Anglicisme
On appelle anglicisme un mot ou une locution emprunté(e) à la langue anglaise et utilisé(e) dans une autre langue, sans être encore bien intégré(e) dans le vocabulaire de celle-ci. C'est donc un idiotisme. Un anglicisme bien intégré sera plutôt qualifié d'emprunt. Il faut noter qu'un anglicisme pour un locuteur ne le sera sans doute pas pour un autre : tout dépend de l'intérêt que porte chacun à sa langue (pour comprendre qu'un terme est un anglicisme, encore faut-il avoir quelques notions de l'histoire du lexique français et être capable de sentir fluctuations et évolutions de dernier). Nombreux sont les francophones qui ignorent, par exemple, que l'utilisation de réaliser au sens de « prendre conscience » ou encore celle d'initier pour « entreprendre, débuter » sont senties comme des anglicismes de mauvais aloi par une plus petite partie de la population qui sera, en retour, considérée comme « puriste ». Il existera même une part encore moins importante de locuteurs défendant tel ou tel anglicisme en expliquant que l'emprunt est utile.
On parle aussi dans certains cas de calques, c'est-à-dire d'une traduction terme à terme d'expressions anglaises : gratte-ciel pour skyscrapper (sky veut dire « ciel » et scrap « gratter »). Initier et réaliser seront quant à eux des faux-amis.
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Les catégories d'anglicismes
Selon le "Colpron", dictionnaire des anglicismes publié au Québec, on peut classer les anglicismes en six catégories :
- l'anglicisme sémantique : c'est l'attribution à un mot français d'une acception qu'il n'a qu'en anglais ;
- exemple : vol domestique pour vol intérieur ;
- exemple : vol domestique pour vol intérieur ;
- l'anglicisme lexical : c'est l'emprunt de mots ou d'expressions anglais employés tels quels ;
- exemple : feedback pour "rétroaction" ;
- exemple : feedback pour "rétroaction" ;
- l'anglicisme syntaxique : c'est le calque de constructions syntaxiques propres à la langue anglaise ;
- exemple : être en charge de pour "être chargé de" ;
- exemple : être en charge de pour "être chargé de" ;
- l'anglicisme morphologique : ce sont des erreurs dans la formation des mots (genre, suffixations, etc.) ;
- exemple : les actifs d'une société pour "l'actif" (en anglais the assets) ;
- exemple : les actifs d'une société pour "l'actif" (en anglais the assets) ;
- l'anglicisme phonétique : c'est une faute de prononciation ;
- exemple : cent (centième partie du dollar canadien, ou de l'euro) se prononce comme le nombre 100, mais on peut préférer centime !
- exemple : cent (centième partie du dollar canadien, ou de l'euro) se prononce comme le nombre 100, mais on peut préférer centime !
- l'anglicisme graphique : c'est l'emploi d'une orthographe ou d'une typographie qui suit l'usage anglo-saxon ;
- exemple : emploi du point décimal au lieu de la virgule.
- exemple : emploi du point décimal au lieu de la virgule.
Le nombre et la fréquence des anglicismes varient selon les locuteurs et selon les domaines de spécialité. Certains domaines en regorgent, comme l'économie, mais surtout l'informatique. Celle-ci, du fait de l'hégémonie économique des États-Unis d'Amérique (USA) dans ce domaine, est en effet sujette à de nombreux emprunts à l'anglais (au sabir informatico-anglo-américain), la lingua franca de fait entre les informaticiens du monde entier étant l'anglais. De plus, la plupart des langages de programmation ont un vocabulaire inspiré de l'anglais ce qui fait les programmeurs ont une tendance naturelle à penser en anglais.
De nombreux anglicismes possèdent des équivalents français. Leur emploi n'est donc pas motivé par une lacune du lexique français et un réel "besoin de désignation", mais procède plutôt d'un effet de mode ou d'imitation (moteur essentiel du changement linguistique en général).
Les anglicismes sont nombreux dans les pays où le français est en contact quotidien avec l'anglais (pays bilingues comme le Canada) ou qui ont été occupés par un pays anglophone (comme le Japon). La Belgique étant un pays essentiellement bilingue, le gouvernement utilise parfois des anglicismes : d'une part, cela évite d'utiliser des termes néerlandais ou français qui pourraient favoriser l'une ou l'autre communauté, d'autre part certains ministres ne maîtrisant pas bien l'autre langue, l'anglais permet alors de s'exprimer plus facilement
Quelques anglicismes et leurs équivalents français :
- hoax = canular
- walkman = baladeur
- toaster = grille-pain
- matcher = correspondre