privée, ou un VSAV des sapeurs-pompiers, équipée par le matériel du Smur.
Les Smurs interviennent aussi au sein des hôpitaux, lorsqu'une personne hospitalisée dans un service présente une détresse vitale (on parle d'intervention « pédestre »).
Cette structure du Samu est née à la fin des années 1960, avec la constatation suivante : les victimes d'accidents de voiture décédaient la plupart du temps pendant leur transport vers l'hôpital. La victime nécessitait donc des soins sur place, il fallait la stabiliser avant de la transporter, et notamment en cas d'hémorragie, compenser la perte de sang par une perfusion pour rétablir une pression sanguine (tension artérielle) « normale ». Cette méthode est appelée par les anglais stay and play (rester et jouer, dans le sens « agir sur place »).
Les étatsuniens ont développé une approche différente. Ils ont, eux, remarqué que, pour les traumatismes graves, les victimes décédaient dans les premières heures. Notamment, en cas d'hémorragie interne, seule une opération chirurgicale peut sauver la victime. Il fallait donc que la victime puisse être sur la table d'opération en moins d'une heure — c'est le concept de golden hour (heure d'or). Ils ont donc développé une structure basée sur des ambulances sans médecin, avec du personnel paramédical (EMT-P, emergency medical technician-paramedic) formé à des gestes médicaux, comme l'intubation oro-trachéale, la pose d'une voie veineuse périphérique (perfusion), l'administration de certains médicaments (bronchodilatateurs, adrénaline), mais sans possibilité d'initiative si le cas sort des protocoles prévus. Ces paramedics évacuent la victime le plus rapidement possible vers un trauma center (centre hospitalier), la méthode est appelée scoop and run (charger et courir).
Les deux méthodes présentent des avantages et sont légitimes. Profitant de l'expérience de l'Amérique du Nord, la France a fait évoluer son système :
Historique du Samu et du Smur
Le Samu et le Smur en France
Les services mobiles d'urgence et de réanimation (Smur) comprennent des unités mobiles hospitalières (UMH) au sein de certains centres hospitaliers. Une convention lie les Smur et le Samu.Le CRRA - Centre 15
On a ainsi une réponse graduée en fonction de la gravité et de l'urgence de l'affection.Les Smurs
Stay and play, scoop and run ou play and run ?
Le dernier point, appelé « paramédicalisation à la française » ou parfois « infirmiérisation des secours », permet à la victime de disposer de gestes médicaux de manière plus rapide ; en effet, le système d'urgence français est confronté actuellement à un problème d'effectif, or, il faut 7 ans pour former un médecin, 3 ans pour former un infirmier. On espère donc pouvoir disposer d'un maillage plus serré d'infirmiers sapeur-pompiers que de Smur. Par rapport au système nord-américain (EMT-P), les infirmiers sapeurs-pompiers disposent d'une possibilité d'initiative grâce à la prescription médicale par radio.Textes législatifs
Voir aussi