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Charles de Gaulle

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Charles de Gaulle

Charles André Joseph Marie de Gaulle (22 novembre 1890 - 9 novembre 1970) fut un général et homme d'État français. Son patronyme ne contient pas une particule nobiliaire mais une forme dialectale de l'article ; on devrait logiquement l'écrire De Gaulle, mais l'usage a consacré la minuscule.

Né à Lille dans une famille catholique et cultivée, de Gaulle était le fils d'un enseignant d'école libre qui lui fit découvrir les œuvres de Barrès, Bergson et Péguy. Entré à l'École militaire de Saint-Cyr en 1908, il en sortit diplômé en 1912 et rejoignit l'infanterie.

Table of contents
1 Première Guerre mondiale
2 Seconde Guerre mondiale
3 La traversée du désert
4 Crise en Algérie
5 Président de la République
6 Bibliographie
7 Liens internes
8 Liens externes

Première Guerre mondiale

Lieutenant au début de la Première Guerre mondiale puis promu capitaine, plusieurs fois blessé, il fut fait prisonnier en mars 1916 durant la bataille de Verdun. Il fit plusieurs tentatives d'évasion avant de réussir à rejoindre le camp allié, sa grande taille le rendant trop visible.

Une fois la guerre finie, il resta dans l'armée, faisant partie de l'entourage du général Weygand et ensuite de celui du maréchal Pétain. Il appuyait fortement les idées nouvelles de troupes mécanisées et de divisions blindées spécialisées.

Seconde Guerre mondiale

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata, il était colonel ; en mai 1940, il était général de brigade et commandait la 4e division blindée en Alsace. Le 6 juin 1940, Paul Reynaud le nomma sous-secrétaire d'État à la guerre. En tant que membre du cabinet il s'opposa à l'armistice et quitta la France pour l'Angleterre le 15 juin lorsque le maréchal Pétain prit le pouvoir (il désapprouvait la politique de Pétain qui cherchait à signer l'armistice avec les Allemands). De Londres, il forma et dirigea les Forces françaises libres.

Appel du 18 juin

Le 18 juin, de Gaulle se préparait à parler au peuple français via la BBC, depuis Londres. Le cabinet britannique tenta de s'y opposer, mais Churchill le soutint. Depuis la France, l'appel du 18 Juin put être entendu à 19 heures. Depuis ce jour, cela demeure l'une des plus célèbres allocutions de l'histoire de France.

Le gouvernement britannique avait au préalable proposé au ministre français de l'Intérieur Georges Mandel de passer en Angleterre et de lancer lui-même un appel. Mandel s'était par ses avertissements répétés contre les menaces du IIIe Reich - et en opposition à ce sujet avec son ami le président Léon Blum - signalé comme un homme d'État et de caractère. Mandel refusa de quitter la France pour ne pas prêter le flanc à une critique de désertion qui aurait aussitôt été exploitée (il était israëlite) et recommanda que ce discours fût confié à de Gaulle.

En France, de Gaulle fut condamné par contumace à la peine de mort en juillet 1940 pour trahison. Travaillant avec la résistance française et actif dans les possessions coloniales françaises en Afrique, suivant le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, de Gaulle installa son quartier général à Alger en mai 1943. Il créa le Comité de libération nationale et fut bientôt à sa tête.

Comme Pétain et de Gaulle étaient des proches (Pétain était le parrain du fils de de Gaulle a qui avait donc été donné, selon l'usage de l'époque, son prénom de Philippe), une rumeur se répandit en France, dite du glaive et du bouclier : La condamnation ne sert qu'à donner le change à l'occupant, Pétain et de Gaulle agissent en fait de concert, le premier défendant de son mieux les Français (de fait, la déportation ne concerna « que » (!) 70 000 Français juifs sur environ 400 000 estimés à l'époque, et contre il est vrai 130 000 étrangers juifs déportés ; aucun autre pays occupé d'Europe ne réussît un tel pourcentage de sauvetage), tandis que de Gaulle organisait la Résistance. La théorie devînt hélas de moins en moins crédible à mesure que le temps passait et que les exactions augmentaient.

La traversée du désert

Après la guerre, il fut brièvement président du gouvernement provisoire à partir d'octobre 1945 mais il démissionna en janvier 1946, s'impatientant et désapprouvant la constitution de la Quatrième République. En 1947, il fonda un mouvement politique, le RPF (rassemblement du peuple français) afin de transformer la scène politique française mais il se retira de nouveau en 1953.

Crise en Algérie

À la suite des échecs de la Quatrième République en Indochine et la crise constitutionnelle concernant l'Algérie, le 1er juin 1958, de Gaulle fut nommé président du conseil et obtint des pouvoirs étendus. Il utilisa cette opportunité pour faire rédiger une nouvelle constitution. En septembre, un référendum approuva la nouvelle constitution à 83%, créant ainsi la Cinquième République. En novembre, de Gaulle gagna les élections législatives et obtint une confortable majorité. En décembre il fut élu Président de la République avec 78% des voix, au suffrage indirect.

Président de la République

right Charles de Gaulle prit ses fonctions de président de la République le 8 janvier 1959. Il prit de difficiles mesures pour revitaliser le pays, avec en particulier l'introduction du nouveau franc (valant 100 anciens francs).

Sur la scène internationale, refusant la domination des États-Unis comme de l'URSS, il érigea une France indépendante, dotée de sa propre force de frappe nucléaire. En tant que membre fondateur de la CEE, il opposa son veto à l'entrée du Royaume-Uni.

En ce qui concerne la guerre d'Algérie, de Gaulle réalisa rapidement qu'il n'était pas possible de la gagner et soutint l'indépendance de l'Algérie. Cette attitude provoqua de fortes résistances dans certains groupes nationalistes et de Gaulle fut obligé de réprimer des soulèvements de pieds-noirs en Algérie. Il fut aussi la cible d'organisations terroristes telles que l'Organisation de l'armée secrète. En 1962 il signa un cessez-le-feu en Algérie, et il emporta le référendum octroyant l'indépendance, ce qui fut fait en avril 1962.

En avril 1962, le Premier ministre Michel Debré fut remplacé par Georges Pompidou.

En septembre 1962, Charles de Gaulle proposa d'amender la constitution afin de permettre au Président d'être élu au suffrage direct. La réforme de la constitution eut lieu, malgré l'opposition du Parlement.

En octobre, l'Assemblée nationale vota une motion de censure contre le gouvernement Pompidou, mais le général refuse la démission que lui présentait le Premier ministre et choisit de dissoudre l'assemblée. Les nouvelles élections renforcèrent la majorité parlementaire gaullistes obtinrent une nouvelle majorité encore renforcée.

Premières mesures

En 1965, il fut réélu Président de la République pour un nouveau mandat de 7 ans, mais seulement au second tour de l'élection, mis en ballottage par François Mitterrand. Ses adversaires lui reprochaient son nationalisme et tiraient arguments d'une conjoncture économique déprimée en France. Internationalement, de Gaulle continua à promouvoir l'indépendance de la France : il refusa à la Grande-Bretagne l'entrée dans la CEE, il condamna la guerre américaine au Viêt Nam ainsi que l'attaque israélienne lors de la guerre des six jours, et en 1967 la France se retira du commandement militaire de l'OTAN, tout en restant membre de l'Alliance atlantique.

L'attentat du Petit-Clamart

(Qui se dévoue ?)

La force de frappe

Convaincu de l'importance stratégique de l'arme nucléaire, de Gaulle engagea le pays dans le coûteux développement de celle-ci, sous la protestation de l'opposition qui, n'y voit qu'une bombinette. La réponse de de Gaulle sera : « Dans dix ans, nous aurons de quoi tuer 80 millions de Russes. Eh bien je crois qu'on n'attaque pas volontiers des gens qui ont de quoi tuer 80 millions de Russes, même si on a soi-même de quoi tuer 800 millions de Français, à supposer qu'il y eût 800 millions de Français ». Le rôle des États-Unis dans cette affaire semble avoir été assez étrange : d'un côté, ils mirent l'embargo sur le supercalculateur (pour l'époque) dont nous avions besoin. De l'autre, ils semblent nous avoir assuré un concours discret. Sans doute les questions géopolitiques l'ont-elles emporté : même si elle était définie tous azimuts, la force de frappe Française était essentiellement destinée à dissuader une invasion soviétique, et en définitive n'était pas opposée aux intérêts américains. Mais il fallait en surface respecter les convenances.

François Mitterrand s'opposant de façon virulente à la bombinette, De Gaulle ne se refusa pas le plaisir de confier la supervision du projet à son frère Jacques Mitterrand. Ainsi « Ce que l'un critique, l'autre l'assurera », indiqua-t-il.

La conversion des dollars

Sur la recommandation de l'économiste Jacques Rueff, de Gaulle demanda aux USA la contrepartie en or d'une forte proportion des dollars détenus par la France. L'opération était légale, car le dollar était défini officiellement par eux comme corrrespondant à 1/35 d'once d'or. Réglements internationaux obligent, les USA durent obtempérer et l'or fut transféré en France. En 1971 les USA mettaient fin à la parité pour faire flotter le dollar. De 1973 à 1975, à la suite du choc pétrolier, les cours de l'or s'envolèrent. Le conseil de Jacques Rueff s'était montré bon à long terme.

L'affaire du Québec

Lors d'une visite d'État au Canada en 1967 afin de célébrer les 100 ans de la nation, de Gaulle provoqua l'indignation des fédéralistes lorsqu'à Montréal, devant une foule de plus de 100 000 Québécois, il déclara : « Vive le Québec libre ! », dans une ovation générale si l'on en croit les extraits filmés de l'époque. Cela déclencha une crise avec le gouvernement canadien et il inspira de nombreux membres du Front de Libération du Québec. À la suite du discours de de Gaulle, qui contenait un certain nombre de clins d'œeil (« Mais après tout, on se sent chez soi, ici », « Je vais vous confier un petit secret que vous ne répéterez à personne : sur mon chemin, j'ai vu une atmosphère qui m'a rappelé celle de la Libération ») le Premier ministre canadien, Lester B. Pearson déclara ces propos « inacceptables ». De Gaulle fît répondre que le mot inacceptable était lui-même inacceptable et déclara (mais ne lui avait-on pas forcé la main ?) annuler unilatéralement la visite prévue à Ottawa. Il repartit séance tenante en France sur le croiseur - le choix du moyen de transport était visiblement un message - qui l'avait amené.

Le gouvernement d'Ottawa dût dès cette époque traiter avec une attention particulière les revendications du Québec qui, fort de cet encouragement qui laissait présager un soutien fort de la France si besoin, commença à parler de faire sécession.

Cet exemple est devenu aujourd'hui un cas d'école en Théorie des jeux, au même titre que la crises des missiles de Cuba. Pour reprendre un mot prononcé par de Gaulle en d'autres circonstances : « Ils auraient voulu continuer à jouer tranquillement à la belote, mais je les ai obligés à jouer au poker, et là, je suis le plus fort ».

Mai 1968

Les manifestations durant les grèves de 1968 furent un autre défi. De Gaulle était prêt à accepter certaines des revendications des manifestants. Il voulut faire approuver les réformes par référendum mais Georges Pompidou le persuada de dissoudre plutôt l'Assemblée nationale. De Gaulle l'annonça le 30 mai 1968, dans un discours dont ne fut retransmis que le son. Les phrases étaient courtes, chacune ou presque une décision :

Après les discours un peu décevants qui avaient précédé, la France semblait retrouver son de Gaulle des grands jours. Une manifestation fut organisée pour faire pendant à celle du 13 mai 1968 et fut créditée d'un million de participants selon les organisateurs et, on donne toujours les deux chiffres, d'un million selon la préfecture de police. Les élections de juin 1968 furent un grand succès pour les gaullistes qui obtinrent 358 des 487 sièges. Georges Pompidou fut remplacé par Maurice Couve de Murville au mois de juillet.

Le départ

Dans un référendum portant sur le transfert de certains pouvoirs aux régions et la transformation du Sénat, De Gaulle proposait d'introduire des représentants des organisations professionnelles et syndicales au sein des conseils régionaux. Mettant tout son poids dans le référendum, il annonça à l'avance son intention de démissionner en cas de victoire du « non »). Celui-ci, auquel s'était rallié Valéry Giscard d'Estaing l'emporta par 52,46%, et De Gaulle annonça peu après minuit : « Je cesse d'exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd'hui à midi ».

Charles de Gaulle prît donc congé de la République le 28 avril 1969, prît quelque repos en Irlande (d'où il vota par correspondance), puis se retira à Colombey-les-Deux-Églises, où il travailla à l'écriture de ses Mémoires, et où il mourut le 9 novembre 1970.

Une mort orgueilleuse

Son testament reste une dernière gifle d'outre-tombe aux conventions :

À la différence sans doute de certains hommes politiques de son époque (il y avait eu quelques scandales immobiliers), celui-ci ne semble pas avoir profité de son passage aux affaires pour s'enrichir : ses héritiers durent vendre sa propriété de la Boisserie, à Colombey. Rachetée par une souscription, elle est aujourd'hui devenue le musée Charles de Gaulle.

Le souvenir

De nombreuses rues et bâtiments publics portent son nom en France. En particulier la place de l'Étoile à Paris ainsi que l'aéroport Roissy - Charles de Gaulle. Son nom a également été donné au dernier porte-avions en date, le Charles de Gaulle. Curieusement, quelques années après la mort de de Gaulle, beaucoup des hommes qui l'avaient critiqué de son vivant commencèrent à se réclamer de lui. Cela a fait écrire à l'écrivain Régis Debray que tout le monde a été, est ou sera gaulliste, propos mi-ironique, mi-admiratif.

Quelques échecs

La période gaulliste ne connut pas que des réussites.

Anecdotes

Le jugement de l'histoire

Les années que Jean Fourastié a nommé Les Trente Glorieuses (1945-1975) ont laissé aux Français le souvenir d'une époque, sinon heureuse (deux guerres coloniales), au moins de croissance et - vers la fin - de prospérité. Nous ne sommes pas les plus riches, nous ne sommes pas les plus puissants, mais je vous garantis que que nous sommes parmi les plus heureux, avait dit Georges Pompidou. Or la fin de cette période heureuse se trouve correspondre par coïncidence à peu près à celle du gaullisme : difficile dans ces conditions de séparer objectivement ce qui est du à l'homme et à son dauphin désigné de ce qui est dû à l'économie, d'autant que les deux n'étaient pas exempts d'imbrication.

Le premier Président de la Ve République apparaît en revanche aujourd'hui comme un des derniers grands fabricants d'histoire, qui a comme on le voit plus haut su souvent mener les événements au lieu de se laisser mener par eux. Son vocabulaire non conventionnel pour un homme politique de l'époque (culbute, chienlit), son humour (« Croit-on que je vais commencer, à soixante-sept ans, une carrière de dictateur ? », son sens de la répartie (au cours d'une conférence de presse, il répondit à un journaliste dont la question était simplement « Comment allez-vous ? » : « Je vais bien, mais rassurez-vous, je ne manquerai pas de mourir »), son mépris affiché des partis politiques, sa défiance envers une droite qui ne l'aimait pas et le lui fit voir en 1969, comme envers une gauche qui n'avait jamais vraiment soutenu le projet de participation (des salariés aux bénéfices de leur entreprise) qui lui était cher, tout cela a conduit nombre de Français à ressentir pour lui le même genre de sympathie qu'envers Jean Yanne ou Coluche. De Gaulle, c'était, dans un esprit très « Astérix » Le petit qui n'a pas peur des gros. On ne s'étonnera pas de sa déclaration que son livre préféré était Cyrano de Bergerac. Et il fit un jour cette remarque ironique :

« Au fond, je n'ai qu'un seul rival international : c'est Tintin »

Bibliographie

Liens internes

Liens externes

Chronologie des chefs d'État français depuis 1848 :
22 Liste des présidents de France>Présidents de la République, 1 Empereur, 1 Chef de l'État
Louis-Napoléon
Bonaparte

1848-1852
Napoléon III
empereur
1852-1870
Adolphe
Thiers

1871-1873
Patrice
de Mac-Mahon

1873-1879
Jules
Grévy

1879-1887
Sadi
Carnot

1887-1894
Jean
Casimir-Perier

1894-1895
Félix
Faure

1895-1899
Émile
Loubet

1899-1906
Armand
Fallières

1906-1913
Raymond
Poincaré

1913-1920
Paul
Deschanel

1920-1920
Alexandre
Millerand

1920-1924
Gaston
Doumergue

1924-1931
Paul
Doumer

1931-1932
Albert
Lebrun

1932-1940
Philippe Pétain
Chef de l'État
1940-1944
Vincent
Auriol

1947-1954
René
Coty

1954-1959
Charles
de Gaulle

1959-1969
Georges
Pompidou

1969-1974
Valéry
Giscard d'Estaing

1974-1981
François
Mitterrand

1981-1995
Jacques
Chirac

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