Cracovie
Cracovie (en polonais : Kraków, à prononcer "Cracouv") est une des villes les plus anciennes et les plus importantes de Pologne. C'est la capitale de la Voïvodie de Petite-Pologne (en polonais : województwo malopolskie) depuis 1999, auparavant elle était la capitale de la Voïvodie de Cracovie depuis le XIVe siècle. La ville historique se situe sur la Vistule au pied de la colline de Wawel.
Avec ses 745 000 habitants, elle est la 3ème plus grande ville de Pologne mais est le centre culturel et scientifique du pays. En fait, Cracovie était avant Varsovie la capitale de la Pologne et elle est toujours considérée comme le véritable centre du pays avec ses traditions et son passé vieux de plus de 1000 ans.
Cracovie est devenue un centre touristique important aussi bien au point de vue national qu'international et elle accueille chaque année plus de 2 000 000 de visiteurs.
Premières traces d'habitations sur la colline de Wawel.
L'histoire de Cracovie commence avant la création de l'état polonais en tant que capitale du peuple vistule. Selon la légende, la ville a été fondée par le chef de ce peuple, Krak, sur la colline Wawel au dessus de l'antre d'un dragon. Les premiers écrits historiques font état d'un peuple slave s'installant sur les bords de la Vistule au VIIIe siècle. Il y est fait mention que le prince des vistules a été baptisé. Sans doute faut-il y voir le signe que Cracovie faisait partie de la Grande Moravie.
Quand la Grande Moravie est détruite par les Hongrois, Cracovie est signalée comme étant une des villes administrées par les rois de Bohême. A la fin du Xe siècle, Cracovie est un centre de commerce et d'échanges important et conquise par Boleslaw I. Chrobry, elle passe sous la domination de la dynastie Piaste. Des données historiques tangibles sont disponibles après l'an 1000. Les premiers monuments en pierre sont édifiés à cette époque : un château, des églises romaneses, une cathédrale, une basilique ainsi que les églises St. Félix et Adaukt.
En 1038, Cracovie devient la capitale de la Pologne. A partir de 1072, Saint Stanislas, saint-patron de la POlogne, est évêque de la ville. 200 ans plus tard, la cité est presque totalement détruite par les raids des Tartares. En 1257, Cracovie est reconstruite et on peut en voir le résultat encore aujourd'hui dans la vieille ville. Sous le règne de Sigismund du Luxemburg, elle devient membre de la ligue hanséatique. Depuis 1150, il existe une école de latin sous la direction de l'évêché de Cracovie et Casimir III de Pologne (Casimir le Grand) y fonde en 1364 l'Université Jagiellon (la 2ème plus ancienne université en Europe centrale après celle de Prague). L'archevêque de Cracovie est alors l'égal des princes de l'empire.
En 1308, la rebellion des citoyens germanophones de Cracovie est écrasée par le roi de Pologne. La Pologne y perdra Gdansk, annexée par l'Ordre Teutonique. Les citoyens germanophones taisent leurs ambitions politiques et essayent de se '"poliniser" le plus rapidement possible, apprenant le polonais.
Cracovie connaît une période florissante sous le règne de la dynastie lituanienne Jagiellon (1386 - 1572) qui entretenait de bonnes relations avec les Habsbourg. Capitale d'un état puissant, elle devient un centre bouillonant des arts et sciences, admirée par les étrangers et encensée par les poètes. De cette époque datent de nombreux monuments et œuvres artistiques de la Renaissance.
En 1475, le duc George le Riche de Bavière demande la main de Hedwig, fille de Casimir IV Jagiello. Après un voyage de 2 mois, Hedwig arrive à Landshut où son mariage est célébré avec fastes (Landshuter Hochzeit).
En 1488, l'humaniste et poète lauréat de l'empire Conrad Celtes fonde la Sodalitas Litterarum Vistulana, une société de savants basée sur le modèle des Académies Romaines. L'année suivante, Veit Stoss de Nuremberg apporte la dernière touche au grand autel de l'église Notre Dame. Il finira aussi le sarcophage de marbre pour Casimir IV Jagiello. De nombreux artistes (principalement de Nuremberg) travaillaient à Cracovie. Avant 1500, Haller met en place la première presse d'imprimerie à Cracovie.
Copernic étudie à Cracovie. En 1505, le "Balthasar Behem Codex", du nom du chancelier de Cracovie, décrit et règlemente les statuts des corporations des citoyens de langue allemande dans la ville. En 1520, Johann Behem ordonne la production de la cloche Sigismund qui est aujourd'hui encore la plus grosse cloche de Pologne. A cette époque, Hans Dürer, le plus jeune frère de Albrecht Dürer, est peintre à la cour de Sigismund I Jagiello. Hans von Kulmbach termine l'autel de l'église Saint-Jean. La mort de Sigismund ii Jagiello en 1572 met fin à la dynastie Jagiello.
En 1596, le roi Sigismund III Vasa transfère la résidence royale à Varsovie qui a été annexée par la Pologne (elle faisait partie auparavant du duché de Masovie). Cracovie voit son influence diminuer et perd de son importance d'autant plus qu'elle est affaiblie par les pillages lors des invasions suédoises et par la peste qui fait 20 000 victimes.
La Pologne doit faire face aux envies de puissance de ses pays voisins, la Prusse et la Russie ayant des vues sur ce territoire. Tadeusz Kosciuszko lance un dernier mouvement d'insurrection à partir de Cracovie pour tenter de maintenir l'indépendance de la Pologne mais cela se termine par un échec et en 1795, le pays est partagé entre la Prusse, la Russie et l'empire autrichien qui hérita de Cracovie (incorporée à la province de Galicie).
L'année 1809 apporte la libération à Cracovie qui est intégrée au Grand Duché de Varsovie. Entre 1815 et 1846, elle est même une "ville libre". En 1846, après une nouvelle tentative de rebellion, Cracovie repasse sous le contrôle de l'empire autrichien. Après la guerre austro-prussienne de 1866, l'Autriche accorde l'autonomie à la province galicienne en échange de la loyauté polonaise. Cracovie est de nouveau un symbole national. Les Autrichiens étant moins durs que les Russes ou les Prusses, Cracovie peut s'épanouir et redevenir le centre culturel et artistique de la Pologne. De célèbres peintres, écrivains et poètes y viennent travailler : Jan Matejko, Stanislaw Wyspianski, Stanislaw Ignacy Witkiewicz, Stanislaw Przybyszewski, Jan Kasprowicz, Juliusz Kossak et Wojciech Kossak. Cracovie devient le principal centre du modernisme polonais dont les plus grands représentants sont Wyspianski et Przybyszewski.
A Cracovie et Varsovie, des mouvements de libération nationale sont actifs malgré l'occupation et les mesures cohercitives et décourageantes prises par les puissances occupantes (usage du polonais banni dans de nombreuses régions...).
Lors de la Première Guerre mondiale, les troupes de Cracovie combattent aux côtés des puissances de l'Axe avec l'Allemagne et l'Autriche afin d'accéder à l'indépendance. En 1918, c'est chose faite : Cracovie et la Galicie font partie de la Pologne.
En septembre 1939, Cracovie tombe aux mains des Nazis à la suite du reste de la Pologne. Elle devient la capitale des territoires occupés polonais. Le gouverneur Hans Frank aménage des camps de concentration dans les environs à Plaszow et Auschwitz. Bien que les occupants firent quelques dégâts, Cracovie a été globalement préservée des bombardements et de destructions massives mais elle a souffert de la perte de nombreux habitants : juifs et savants ont été déporté. Ainsi, plus de 150 professeurs et scientifiques de l'Université Jagiellon, réunis pour un sommet, y ont été arrêtés et déportés au camp de concentration Sachsenhausen où la plupart périrent.
Après la Seconde Guerre mondiale, l'URSS essaye de diminuer l'influence des cercles artistiques et intellectuels de Cracovie afin de faciliter le passage de la Pologne à un état socialiste. Une nouvelle ville voisine Nowa Huta est créée où fut construite la plus grande usine de production d'acier au monde à l'époque (dont les émissions gazeuses ont endommagés le centre historique). Le but était d'attirer des travailleurs socialistes pour contrebalancer le poids des intellectuels capitalistes.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la population de Cracovie a quadruplé et la ville est redevenue le centre sulturel de la Pologne. En 1978, l'Unesco a inscrit Cracovie sur la liste du patrimoine mondial.
Il y a trois siècles, Cracovie obtenait le titre honorifique de "totius Poloniae urbs celeberrima" qui reflète le caractère unique et exceptionnel de cette ville, ancienne capitale de la Pologne, ville de Copernic et du pape Jean-Paul II.
Cracovie n'a subi pratiquement aucune destruction depuis celle des Tartares au Moyen-Âge et l'industrialisation s'est faite essentiellement en dehors de la ville. La ville est donc riche d'exemples de toutes les époques, surtout de la Renaissance, mais aussi de style baroque et néogothique (Collegium Novum). L'intérieur des bâtiments a lui aussi été épargné des pillages et les palais, églises et anciennes résidences aristocratiques de Cracovie brillent par la richesse des détails architecturaux, les vitraux, peintures et sculptures, ornementations...
Depuis 2002, les "trous" dans la ville sont comblés par des constructions nouvelles s'intégrant dans le paysage architectural de la ville.
Parmi les centaines de monuments historiques, voici quelques-uns particulièrement intéressants : le Château Royal et la Cathédrale sur la colline de Wawel où le roi John III Sobieski est enterré; la Vieille Ville médiévale avec un des plus beaux parcs d'Europe; des douzaines de vieilles églises et de musées; les bâtiments de l'Université Jagiellon datant du XIVe siècle; ainsi que Kazimierz, le centre historique de la vie religieuse et sociale des Juifs de Cracovie.
L'ëglise gothique Notre-Dame, construite au XIVe siècle, se dresse sur la place du marché avec son célébre autel de bois de Witt Stwosz. Chaque heure, le son d'une trompette (hejnal) est lancé vers les quatre directions du haut de la plus élevée des deux tours de l'église. Ceci rappelle à tous le joueur de trompette du XIIIe siècle qui fut transpercé d'une flèche alors qu'il donnait l'alarme d'une invasion tatare. Le hejnal de midi est retransmis en direct à travers toute la Pologne sur la station de radio Jedynka.
Cracovie est aussi le point de départ d'excursions vers les mines de sel à Wieliczka, les montagnes Tatra, Czestochowa, l'ancien camp de concentration d'Auschwitz ou encore vers la parc national Ojcow.
Cracovie compte de nombreux théâtres dont :
Chaque année, de nombreux évènements artistiques se tiennent à Cracovie, certains ayant même une portée internationale. On peut noter le Festival du Court Métrage, le Festival"Genius Loci" à Kazimirz en octobre, le Festival de musique classique dans des lieux historiques en août ou encore le Festival de Jazz à "Pod Baranami" en juillet...
La grande tradition culturelle de la ville inspire la créativité des artistes modernes polonais et nombreux sont ceux qui ont choisi de vivre et de poursuivre leur carrière artistique à Cracovie :
Cracovie est un centre de formation important. Il y a 12 universités regroupant 10 000 scientifiques et 51 000 étudiants.
Liens vers ces établissements :
Quelques uns des nombreux musées de la ville :
Histoire
IVe siècle
VIIIe siècle
Xe siècle
XIe au XIIIe siècle
XIVe siècle
XVe siècle
XVIe siècle
XVIIe au XIXe siècle
XXe siècle
Architecture et monuments
Architecture
Quelques monuments
Vie culturelle
Culture
La richesse de la vie culturelle de Cracovie peut être soulignée à travers les collections des 28 musées et galeries nationales parmi lesquels le Musée National et le Musée Czartoryski qui possèdent de véritables trésors (par exemple, des œuvres de Léonard de Vinci et de Rembrandt, des sculptures, des chefs d'œuvre d'orfévrerie et des documents exceptionnels)Education
Musées
Jumelage
Cracovie est jumelée avec Zagreb.

