Histoire de la Suisse
Nous n'avons pas de traces écrites de lhistoire de la Suisse avant l'arrivée de Jules César et de ses commentaires sur la Guerre des Gaules.
Sous Auguste, la colonie Augusta Raurica, près de Bâle, est fondée. Auguste intègre toute la région alpine dans l'Empire. Le territoire helvète appartient dès lors à la Provincia Belgica. Les tribus valaisannes et les Rhètes restent par contre indépendantes jusqu'à leur conquête par Tibère et Drusus vers -7. Ils sont alors réunies pour un temps dans la province de Rhétie dont la capitale fut Augsbourg.
La Suisse, bordée au nord par le Rhin, est une zone frontière stratégiquement importante de l'Empire, Elle est occupée militairement et des camps militaires permanents, tels Augusta Raurica sont installés au nord de la Suisse. Le réseau routier est consolidé, des villes nouvelles, comme le Forum Claudii Vallensium sont créées. Les anciennes élites celtes se romanisent. L'ancien oppidum principal des Helvètes, Aventicum (Avenches), devient une véritable cité romaine et la principale ville de la région.
Vers 47, le Valais est transformé en une province autonome, le Vallis poenina et en 89 le territoire des Helvètes est rattaché à la province de Germanie supérieure, dont la capitale est l'actuelle Mayence.
La Pax Romana règne sur l'Empire romain, les frontières ont reculé vers le nord et la Suisse n'est plus une zone frontière. Le latin est parlé en Suisse, c'est une période de prospérité économique.
Cependant vers la fin du IIIe siècle, des incursion barbares en Germanie, ramènent la frontière sur le Rhin, les Alamans font des raids en territoire suisse, notament en 260 où de nombreuses villes sont pillées. Ils ne s'y installent cependant pas encore.
Le Rhin est de nouveau une frontière de l'Empire romain. La situation est devenue inquiétante en particulier au IVe siècle, les empereurs romains font construire des lignes défensives tout le long du Rhin (forteresses et tours de guêt).
Vers la fin du VIe siècle seulement, les Alamans à la recherche de terres cultivables s'établissent progressivement en Suisse, dans le centre et l'est du pays. Les Alamans deviennent majoritaires et imposent leurs dialectes alémaniques.
Les Alpes orientales ont peu été touchées, on y parle encore aujourd'hui un dialecte latin, le Romanche parfois appelé rhéto-romanche.
Le Tessin, partie sud de la Suisse, faisant partie de la Gaule cisalpine est restée dans le giron italien.
Les Francs appliquaient le droit germanique de l'héritage (division entre les héritiers mâles) à leurs royaumes. La Suisse n'y échappa et fut ballotée pendant 300 ans au gré des aléas familiaux de la noblesse franque. Par ailleurs, elle n'existait pas en tant qu'entité: les différentes régions connurent des destins différents.
Afin de consolider leur domination, les Francs créèrent ou consolidèrent de nombreux couvents et abbaye: Saint-Gall, Reichenau (724), Pfäffers (731) ou encore le couvent de Disentis.
En 746, les principaux dirigeants de l'Alémanie furent massacrés par maires du palais, les futurs carolingiens, lors de l'Audience de Cannstatt.
Différentes grandes familles essayèrent d'assoir leur autorité sur différentes parties du territoire suisse: les comtes de Savoie sur Vaud, Genève (dont ils évincent les comtes de Genève) et le Valais; les comtes de Gruyères sur l'arrière pays fribourgeois; les Zähringen fondant de nombreuses villes dont Fribourg et Berne; les Kybourg sur le plateau; les Hohenstaufen et les Habsboug sur la région zurichoise et le col du Gotthard.
L'aménagement du col du Gotthard, à l'aide des Walsers récemment immigrés et experts en constructions de bisses, au début du XIIIe siècle a des conséquences importantes: le col du Grand-Saint-Bernard en Valais perd de son importance dans le trafic international, entraînant une crise économique de deux siècles dans la vallée du Haut-Rhône. Le Gotthard enrichit les habitants d'Uri qui perçoivent des péages et vendent leurs services (guides, auberges, ...) attisant ainsi les convoitises des Habsbourg.
Les Habsbourg désiraient contrôler le passage du Gotthard : en avril 1291, Rodolphe de Habsbourg racheta les droits sur Lucerne, à l'extrémité du lac des Quatre-Cantons.
Ainsi, à la mort de Rodolphe de Habsbourg, en prévision d'éventuels troubles de succession, les vallées d'Uri, de Schwytz et d'Unterwald se lient en 1291 par un pacte défensif sur la prairie du Grutli (en allemand Rütli). Cet acte, aujourd'hui perçu comme fondateur, est commémoré par la fête nationale suisse, le 1er août.
De tels pactes défensifs n'étaient pas rares à cette époque. Sur le territoire suisse actuel, le plus ancien cas de populations s'alliant contre leur prince date de 1182 où, lors du Patto di Torre, les communautés du Val Blenio et de la Léventine, dans le Tessin actuel, se sont aliées pour lutter contre les seigneurs di Torre.
C'est à cette époque que se situe la légende de Guillaume Tell.
Néanmoins les Habsbourg ne restent pas sans réagir, le duc Léopold lance une double attaque en 1315. La première colonne se heurtent aux confédérés à la bataille de Morgarten, le 15 novembre. Les Autrichiens subissent une véritable déroute face à une armée de paysans. La deuxième colonne, qui se dirigeait vers Unterwald, se retira alors sans combattre.
Suite à cette victoire, les confédérés renouvellent leur alliance, lors du pacte de Brunnen, le 9 décembre 1315. Rédigé en allemand, c'est dans ce texte qu'apparaît pour la première fois le terme de confédérés; ce texte également interdit aux signataires de se lier avec des puissances étrangères. Il ne fut abrogé qu'à la fondation de la République Helvétique en 1798.
La Suisse celtique
Migrations
À la suite de diverses migrations et sous la poussée des Cimbres et des Teutons, peuplades germaniques, les Helvètes, l'un des nombreux peuples celtes, se sont établis progressivement sur le plateau suisse (vers 120-100 av. J.-C.). Au moins une tribu helvète, les Tigures de Divico, a participé, entre -107 et -101 aux invasions cimbres et teutones de la Gaule narbonnaise avant de se replier sur le plateau suisse.À la veille de la Guerre des Gaules
À la veille de la Guerre des Gaules, différentes populations celtiques habitent le territoire de la Suisse actuelle: le Plateau suisse est occupé par les Helvètes, une partie du Jura et la région de Bâle est aux mains des Rauraques, le Tessin est peuplés de Lépontiens, le Valais est partagé entre les Nantuates, les Véragres, les Sédunes et les Ubères. Genève semble être un oppidum des Allobroges et, finalement, les Rhètes occupent une partie de la Suisse orientale et des Grisons.La Suisse gallo-romaine
L'intervention de Jules César (58-44 av. J.-C.) et l'intégration au jeune empire
Craignant d'être isolés des autres Celtes à cause de l'avancement de peuplades germaniques, les Helvètes décident d'émigrer vers l'ouest de la France, le pays des Saintonges, une tribu gauloise alliée. Ils brûlent leurs villages et prennent la route, plus de cent mille Helvètes se retrouvent ainsi sur la route. Jules César, alors proconsul de la Gaule narbonnaise, les repousse lors de la bataille de Bibracte (58 av. J.-C.) et les contraint à retourner chez eux.
La colonie de vétérans de Nyon est fondée.Première occupation militaire (Ier siècle)
Période sans occupation militaire (IIe et IIIe siècles)
Deuxième occupation militaire (fin IIIe et IVe siècles)
Fin de la domination romaine
En 401, les troupes romaines quittent le Rhin pour gagner le sud des Alpes ; de ce fait, les Romains abandonnent définitivement le territoire de la Suisse.
La population inquiète migre vers le sud, de nombreuses villae sont abandonnées. Le centre et l'est du pays sont très fortement dépeuplés.Invasions
Vers 443, les Burgondes s'établissent dans l'ouest du pays. Ceux-ci s'assimilent à la population gallo-romaine et la langue latine est préservée, raison pour laquelle le français est parlé en Suisse romande.La Suisse sous la domination des Germains
La Sapaudia
Lorsque l'Empire romain s'affaiblit, il autorisa des peuples germaniques, dit fédérés, à s'installer sur son territoire. Ces peuples recevaient du terrain et une partie des revenus, en échange ils devaient assurer la sécurité du territoire. Les Burgondes, peuple de confession arienne, reçurent en 443 une région appelée Sapaudia, le pays des sapins, qui correspondait à la Savoie actuelle et une grande partie du Plateau suisse. Les territoires contrôlant les cols alpins, comme le Valais qui connu alors l'immigration d'une partie de l'élite romaine de la Sapaudia, restèrent sous la coupe des Romains.Le royaume burgonde
Mais la puissance romaine s'effondrant, les Burgondes transformèrent bientôt la Sapaudia en un véritable royaume (en 476, peu après que Odoacre ait déposé le dernier empereur Romulus Augustule, et l'agrandirent considérablement dans la vallée du Rhône (Lyon) et controlèrent le Valais et les cols alpins (en 515, Sigismond, fils du roi Gondebaud fonda l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, fortifiant ainsi sa conversion, et celle de son peuple, au catholicisme).Les Francs et les mérovingiens
La domination burgonde fut brêve: Sigismond fut vaincu par les Francs en 534 et son royaume fut annexé par ceux-ci. Les Francs favorisèrent l'installation des Alamans qu'ils avaient vaincu sur le Plateau suisse. Le duché d'Alémanie avait alors son centre de gravité dans la région de Zurich et d'Oberwinterthour.Les Carolingiens
La Suisse fit partie de l'empire de Charlemagne.La Suisse féodale
Durant les royaumes germaniques, les duchés et les comtés n'étaient pas héréditaires. Ce n'est qu'à la fin du IXe siècle que la féodalité se forma peu à peu. À cette époque la Suisse étaient divisée par deux puissantes régions d'influence: le duché de Souabe, ou d'Alémanie, à l'est, la Bourgogne transjurane à l'ouest.1291 - Le Serment du Grutli
La confédération des VIII cantons
La confédération des XIII cantons
Articles connexes