Astéroïde
Un astéroïde est un objet céleste, plus petit qu'une planète, qui fait partie de notre système solaire et n'est pas le satellite d'une planète. On suppose que les astéroïdes sont des restes du disque protoplanétaire, qui ne se sont pas regroupés en planètes pendant sa formation.
Quoique l'on ait maintenant réussi à en identifier des dizaines de milliers, les astéroïdes restent presque impossibles à observer à l'œil nu. Ils sont bien trop petits, comparativement aux planètes et donc très peu lumineux. L'astéroïde 4 Vesta en est l'exception, c'est le seul qu'il soit parfois possible d'observer sans appareil optique. Sa luminosité n'étant toutefois pas très grande, il faut savoir où poser le regard !
Un astéroïde ressemble à une étoile qui brille dans le ciel nocturne. Le meilleur moyen pour partir à la chasse aux astéroïdes avec ses jumelles ou son télescope est d'observer le fond étoilé plusieurs nuits d'affilée et de détecter les points lumineux qui se déplacent face au fond stable. Certains catalogues répertorient la position des astéroïdes et il est alors plus facile de pointer le télescope au bon endroit. Alors bonne chance !
L'étude des astéroïdes fut longtemps délaissée par les astronomes. Nous les connaissons depuis maintenant plus de deux cents ans, mais ils étaient considérés comme les rebuts du système solaire. On sait maintenant que les astéroïdes sont une clé importante de la compréhension de la formation du système solaire et c'est pour cette raison que les astronomes montrent un plus grand intérêt envers ces objets.
Le premier astéroïde fut découvert tout à fait par hasard par Giuseppe Piazzi, directeur, à l'époque, de l'observatoire de Palerme, en Sicile. La veille du jour de l'an 1801, ce dernier observait la constellation du Taureau, lorsqu'il aperçut un objet non identifié se déplaçant très lentement sur le fond étoilé. Il suivit le déplacement de cet objet pendant plusieurs nuits. Son collègue, Carl Friedrich Gauss, utilisa les observations de Piazzi pour déterminer la distance exacte de cet objet inconnu depuis la Terre. Ses calculs placèrent l'astre entre les planètes Mars et Jupiter. Piazzi le nomma Cérès, du nom de la déesse grecque qui fait sortir la sève de la terre et qui fait pousser les jeunes pousses au printemps.
Tout cela était très surprenant car auparavant, en 1766, le physicien, astronome et biologiste prussien Johann Daniel Titius avait prédit qu'une planète circulait sur cette orbite ! Comment avait-il pu prédire une telle chose ? En créant la loi de Titius-Bode.
Entre 1802 et 1807, trois autres corps sont découverts : Pallas, Junon et Vesta. Puis les recherches seront abandonnées jusqu'en 1845 avec la découverte de Astrée par Karl L. Hencke. En juillet 1868, 100 astéroïdes sont connus. La 1000ème découverte homologuée a lieu en novembre 1921 (969 Leocadia) et la 10 000ème en octobre 1989 ((21030) 1989 TZ11). En juillet 2004, il y avait 85 117 astéroïdes homologués. En règle générale, l'ordre des dates de découvertes ne correspond pas à l'ordre de numérotation des astéroïdes, car l'octroi d'un numéro dépend de l'établissement d'une orbite fiable.
Ces trois premières étapes ne constituent pas une découverte d'un astéroïde : l'observateur n'a trouvé qu'une apparition. L'étape finale de la découverte était d'envoyer la position et l'heure de la découverte à Brian G. Marsden du Minor Planet Center qui, à l'aide de programmes informatiques, calcule si cette apparition est reliée à d'autres apparitions sur la même orbite. Si c'est le cas, l'observateur de l'apparition finale est déclaré le découvreur et obtient l'honneur de nommer l'astéroïde. Le nom proposé doit néanmoins être approuvé par l'Union astronomique internationale.
L'apparition reçoit une désignation, constituée de l'année de découverte, d'un code de deux lettres représentant la semaine de découverte, et d'un numéro si plus d'une découverte a eu lieu dans cette semaine (exemple : 1998 FJ74). Lorsque l'orbite d'un astéroïde est confirmée, il reçoit un numéro permanent (exemple : (26308) 1998 SM165), puis, plus tard, un nom (exemple : 1 Cérès). Les premiers astéroïdes sont nommés d'après des personnages de la mythologie gréco-romaine, mais comme ces noms se sont rapidement épuisés, d'autres furent alors utilisés : noms de personnages célèbres ou des épouses du découvreur ou même des personnages de séries télévisées et des desserts favoris. Ces dernières années, le rythme de découverte d'astéroïde est tel que les astéroïdes sans noms sont majoritaires. Quelques groupes d'astéroïdes ont des noms ayant un thème commun. Par exemple, les Centaures sont nommés d'après les Centaures de la mythologie et les Troyens sont nommés d'après les héros de la Guerre de Troie. En juillet 2004, sur 85 117 astéroïdes, le dernier nommé était 78433 Gertrudolf, et le premier astéroïde sans nom était (3360) 1981 VA.
Depuis 1998, la plupart des astéroïdes sont découverts à l'aide de systèmes automatisés qui comprennent des caméras CCD et des ordinateurs reliés directement aux télescopes. Voici quelques-unes des équipes utilisant de tels systèmes :
Les premières images rapprochées d'un astéroïde sont l'œuvre de la sonde Galileo envoyée vers 951 Gaspra et 243 Ida en 1991.
La sonde NEAR Shoemaker s'est posée sur 433 Éros en 2001.
Ils sont situés sur l'orbite d'une autre planète, aux deux points de Lagrange, L4 et L5.
La quasi-totalité des Troyens apparaissent sur l'orbite de Jupiter bien que n'importe quelle planète puisse, en théorie, en avoir (de savants calculs indiquent cependant que les Troyens saturniens ne sont pas stables à cause de l'influence de Jupiter). On ne connaît que deux Troyens non-joviens : 5261 Eurêka, un troyen de Mars, et 2001 QR322, un troyen de Neptune.
Seuls les Atens et les Apollos croisent l'orbite de la Terre et l'intérêt grandissant qu'on leur porte est lié à la crainte de les voir entrer en collision avec celle-ci.
Ces croiseurs sont appelés ECA (Earth-Crossing Asteroids en anglais).
; type C : 75% des astéroïdes connus sont de ce type. Le "C" signifie carboné. Ces astéroïdes sont très sombres (coefficient d'albédo autour de 0,03) et similaires aux météorites chondrites carbonées. Leur composition chimique est proche de celle du Soleil, excepté pour l'hydrogène, l'hélium et d'autres gaz volatiles. Leur spectre est plutôt bleu et plat.
; type S : 17% des astéroïdes sont de type S, le S correspondant à la silice. Ils sont assez brillants (albédo 0,10-0,22). Ils sont riches en métal (fer, nickel et magnésium principalement). Leur spectre se situe vers le rouge, similaire à celui des météorites sidérolithes.
; type M : Cette classe inclut la plupart du reste des astéroïdes. M signifie métallique. Ils sont faits d'alliage fer-nickel et brillants (albédo 0,10-0,18).
Il y a un certain nombre de types plus rares, nombre qui augmente au gré des nouvelles découvertes :
Observation à l'œil nu des astéroïdes
La découverte des premiers astéroïdes
Méthodes modernes de détection des astéroïdes
Jusqu'en 1998, les astéroïdes étaient découverts à l'aide d'un processus en quatre étapes. Tout d'abord, une région du ciel était photographiée à l'aide d'un télescope à large champ. Des paires de photographies étaient prises, à quelques minutes d'intervalle, typiquement une heure. De multiples paires étaient prises sur une série de jour. Deuxièmement, deux films de la même région sont observés dans un stéréoscope. Tout corps en orbite autour du Soleil aura alors bougé légèrement. Dans le stéréoscope, l'image de ce corps apparaîtra alors comme flottant légèrement sur le fond des étoiles. Troisièmement, une fois qu'un objet se déplaçant a été identifié, sa position était mesurée précisément en utilisant un microscope, la position étant mesurée relativement à celle d'une étoile connue.
Le système LINEAR avait découvert, à lui seul, plus de 37 000 astéroïdes en février 2004.Exploration des astéroïdes
Les principaux groupements
La ceinture principale
La ceinture dite principale, entre les orbites de Mars et Jupiter, distante de 2 à 4 unités astronomiques du Soleil, est le principal groupement. L'influence du champ gravitationnel de Jupiter les a empêché de former une planète.
Cette influence de Jupiter est également à l'origine des lacunes de Kirkwood qui sont des orbites vidées par le phénomène de résonance orbitale.Les Troyens
Les astéroïdes Troyens forment le deuxième groupe le plus important.Les astéroïdes géocroiseurs
Les astéroïdes géocroiseurs (Near Earth Asteroids en anglais) sont des astéroïdes dont l'orbite est relativement proche de celle de la Terre.
Les Amorss, dont 433 Éros fait partie, les Atenss et les Apolloss en sont les principaux groupes.La ceinture de Kuiper
Les objets de la ceinture de Kuiper contiennent plus de glace, et ne sont donc pas à proprement parler des astéroïdes.
Cette ceinture est la source de près de la moitié des comètes qui sillonnent le cœur du système solaire.
Le premier membre découvert est (15760) 1992 QB1 en 1992; on en dénombre aujourd'hui un peu plus de 1000. Les anglais appellent les astéroïdes de ce type des "cubewanos".
Certains de ses membres sont à peine plus petits que Pluton ou sa lune Charon.
Le plus grand identifié jusqu'à aujourd'hui est 50000 Quaoar qui atteint 1280 km de diamètre, soit plus de la moitié du diamètre de Pluton qui pourrait en perdre son statut de planète et être rattachée à cette classe d'objets.Les Centaures
Les Centaures sont un groupe d'astéroïdes qui naviguent autour du Soleil entre les orbites des planètes géantes.
Le premier qui fut découvert est 2060 Chiron, en 1977.
On suppose généralement que ce sont des astéroïdes ou des comètes qui ont été éjectés de leurs propres orbites.Dénomination
Le Minor Planet Center est chargé de la gestion de la désignation des astéroïdes.
Quand l'orbite d'un astéroïde est confirmée, on lui attribue un numéro, puis parfois un nom.
Les premiers ont reçu les noms de personnages de la mythologie grecque ou romaine, puis suite à leur épuisement, on en a utilisé d'autres, comme ceux de personnes célèbres, des découvreurs, de leurs femmes...Les Troyens sont nommés d'après les héros de la guerre de Troie et les Centaures d'après les centaures.Classification
Les astéroïdes sont classés d'après leur spectre optique, qui correspond à la composition de leur surface. Il faut noter, cependant, que certains types sont plus facilement détectables que d'autres.
Ainsi, ce n'est pas parce que la proportion d'astéroïdes d'un type donné est plus importante qu'ils sont effectivement plus nombreux.Les plus gros astéroïdes
| Numéro | Nom | Diamètre (km) | Date de découverte | Découvreur(s) |
|---|---|---|---|---|
| 2004 DW | ~1600 | 17 février 2004 | Raymond J. Bambery, Steven H. Pravdo, Michael Hicks, Kenneth Lawrence, Daniel MacDonald, Eleanor F. Helin & Robert Thicksten / NEAT | |
| 2003 VB12 (Sedna) | 1200-1700 | 14 novembre 2003 | Chadwick (Chad) A. Trujillo & David Rabinowitz | |
| 50000 | Quaoar | 1280 | 5 juin 2002 | Chadwick (Chad) A. Trujillo & Michael (Mike) E. Brown |
| 28978 | Ixion | 1055 | 22 mai 2001 | Robert L. Millis, Marc W. Buie, Eugene Chiang, James L. Elliot, Susan D. Kern, David E. Trilling, R. Mark Wagner & Lawrence (Larry) H. Wasserman |
| 1 | Cérès | 946 | 1er janvier 1801 | Giuseppe Piazzi |
| 55565 | 2002 AW197 | 724 | 10 janvier 2002 | Chadwick (Chad) A. Trujillo, Michael (Mike) E. Brown, Eleanor F. Helin, Steven H. Pravdo, Kenneth Lawrence & Michael Hicks |
| 55636 | 2002 TX300 | 724 | 15 octobre 2002 | Eleanor F. Helin, Steven H. Pravdo, Kenneth Lawrence, Michael Hicks & Robert Thicksten |
| 55637 | 2002 UX25 | 631 | 30 octobre 2002 | Anne S. Descour |
| 20000 | Varuna | 603 | 28 novembre 2000 | Robert S. McMillan |
| 4 | Vesta | 530 | 29 mars 1807 | Heinrich Wilhelm Matthaus Olbers |
| 2 | Pallas | 524 | 28 mars 1802 | Heinrich Wilhelm Matthaus Olbers |
| 42301 | 2001 UR163 | 479 | 21 octobre 2001 | James L. Elliot, Susan D. Kern & K. E. Washburn |
| 19308 | 1996 TO66 | 417 | 12 octobre 1996 | Chadwick (Chad) A. Trujillo, David C. Jewitt & Jane X. Luu |
| 10 | Hygée | 407 | 12 avril 1849 | Annibale de Gasparis |
| 26375 | 1999 DE9 | 380 | 20 février 1999 | Chadwick (Chad) A. Trujillo & Jane X. Luu |
| 38628 | Huya | 380 | 10 mars 2000 | Ignacio Ferrin |
| 24835 | 1995 SM55 | 363 | 19 septembre 1995 | Nichole M. Danzl & Arianna Gleason |
| 19521 | Chaos | 347 | 19 novembre 1998 | Marc W. Buie |
| 47171 | 1999 TC36 | 347 | 30 septembre 1999 | Eric P. Rubenstein, C. R. Smith & Louis-Gregory Strolger |
| 704 | Interamnia | 333 | 2 octobre 1910 | Vincenzo Cerulli |
| 511 | Davida | 326 | 30 mai 1903 | Raymond S. Dugan |
| 26181 | 1996 GQ21 | 302 | 12 avril 1996 | Nichole M. Danzl, Arianna Gleason / Spacewatch |
| 55638 | 2002 VE95 | 288 | 14 novembre 2002 | Chadwick (Chad) A. Trujillo, Michael (Mike) E. Brown, Eleanor F. Helin, Steven H. Pravdo, Kenneth Lawrence, Michael Hicks / NEAT |
| 52 | Europe | 278 | 4 février 1858 | Hermann Goldschmidt |
| 15874 | 1996 TL66 | 275 | 9 octobre 1996 | David C. Jewitt, Jane X. Luu et Jun Chen |
| 48639 | 1995 TL8 | 275 | 15 octobre 1995 | Nichole M. Danzl, Arianna Gleason / Spacewatch |
| 15 | Eunomie | 272 | 29 juillet 1851 | Annibale de Gasparis |
| 3 | Junon | 267 | 1er septembre 1804 | Karl L. Harding |
| 16 | Psyché | 264 | 17 mars 1851 | Annibale de Gasparis |
| 7 | Iris | 262 | 13 août 1847 | John R. Hind |
| 87 | Sylvia | 260 | 16 mai 1866 | Norman R. Pogson |
| 31 | Euphrosyne | 248 | 1er septembre 1854 | James Ferguson |
| 65 | Cybèle | 237 | 8 mars 1861 | Ernst W. Tempel |
| 324 | Bamberga | 229 | 25 février 1892 | Johann Palisa |
| 26308 | 1998 SM165 | 229 | 16 septembre 1998 | Nichole M. Danzl / Spacewatch |
| 35671 | 1998 SN165 | 229 | 15 septembre 1998 | Arianna Gleason / Spacewatch |
| 40314 | 1999 KR16 | 229 | 16 mai 1999 | Audrey Delsanti, Olivier R. Hainaut |
| 451 | Patientia | 225 | 4 décembre 1899 | Auguste Charlois |
| 107 | Camilla | 222 | 17 novembre 1868 | Norman R. Pogson |
| 29 | Amphitrite | 219 | 1er mars 1854 | Albert Marth |
| 48 | Doris | 219 | 19 septembre 1857 | Hermann Goldschmidt |
| 423 | Diotima | 217 | 7 décembre 1896 | Auguste Charlois |
| 532 | Herculina | 216,5 | 20 avril 1904 | Max Wolf |
| 13 | Égérie | 215 | 2 novembre 1850 | Annibale de Gasparis |
| 45 | Eugénie | 214 | 27 juin 1857 | Hermann Goldschmidt |
| 94 | Aurora | 212 | 6 septembre 1867 | James C. Watson |
| 121 | Hermione | 209 | 12 mai 1872 | James C. Watson |
| 47932 | 2000 GN171 | 209 | 1er avril 2000 | Arianna E. Gleason, Jim V. Scotti, Jeff A. Larsen |
| 88 | Thisbé | 200 | 15 juin 1866 | Christian H. F. Peters |
| 2060 | Chiron | 200 | 18 octobre 1977 | Charles T. Kowal |
| - > | ||||
| Numéro | Nom | Diamètre (km) | Date de découverte | commentaire |
|---|---|---|---|---|
| 243 | Ida | 56 x 24 x 21 | 29 septembre 1884 | Galileo |
| S/1993 (243) 1 Dactyl | 1.4 | 28 août 1993 | Ida | |
| 253 | Mathilde | 66 x 48 x 46 | 12 novembre 1885 | Visité par NEAR Shoemaker |
| 433 | Éros | 13 x 13 x 33 | 13 août 1898 | Visité par NEAR Shoemaker |
| 624 | Hektor | 105 | 10 février 1907 | Jovien découvert |
| 951 | Gaspra | 19 x 12 x 11 | 30 juillet 1916 | Galileo |
| 2060 | Chiron | 200 | 18 octobre 1977 | er Centaure (planétoïde)>Centaure découvert |
| 3753 | Cruithne | 5 | 10 octobre 1986 | Orbite particulière co-orbitale avec la Terre |
| 4179 | Toutatis | 4.5 x 2.4 x 1.9 | 4 janvier 1989 | Croisera de près la Terre en 2004 |
| 4769 | Castalia | 1.8 x 0.8 | 9 août 1989 | Premier astéroïde dont on a eu une image |
| 5261 | Eurêka | 20 juin 1990 | point L5) |
| Le système solaire |
| Soleil | Mercure | Vénus | Terre | Mars | Ceinture d'astéroïdes | Jupiter | Saturne | Uranus | Neptune | Pluton | Ceinture de Kuiper | Nuage d'Oort |
| Pour une information globale, consultez l'article système solaire et la liste de ses objets, classés par taille ou par masse. |