The Charrue reference article from the French Wikipedia on 27-Jul-2004
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Charrue

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La charrue est un instrument aratoire, muni d'un versoir qui rejette la terre d'un seul côté (travail dissymétrique).

La charrue Brabant doubleEnlarge

La charrue Brabant double

Les éléments essentiels d'une charrue sont à peu près les mêmes que ceux de l'araire, age, sep et mancherons. Mais l'ajout d'autres pièces entraîne d'importantes modifications : c'est d'abord l'avant-train, muni de roues de dimensions souvent inégales pour permettre à la charrue de garder sa stabilité lors du labour (une roue passe sur le guéret, partie de la terre non encore travaillée, l'autre dans la raie précédemment tracée). Autre élément nouveau par rapport à l'araire, le coutre, lame de fer destinée à découper la motte de terre, qui sera ensuite soulevée par le soc et renversée par le versoir. La charrue, beaucoup plus lourde que l'araire, nécessite la présence de deux mancherons pour assurer une meilleure conduite par le laboureur. L'age devient un axe très long sur lequel seront fixées toutes les pièces travaillantes. Soc et versoir sont situés dans le prolongement l'un de l'autre, formant en fait une seule pièce reliée à l'age par les étançons et située sur le côté de celui-ci (n'oublions pas que le principe du labour à la charrue repose sur la dissymétrie).

Dans sa forme primitive, la charrue est parfaitement adaptée au labour en billons et à sa variante la plus fréquente, le labour en planches. Le principe de ce labour est simple : une fois que la charrue a terminé sa première raie et qu'elle effectue le trajet en sens inverse, le versoir, qui se trouve orienté vers le sillon de terre soulevée par le premier passage, rejette à nouveau la terre sur celui-ci. Ce type de labour est excellent dans les sols humides, dont il facilite l'écoulement. Par contre, il n'est guère nécessaire en pays méditerranéen où on lui préfère le labour à plat : à chaque passage, on modifie l'orientation du soc et du versoir de façon à renverser toujours la terre dans la même direction. S'il était facile de modifier l'inclinaison d'un araire, muni de deux oreilles symétriques à l'axe, la chose se complique avec une charrue. Mais très vite sont nés des instruments de type tourne-oreille qui ont permis de simplifier la tâche du laboureur : l'oreille y est un versoir mobile, que l'on fixe alternativement d'un côté et de l'autre de l'age chaque fois que la charrue arrive à l'extrémité de la raie.

D'amélioration en amélioration, et toujours pour faciliter le labour à plat, on allait arriver à la charrue Brabant double. L'instrument est composé de deux corps de charrue superposés que le cultivateur, à l'aide d'une poignée, fait pivoter de 180° autour de l'axe quand il arrive à l'extrémité des raies. On se retrouve donc avec deux coutres, deux socs et deux versoirs, auxquels on a même ajouté deux rasettes placées en avant des coutres, qui permettent de nettoyer le sol avant son retournement (la rasette, formée d'un petit soc et d'un petit versoir, permet de retourner l'herbe à l'endroit où passera le coutre). L'avant-train automatique avec régulateur entraîne la suppression des mancherons, réduits le plus souvent à de simples poignées.

Parallèlement se sont développés d'autres types de charrues, adaptées à des travaux spécifiques (labours entre les arbres ou les souches de vigne). Ces charrues sont le plus souvent montées sur un support à une roue, avec des mancherons dissymétriques pour pouvoir passer le long des arbres (un mancheron se trouve placé dans le prolongement de l'age). Elles sont peu stables, et réclament beaucoup d'expérience de la part de leurs utilisateurs, dont certains avaient trouvé l'astuce de fixer une planchette de fer sur un côté de l'age afin de faire contrepoids au soc.

Dans ce domaine, les progrès sont venus de la viticulture, avec l'invention de la "bineuse universelle" Plissonnier, dont le bâti permet toutes les transformations : on peut y adapter notamment un corps de butteur, de tourne-oreille, de bisoc, d'arrache pommes de terre, de ratisseuse, ce qui permet au petit propriétaire de se procurer un outillage complet à peu de frais.

Notons enfin une dernière révolution, celle provoquée par l'apparition de charrues multisocs, à l'image de la canadienne qui, souvent sur un bâti de herse, se compose d'un ensemble de petits socs en nombre variable montés sur des dents souples ou semi-rigides, qui servent à ameublir la terre en surface ou à briser les mottes, et dont un seul passage peut remplacer plusieurs allées et venues de l'araire. Cette dernière invention, suivie du développement de la motoculture, allait achever de mettre au rancart les antiques instruments aratoires, dont l'araire, qui avait su pourtant se maintenir pendant des décennies face aux avancées du progrès.

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