Georg Wilhelm Friedrich Hegel
Georg Wilhelm Friedrich Hegel (27 août 1770 - 14 novembre 1831) est un philosophe allemand dont l'œuvre est considérée comme le sommet de l'idéalisme de cette époque.
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Biographie
Hegel est né à Stuttgart, en 1770, fils d'un fonctionnaire à la Cour des
Comptes du duc de Wurtemberg. Il fit ses études au Gymnasium de sa ville natale. A 18 ans, il entre au séminaire de Tübingen, et étudie la philosophie, l'histoire, la théologie, le latin, le grec. Il fait la connaissance de Hölderlin et de Schelling. Il obtient son magister de philosophie en 1790 ; en 1793, il passe les examens de théologie, mais devient ensuite précepteur à Berne. En 1797, il est précepteur à Francfort-sur-le-Main. Il devient privat-dozent à l'université de Iéna en 1801 et enseigne la pensée de Schelling. Avec ce dernier, il fonde le Journal critique de philosophie. L'arrivée de Napoléon à Iéna interrompt les activités universitaires ; Hegel part à Bamberg et devient le directeur d'un petit journal de cette ville. En 1808, il est recteur du lycée de Nuremberg ; En 1816, il accepte la chaire de l'université de Heidelberg. En 1818, il occupe la chaire de Fichte à Berlin et enseingne sa philosophie, la philosophie du droit, de l'histoire, de la religion, etc. En 1831, une épidémie de choléra décime l'Europe : Hegel meurt le 14 novembre.
La philosophie de Hegel est une philosophie de l'esprit absolu et de son déploiement dialectique qui constitue la réalité et son devenir. Cette dialectique a pu être considérée comme une théologie de l'histoire, mais elle a également donné lieu à de nombreuses interprétations contradictoires du fait de sa difficulté.
Cette philosophie est essentiellement déterminée par la notion de dialectique, qui est tout à la fois un concept, un principe d'intelligibilité, et, selon Hegel, le mouvement réel qui gouverne les choses du monde. La pensée hégélienne est donc la compréhension de l’histoire de ce qu'il appelle l'Idée, Idée qui, après s’être extérioriser dans la nature, revient en elle-même en niant cette altérité pour s'intérioriser, s'approfondir et se réaliser dans des formes culturelles (suivant une hiérarchie formelle d'un contenu identique : art, religion et philosophie). D’un point de vue très général, c’est donc une pensée qui veut concilier les opposés qui apparaissent, par la conciliation des philosophies de l'Etre et des philosophies du devenir. En effet, avec la dialectique, ces oppositions cessent d'être figées puisque le mouvement d'une chose est d'être posée, puis de passer dans son contraire, et ensuite de réconcilier ces deux états. Ainsi, l'être n'est-il pas le contraire du Néant ; l'être passe dans le néant, le néant dans l’être, et le devenir en est le résultat : « Le néant, en tant que ce néant immédiat, égal à soi-même, est de même, inversement, la même chose que l’être. La vérité de l’être, ainsi que du néant, est par suite l’unité des deux ; cette unité est le devenir. » (La Science de la logique)
Cette histoire trouve alors son sommet dans l'État, où l'Idée s’accomplit dans une organisation juridique capable de réaliser la liberté qui est son essence, i.e. ce qu'elle était déjà en germe. l'État est ainsi l'Idée qui se concrétise dans une société humaine, dans un peuple dont l'Idée est l'esprit, et qui est menée à son terme par le grand homme. Mais cet achèvement étant atteint, c’est la philosophie qui réalise pleinement la liberté : parvenu au savoir absolu, à la liberté du concept, la philosophie reprend en effet la totalité du savoir, i.e. l'ensemble des moments du processus, et se constitue par ce moyen comme science, comme savoir absolu de l'être.
On voit donc que, pour Hegel, l'histoire s’achève avec son époque : tout ce développement dialectique, réalisé dans l’Etat, dans l'art, la religion, la philosophie, dans l'ensemble des institutions humaines qui expriment le travail du concept, trouve sa vérité et son accomplissement à l’époque de Hegel et dans ses livres … Cette volonté de clôture de l'histoire a engendrer de violentes critiques (voir par exemple Nietzsche).
Etant donnée cette dialectique de la totalité, i.e. le fait que la philosophie comprend la totalité du réel, Hegel reprend en un système le savoir de son temps, système où tous les concepts sont liés dans un ensemble organique. L'œuvre capitale de Hegel est de ce point de vue l'Encyclopédie des sciences philosophiques, dont le plan est l'architecture du système de la philosophie. Il est composé de trois parties :
Hegel s'est fixé pour but d'élever la philosophie au rang de science. Cette scientificité de la philosophie passe par la synthèse spéculative des opposés, individu/société, homme/nature, etc. et a donc des conséquences politiques et religieuses : Hegel aspire en effet à un état de l'individu proche de celui du grec pour qui la religion imprégnait tous les domaines de l'action humaine ; le christianisme, au contraire, sépare l'homme et le divin.
La pensée de hegel est considérée comme le sommet de l'idéalisme allemand.
Sa pensée a fait l'objet de nombreux débats : Hegel était-il panthéiste (spinoziste) ?
Le hégélianisme s'est divisée en deux branches principales ; hégélianisme dit de droite (les "vieux hégéliens", certains historiens de la philosophie : Eduard Zeller, Kuno Fischer), et hégélianisme dit de gauche (les "jeunes hégéliens", David Strauss).
La dialectique n'est pas une méthode : cela découle logiquement de l'idée même de dialectique, qui est le développement de la réalité. En conséquence, on peut récuser l'idée qu'il y aurait une doctrine hégélienne, car il s'agit en fait de dégager ce qu'il y a d'intelligible dans la réalité, et non d'en produire une nouvelle interprétation.
La dialectique est l'histoire des contradictions de la pensée qu'elle surmonte en passant de l'affirmation à la négation et de cette négation à la négation de la négation. C'est le mot allemand aufheben qui désigne ce mouvement de suppression (négation) et de conservation de la chose supprimée (négation de la négation). Ce qui est supprimé est alors médié et constitue un moment déterminé intrégré au processus dialectique dans sa totalité. Cette conception de la contradiction ne nie pas le principe de contradiction, mais suppose qu'il existe toujours des relations entre les opposés : ce qui exclut doit aussi inclure en tant qu'opposé.
Or, la thèse fondamentale de Hegel est que cette dialectique n'est pas seulement constitutive du devenir de la pensée, mais aussi de la réalité ; être et pensée sont donc identiques. Tous se développe selon lui dans l'unité des contraires, et ce mouvement est la vie du tout. Toutes les réalités se développent donc par ce processus qui est un déploiement de l'esprit absolu dans la religion, dans l'art, la philosophie et l'histoire. Comprendre ce devenir, c'est le saisir conceptuellement de l'intérieur.
Mais cette compréhension de la réalité ne peut venir qu'une fois les oppositions synthétisées et résolues, et c'est pourquoi la philosophie est la compréhension de l'histoire passée : "la chouette de Minerve ne prend son envol qu'au crépuscule."
Voir article Phénoménologie de l'esprit, pour un exposé détaillé.
La phénoménologie est la « science de l'expérience de la conscience ». Elle introduit au système de la science (Hegel publie cette œuvre en 1807) et se présente comme la première partie de son système. Cette œuvre décrit l'évolution progressive et dialectique de la conscience (i.e. par le jeu des négations succesives, la conscience commençant par nier ce qui se manifeste immédiatement à elle), depuis la première opposition immédiate entre elle et l'objet, puis la conscience de soi, la raison, l'esprit, la religion, jusqu'au savoir absolu dans lequel « le concept correspond à l'objet et l'objet au concept ». Ce dernier savoir est selon Hegel savoir de l'être dans sa totalité, intériorisation de l'objet, ou identité de l'objet de la pensée et de l'activité de connaissance dont le résultat est l'objet lui-même.
Le droit, en tant qu'esprit objectif :
La philosophie de l'histoire de Hegel est préparée par l'ensemble du XVIIIème siècle :
Ainsi, selon Hegel, l'Idée se réalise dans l'histoire et la fin de cette dernière, son but, c'est Dieu, l'Idée ou l'Esprit absolu. Ainsi, « Le but de l'histoire universelle est que l'esprit parvienne au savoir de ce qui est véritablement, et fasse de ce savoir un objet, le réalise en un monde présent concrètement, s'exprime en tant qu'objectif. » Cette rationalité intégrale de l'histoire implique que son développement réalise plus complètement la morale et la liberté.
Quel est le sujet de cette histoire ? Ce ne sont pas les individus dans leur singularité, mais un peuple et son esprit (Volkgeist). Le grand homme est le conducteur de ce peuple qui aspire à la réalisation de son but. La marche de l'esprit du monde aboutit finalement à l'État, où se trouvent réunis mœurs, art, et droit. La fin de l'histoire, c'est donc l'Etat et la liberté qu'il réalise.
L'art exprime l'Idée sous une forme sensible, c'est l'absolu donné à l'intuition : le Beau est la manisfestation sensible de l'Idée, mais sans en être une forme achevée.
L'histoire de l'art se divise en trois, suivant la forme et le contenu de l'art :
La philosophie de Hegel est réputée difficile ; comme Schopenhauer a pu le faire remarquer avec son habituelle diplomatie ("Hegel met les mots, le lecteur doit trouver le sens"), le principal obstacle est le vocabulaire hégélien qui n'est pas toujours clairement défini pour un lecteur non-philosophe. Ce vocabulaire propose donc de clarifier le sens des mots, ce qui permettra une comprehension relativement plus facile de la pensée de Hegel.
Doctrine
Introduction
Puisque tous les aspects de la réalité sont selon Hegel l'expression d'un mouvement dialectique, on ne doit pas séparer les domaines d'études : l'ensemble des chapitres de cet article n’est pas un découpage qui appartient à la pensée de Hegel, mais une présentation succesive de quelques aspects que l'on doit comprendre ensemble : histoire, morale, droit, art, religion, philosophie.Ses objectifs
Contexte historique
Influence
Il se démarque de Kant dont il veut dépasser le formalisme, et, avec le concept de dialectique historique, a une influence décisive sur toute la philosophie occidentale, malgré les critiques virulentes de Schopenhauer et les attaques de Nietzsche, et en particulier sur Karl Marx, Søren Kierkegaard, et à travers lui Martin Heidegger et l'existentialisme.Les sources de sa pensée
La dialectique
La phénoménologie de l'esprit
Morale, droit,et Etat
La morale
Le droit
Philosophie de l'histoire
Ces thèses classiques sont reprises par Hegel, du point de vue de la dialectique et de l'Idée, le principe étant :
la raison gouverne le monde et se réalise dans l'histoire.La religion
L'esthéthique
L'art est une objectivation de la conscience par laquelle elle se manifeste à elle-même. Il constitue donc un moment important de son histoire. La réflexion sur l'art implique la fin de l'art, au sens où cette fin est un dépassement de l'élement sensible vers la pensée pure et libre. Ce dépassement doit se réaliser dans la religion et la philosophie.Le vocabulaire de Hegel
Critique de l'hégélianisme
Bibliographie
Etudes
Citations
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