Conscience
La conscience est l'intuition par un individu de son existence et du monde qui l'entoure (y compris d'autres êtres potentiellement doués de conscience) ; la conscience porte donc :
- sur ce qui se passe dans l'esprit d'un individu : opérations cognitives, attitudes propositionnelles, aspects de sa personnalité et de ses actions (identité du soi et conscience morale), perceptions internes (corps propre) ;
- sur le monde extérieur, sur l'environnement, sur des entités vivantes douées ou non de conscience (autrui).
- Le fait pour un être de posséder une représentation, même très simplifiée, du monde extérieur et d'y réagir. Cette forme de conscience se nomme conscience du monde ou en anglais awareness.
- Le fait pour un être de posséder une représentation, même très simplifiée, de certaines activités qu'il rapporte à lui-même. Cette forme de conscience se nomme conscience de soi, ou en anglais consciousness. On considère en général que cette seconde forme de conscience inclut la première.
Le concept de conscience peut être opposée à l'inconscient, à l'inconscience, à l'inattention, à la distraction, au divertissement, etc.
Il existe de nombreuses théories qui s'efforcent de rendre compte de ce phénomène. A partir de ces théories, on peut mettre en avant quelques groupes de questions fondamentales :
- quelle est la nature de la conscience (et, par suite, son origine et son développement) ?
- quels sont ses caractéristiques ?
- quel est son mode d'existence ? Comment peut-elle exister à partir d'entités non-conscientes ?
- quelle est sa fonction ? A-t-elle une causalité propre et, si oui, de quelle nature ?
- quelles relations la conscience entretient-elle avec les autres phénomènes de la réalité, physiques et mentaux ?
2.La conscience morale est le jugement moral de nos actions. Dans ce cas, la conscience nous permet de distinguer le bien du mal. C'est le sens premier du mot "conscience", que l'on trouve chez Cicéron et Quintillien.
Chez certains auteurs romains, le mot latin prend une dimension morale dérivée du droit, exprimant le fait de se prendre soi-même pour témoin.
Le concept de conscience n'a été isolé de sa signification morale qu'à partir de Locke, dans son Essai sur l'entendement humain. Avant lui le mot conscience n'a jamais le sens moderne. En particulier, Descartes ne l'emploie quasiment jamais en ce sens, bien qu'il définisse la pensée comme une conscience des opérations qui se produisent en nous (cf. Principes de la philosophie).
C'est le traducteur de Locke, Pierre Coste, qui a introduit l'usage moderne du mot conscience (donc, en français, mais le sens du mot consciouness était bien sûr tout aussi nouveau) associé à l'idée d'un soi-même dont la conscience exprime l'identité.
La conscience s'accompagne de souvenirs, de sentiments, de sensations et de savoir que nous rapportons à une réalité intérieure que nous nommons moi. Cette conscience est appelée conscience de soi, et est structurée par la mémoire et l'entendement. Elle est en ce sens une unité synthétique sous-jacente à tous nos comportements volontaires. Les éléments qu'elle contient, souvenirs, sentiments, jugements, dépendent d'un contexte culturelle, ce qui fait de la conscience de soi une réalité empirique changeante et multiple. L'unité et la permanence du moi ne sont donc pas garanties par l'unité de la conscience.
Selon Husserl, qui reprend un concept médiéval, toute conscience est conscience de quelque chose. Cela suppose que la conscience soit un effort d'attention qui se concentre autour d'un objet. Cette concentration est structurée par l'expérience ou par des catégories a priori de l'entendement, structures que l'on considère parfois comme les fondements de toute connaissance du monde extérieur. Dans l'idéalisme moderne la conscience est ainsi la source et l'origine de la science et de la philosophie.
Inconscient | Pensée | Immortalité | Perception | Esprit | Philosophie de l'esprit | Psychologie | Morale | Existence | Qualia
Définitions
Le concept de conscience a de nombreux sens que l'on peut s'efforcer de distinguer, bien que dans certains cas ces différences soient surtout des différences de degrés :
Dans l'ensemble de ces distinctions, on peut noter une conception de la conscience comme savoir de soi et perception immédiate de la pensée, et une autre comme sentiment de soi impliquant un sous-bassement obscur et un devenir conscient qui sont en général exclus de la première conception.Histoire
Il n'existe aucun concept comparable à celui de conscience dans la philosophie grecque, et ce n'est qu'au XVIIème siècle que le terme devient un fondement de la reflexion sur l'esprit.Caractéristiques de la conscience
La conscience présente certains traits caractéristiques :
Conscience de soi
Le rapport en première personne
L'introspective est la source de connaissances sur la conscience qui vient généralement tout de suite à l'esprit quand on pose la question de la méthode d'investigation à suivre. C'est un fait que nous pensons avoir un accés privilégié à notre esprit, accés dont la conscience serait l'expression. Mais l'investigation de notre vie mentale n'est certainement pas suffisante pour élaborer une théorie de la conscience étendue : il est même nécessaire d'examiner la conscience à la troisième personne, et de se demander comment il peut être possible d'observer la conscience de l'extérieur.Courant de conscience
L'idée de conscience de soi pose le problème de l'unité d'un sujet, d'un moi ou d'un conscience. On peut très généralement distincter deux types de d'hypothèse :
Conscience du monde extérieur
Structure phénoménale de la conscience
Dans la question de savoir quelles relations la conscience entretient avec la réalité en général, une description phénoménologique répond que celle-ci a une structure spaciale et temporelle, structure qui est une organisation des concepts qui concernent notre expérience du monde et nous-mêmes en tant qu'acteurs de ce monde.Conscience morale
Fonctions de la conscience
Les théories de la conscience
Les questions de savoir ce qui caractérise la conscience, quels sont sa fonction et ses rapports avec elle-même ne préjugent pas nécessairement du statut ontologique qu'il est possible de lui donner. On peut par exemple considérer que la conscience est une partie de la réalité qui se manifeste dans des états de conscience tout en étant plus qu'une simple abstraction produite à partir de l'adjectif "conscient". Cette thèse réaliste n'a plus beaucoup de défenseurs de nos jours. L'une des raisons est que l'investigation descriptive rend inutile ce genre d'hypothèses réalistes.Quelques questions pour méditer
Bibliographie
Voir aussi
Théorie de la connaissance
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