Hara-Kiri (journal)
Le magazine Hara-Kiri fut créé à l'initiative de François Cavanna et du professeur Choron entre autres. Ce journal satirique de tendance cynique, parfois grivoise, bénéficia d'un soutien télévisé discret de la part du réalisateur Jean-Christophe Averty (dont l'émission Les raisins verts participait du même esprit) et connut un succès relativement important en France, à l'histoire riche en publicités radiophoniques provocantes ("Si vous ne pouvez pas l'acheter, volez-le") et entrecoupée de quelques interdictions.Une lettre irritée arrive un jour au courrier des lecteurs, qui dit en substance : "vous êtes bêtes. Et non seulement vous êtes bêtes, mais vous êtes méchants". Le sous-titre du magazine est immédiatement adopté : "Hara-Kiri, journal bête et méchant". Dans chaque numéro, le professeur Choron (le siège est au 4 rue Choron) proposera le jeu bête ét méchant du mois.
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Historique
Une semaine plus tard est lancé Charlie-Hebdo. Le prénom Charlie dans le titre serait une référence à Charles de Gaulle si l'on en croit ce qu'affirme (Georges Wolinski dans l'Écho des Savanes n° 239). En fait, les Editions du square éditaient alors un mensuel de bande dessinée nommé Charlie et dont le rédacteur en chef était Wolinski. Or on remarque que :
- Wolinski se retrouve rédacteur en chef de Charlie-Hebdo (Cavanna y a le titre d'"''Ange tutélaire'").
- Les premiers numéros de Charlie Hebdo contiennent justement des bandes dessinées (et justement les Peanuts) sur une page à fond de couleur, comme pour signaler en somme qu'elles sont surajoutées au journal.
- "Comme l'avait signalé notre malheureux confrère L'hebdo Hara-Kiri, dont nous déplorons la disparition"
- "L'Hebdo Hara-Kiri est mort. Lisez Charlie-Hebdo, le journal qui profite du malheur des autres"
L'humour de Charlie-Hebdo ne sera pas du goût de tout le monde, surtout des esprits fonctionnant au premier degré. Lors de la visite surprise du président égyptien Anouar es Sadate à Tel-Aviv, sa couverture mentionne la rencontre en termes argotiques qui lui vaudront un procès intenté par une organisation antiraciste. Les positions antiracistes bien connues et largement affichées de Charlie-Hebdo, ainsi que quelques témoignages prestigieux, feront débouter la demande. Les couverture de Charlie-Hebdo sont alors si grinçantes que le journal publie en prime toutes celles qui ont été envisagées, toujours irrévérencieuses, souvent très drôles, dans le journal, en petit format.
L'arrivée au pouvoir de la gauche en 1981, conjointe à peu de chose près à celle de Siné dans le journal, semble avoir été fatale à Charlie-Hebdo première manière, qui disparaît en 1982 pour cause d'irrégularité des ventes. Ironie du sort : les premiers numéros du journal disaient : "Vous pouvez vous abonner, mais on aimerait mieux pas parce que ça nous oblige à vous l'envoyer".
Un baroud d'honneur aura pourtant été réalisé au préalable : "Charlie matin", quotidien qui dès le départ avait été conçu pour ne durer que trois numéros... et provoquer un battage médiatique à sa création comme à son arrêt de parution.
Note : ce choix de titre faisait référence à un fait divers du 13 Octobre de la même année : l'incendie d'un dancing, le "Cinq-Sept", à Saint-Laurent-du-Pont (Isère) où 146 personnes moururent. Ce fait divers avait été la semaine précédente rebattu par une presse plus préoccupée de spectacle que d'information. Elle employait unanimement le terme de "bal tragique" repris de façon parodique par Hara-Kiri.
Harakiri est le nom populaire de la cérémonie de suicide au Japon seppuku.
Voir aussi: mai 1968 - Les Shadoks - Coluche - anarchisteParticipants
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