The Attentats à Madrid du 11 mars 2004 reference article from the French Wikipedia on 27-Jul-2004
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Attentats à Madrid du 11 mars 2004

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Les attentats qui ont touché Madrid le jeudi 11 mars 2004 constituent une série d'attentats meurtriers condamnés par la communauté internationale comme étant un acte de terrorisme. Plusieurs explosions de bombes se sont produites dans des cercanías (trains de banlieue) à Madrid (Espagne) le matin du 11 mars 2004.

191 personnes ont péri et 1500 sont blessées, faisant de ces attaques le plus important acte terroriste survenu en Europe depuis l'explosion de Lockerbie le 21 décembre 1988 qui avait coûté la vie à 270 personnes. Treize bombes ont été utilisées, dont dix ont explosé. Cet attentat surpasse de loin l'attentat du groupe terroriste basque ETA dans un supermarché de Barcelone en 1987, qui tua vingt et un civils et était, jusqu'au 11 mars, l'attentat le plus meurtrier commis sur le sol espagnol.

Les Espagnols désignent cet événement, sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, sous l'expression 11-M. Ils le comparent ainsi à l'attentat du 11 septembre 2001 sur les tours jumelles du World Trade Center.

Table of contents
1 Les attentats
2 Réactions
3 Commentaires
4 Liens externes

Les attentats

Les explosions ont eu lieu pendant l'heure de pointe matinale, entre 7 h 39 et 7 h 55 (heure locale), aux gares Atocha (trois bombes), El Pozo del Tío Raimundo (deux bombes) et Santa Eugenia (une bombe), ainsi que dans un train juste en-dehors d'Atocha à la Calle Téllez (quatre bombes). La plupart des morts survinrent à Atocha (89 confirmées) et El Pozo (67) avec 17 encore à Santa Eugenia.

Le train qui explosa à la Calle Téllez devait arriver à Atocha au même moment que l'autre train, mais, retardé de quelques minutes il a explosé hors de la gare. Il était muni de deux grandes bombes à la tête et au centre du train.

Les forces de sécurité ont par la suite trouvé et désamorcé trois autres bombes qui n'avaient pas explosé, dont deux à Atocha et une à El Pozo. Selon le gouvernement espagnol, ces bombes étaient des pièges devant exploser lors de l'arrivée des forces de secours. Il s'agirait de sacs à dos remplis de plastic expert C de fabrication espagnole.

Semaine précédente

Réactions

Mesures de sécurité

Responsabilité des attentats

L'hypothèse de l'ETA

En l'absence de revendications, le gouvernement a dans un premier temps attribué ces attentats à l'ETA. Selon le ministre espagnol de l'Intérieur, Ángel Acebes : « Il est absolument clair que la formation terroriste ETA cherchait à faire une attaque avec de vastes répercussions. » La police espagnole avait désamorcé dernièrement d'autres bombes attribuées à ETA ; le 29 février, elle a aussi saisi 500 kg d'explosifs et arrêté deux membres présumés d'ETA. Les analyses montreraient que la dynamite employée serait celle volée en 2002 en Bretagne par l'ETA et les indépendantistes bretons.

Cependant, des responsables du parti basque Batasuna, branche politique de l'ETA, parti politique interdit, ont déclaré ne pas pouvoir croire que l'ETA soit impliqué. De plus, le mode opératoire ne correspond que partiellement : l'ETA n'a jamais frappé à cette échelle, et prévient généralement quelques minutes avant ses attentats. Cependant, plusieurs tentatives d'attentats, avec des sacs à dos piégés, déjouées les jours précédents ressemblent à la fois à l'attentat du 11 mars et aux modes opératoires de l'ETA.

Bien que l'hypothèse attribuant à l'ETA la responsabilité de l'attentat ait été privilégiée les premiers jours, le gouvernement espagnol ne possèdait encore aucune preuve permettant d'accréditer l'une ou l'autre des hypothèses.

L'ETA a démenti par son biais traditionnel — le journal indépendantiste basque Gara — toute implication dans cet attentat. Toutefois, ce communiqué n'a pu être authentifié formellement que quelques jours après les faits.

L'hypothèse d'un groupement islamique

D'autres pistes sont évoquées, dont celle du réseau terroriste Al-Qaïda ou d'un groupement islamique indépendant. Un communiqué pouvant corroborer cette hypothèse a été reçu par le journal Al Qods Al Arabi situé à Londres en fin de journée, mais n'était pas encore authentifié au lendemain de l'attentat. Une camionnette contenant sept détonateurs et une cassette audio sur laquelle sont enregistrés des versets du Coran a également été retrouvée dans une localité située sur le passage des trains, à une trentaine de kilomètres de Madrid.

Cependant, le mode opératoire ne correspond pas non plus aux attentats perpétrés par ce réseau, qui a l'habitude d'employer des kamikazes.

À la date du 15 mars l'hyphothèse islamiste s'est étoffée. Dès le samedi 13 mars 3 marocains et 2 indiens sont en garde à vue, trahis par le téléphone portable qui devait servir de déclencheur à une des bombes qui n'a pas explosé. Ce même jour, une nouvelle revendication d'Al-Qaïda par l'intermédiaire d'une cassette vidéo a été transmise aux autorités espagnoles. De son côté, ETA démentait à nouveau Dimanche être responsable des attentats par l'intermédiaire du quotidien Gara.

En Espagne

12 mars: manifestation contre le terrorisme à BarceloneEnlarge

12 mars: manifestation contre le terrorisme à Barcelone


Ces attentats ont lieu trois jours avant les élections générales nationales. Tous les partis politiques interrompent leurs campagnes. Le premier ministre espagnol, José Maria Aznar, proclame trois jours de deuil national. 

Le roi d'Espagne, Juan Carlos, s'est adressé à la nation, à la télévision, pour la première fois depuis que fut déjoué le coup d'État du 23 février 1981. La reine Sofía, Felipe, prince des Asturies et sa fiancée ont rendu visite aux blessés et au personnel médical à l'hôpital Gregorio Marañón. [1]

Des manifestations contre ETA sont apparues spontanément à travers le pays, en avance des manifestations prévues pour le lendemain à 19h00. [1] Le président ou lehendakari du Pays basque, Juan José Ibarretxe, a dénoncé les attentats en disant que « quand ETA attaque, le cœur basque se brise en mille morceaux ». Il a appelé la population basque à des manifestations silencieuses devant les hôtels de ville du Pays basque.

Communauté internationale

Les leaders mondiaux s'unissent pour condamner les attentats de Madrid. Le président des États-Unis, George W. Bush, a appelé le premier ministre espagnol pour offrir ses condoléances et pour condamner le « vicieux attentat terroriste ». Le président de l'UE, Romano Prodi, qualifie l'attaque de « féroce et insensée ». Le pape Jean-Paul II condamne les attentats dans un message aux chefs de l'Église catholique en Espagne. Plusieurs pays offrent de l'aide matérielle au gouvernement espagnol.

Au Parlement européen on pense à faire du 11 mars une journée de commémoration des victimes du terrorisme.

En France, Jacques Chirac a annoncé la mise en berne des drapeaux sur les bâtiments officiels à partir du 12 mars pour une durée de trois jours.

En Pologne, le président Aleksander Kwasniewski a proclamé le 12 mars journée de deuil national en solidarité avec le peuple espagnol, et aussi pour commémorer les victimes polonaises (3 morts et plusieurs dizaines de blessés) de ces attentats.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution condamnant ses attentats. Cette résolution met en cause nommément l'ETA.

Dans toute l'union européenne les habitants ont été invités à respecter 3 minutes de silence le lundi 15 mars à midi. Des rassemblements spéciaux ont étés organisés en cette occasion dans certaines capitales. Le rond point Schuman de Bruxelles, situé dans le quartier européen, a ainsi été envahi par quelques personalités politiques, des journalistes et de très nombreux piétons.

Commentaires

La première réaction du gouvernement espagnol (immédiatement suivi par les médias) fut de désigner l'ETA comme coupable sur la base de la recrudescence de l'activité de l'organisation terroriste ces dernières semaines. Cette affirmation catégorique, en particulier du ministre de l'intérieur, convainquit dans un premier temps le peuple espagnol et de ses médias à la culpabilité de l'organisation basque.

Malgré les dénégations des dirigeants du parti basque dissous Herri Batasuna, le gouvernement est resté catégorique jusqu'à ce qu'une revendication de Al-Qaïda présentant un faisceau d'indices concordants en faveur de sa validité ne soit révélé. La découverte d'une camionnette contenant des détonateurs et une cassette de musique islamique, augmentait le crédit de la piste islamique.

Au lendemain de l'attentat, le gouvernement n'est plus aussi catégorique concernant l'attribution des attentats: il estime toujours que la piste de l'ETA est la plus plausible, mais n'exclut plus les autres hypothèses. Les manifestations de la population, et les journaux, ne mettent plus en cause directement l'ETA.

Le comportement du gouvernement espagnol fait l'objet d'un vif débat et plusieurs explications de ses propos, une mise en cause de l'ETA trop catégorique, ont été avancées:

La thèse politique

Le gouvernement, à trois jours des élections, avait intérêt à ce que l'attentat fût commis par l'ETA:
  1. « si la responsabilité des attentats appartient bien à ETA, la politique sécuritaire du gouvernement espagnol s'en trouve confortée à 3 jours des élections, et ceux qui souhaitent faire évoluer le gouvernement espagnol dans un sens plus démocratique seront réduits au silence ;
  2. si la responsabilité des attentats revient à Al-Qaïda, la politique étrangère de l'Espagne, dans l'affaire d'Irak, se trouve mise en cause. L'engagement espagnol dans la guerre d'Irak avait donné lieu à de nombreuses manifestations se prononçant contre cet engagement. Dans ce cas, l'impact électoral n'irait pas dans le même sens : c'est le maillon faible de l'Europe qui est visé ».

Le mercredi
17 mars 2004, José Maria Aznar, l'ancien Premier ministre et chef du gouvernement espagnol, se retrouve au cœur d'un scandale. Il est accusé d'avoir tenté de manipuler les groupes de presse en leur affirmant le matin même des attentats à Madrid du 11 mars 2004 que ceux-ci avaient été commandités par l'ETA. Le Courrier international.

La thèse du coupable habituel

Selon cette thèse, le faisceau d'indices désignant l'ETA : type d'explosifs utilisé, recrudescence de l'activité du groupe dans la région les semaines précédentes, en particulier contre des moyens de transport, habitude de s'inviter aux scrutins électoraux, couplée au fait que le gouvernement doit montrer son efficacité, ont transformé l'ETA d'un suspect à un coupable.

La polémique sur le comportement du gouvernement ne fait que débuter, en particulier en Espagne, où la rue et les médias, profondément choqués, n'ont pas encore eu le cœur de se pencher sur l'action du gouvernement.

Au vu du résultat des élections, il semble que le peuple espagnol ait tranché en la faveur de la thèse du coupable habituel en élisant le PSOE alors que le partido popular était donné comme vainqueur jusqu'aux attentats.

Liens externes