The Histoire du Cameroun reference article from the French Wikipedia on 27-Jul-2004
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Histoire du Cameroun

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Table of contents
1 La découverte du Cameroun
2 La période coloniale
3 L'indépendance
4 La période post-coloniale
5 Les dates clés
6 Voir aussi
7 Articles connexes

La découverte du Cameroun

L'histoire de ce pays remonte à plusieurs années avant notre ère. Bien avant que la région du nord ne passe sous le contrôle de l'empire du Kanem-Bornou, le Sud-Ouest aurait été le berceau de la civilisation bantoue. Les Tikar, les Bamoun et les Bamileke s'installèrent ensuite sur les hauts plateaux camerounais. Au Nord, la civilisation des Sao, mal connue, s'était développée dans le bassin du lac Tchad. Cette région passa au XVIe siècle sous le contrôle de l'empire de Kanem-Bornou.

Vers le VIe siècle, le chef carthaginois Hannon arrive au large des côtes camerounaises, et découvre le Mont-Cameroun.

Le nom Cameroun vient de l'expression « Rio dos Camaroes », qui veut dire « rivière des crevettes » en portugais. En 1472, c'est le navigateur portugais Fernando Póo qui remontait l'estuaire du Wouri qui, après avoir été impressionné par d'énormes quantités de crevettes baptisa le fleuve de ce nom. La région toute entière s'appela alors ainsi. De fil en aiguille, c'est le pays dans son ensemble qui adopta ce nom.

Les Européens attendirent cependant le XVIIe siècle pour créer sur la côte camerounaise des comptoirs commerciaux, d'où étaient exportés, vers l'Europe et le Nouveau Monde, ivoire, bois précieux et esclaves.

Les Doualas étaient alors bien établis sur le littoral. Au nord, les pasteurs peuhls constituèrent à cette époque des chefferies indépendantes, après avoir refoulé les Kirdi et les Massa de la plaine du Diamaré, entre le Logone et la Bénoué. Lorsque Ousman dan Fodio, réformateur musulman et fondateur de l'empire de Sokoto, conquit le nord de l'actuel Nigeria, il envoya Adama, l'un de ses guerriers, islamiser les plateaux du Sud qui prirent le nom d'Adamaoua. Quand le lamido Adama mourut en 1847, leur capitale était Yola, sur la Bénoué.

ManuscritEnlarge

Manuscrit

royaume Bamoun, dont la capitale se situait à Foumban, dut lutter contre l'expansion peuhle. Le seizième roi, Njoya, intronisé en 1895, est resté célèbre pour l'alphabet composé d'idéogrammes qu'il créa et pour la carte du pays qu'il avait fait établir.

Au musée de l'Homme de Paris se trouve un manuscrit de 600 pages, écrit par le roi des Foumban, Njoya, datant de 1903. Selon la légende entourant ce manuscrit, le roi Njoya eut une rêve qui le poussa à concevoir un alphabet de 80 caractères que lui seul comprenait.

Converti à l'islam, le sultan Njoya fut détrôné en 1923, à l'époque coloniale.

 Le Sultan njoyaEnlarge

Le Sultan njoya

La période coloniale

La colonisation allemande

En 1884, les rois Akwa et Bell signent avec la Maison Woermann le traité Germano-Douala. Le
14 juillet 1884, l'ancien explorateur Gustav Nachtigal, représentant de la partie allemande, hissait le drapeau allemand à Douala et dès ce jour le territoire devint une colonie allemande sous le nom de Kamerun.

Le Kamerun Schutzgebiet fut placé sous l'autorité d'un gouverneur représentant le Chancelier du Reich et divisé en unités administratives dénommées postes et stations pour les plus petites, Bezirk (au sud) et Residentur (au nord) pour les grandes. Douala fut d'abord choisie pour abriter la résidence des gouverneurs et le siège du gouvernorat (1885-1901), puis ce fut le tour de Buéa (1901-1909). L'éruption du Mont Cameroun qui eut lieu en 1908 mit prématurément fin au règne de Buéa. Ce fut de nouveau le retour à Douala où les Allemands se heurtèrent cette fois-ci à la révolte des Douala qui refusaient de se laisser expulser de leurs terres. Considéré comme une zone d'exploitation, le protectorat du Cameroun fut mis en valeur par ses nouveaux maîtres sur les plans agricole et infrastructurel. En ce qui concerne l'agriculture, les Allemands créèrent des grandes plantations de produits d'exportation, cacao, café, banane, caoutchouc, huile de palme, dont la plupart se trouvaient sur les flancs du Mont Cameroun. Pour l'évacuation des produits cultivés, les Allemands ouvrirent de nombreuses routes, construisirent des ports et surtout des chemins de fer. On leur doit également les premières infrastructures télégraphiques, téléphoniques et radiotélégraphiques.

Pour réaliser leur programme économique, les Allemands utilisèrent une main-d'œuvre trouvée sur place ou une autre prise ailleurs au Cameroun et transplantée dans les zones d'exploitation. Les modes de recrutement adoptés n'étaient pas toujours orthodoxes et c'est sans hésitation que les Allemands recouraient au recrutement forcé, utilisant la bastonnade comme mode de réprimande pour les récalcitrants. Dans l'ensemble, il est autorisé de dire que les relations sociales entre Allemands et indigènes du Cameroun étaient empreintes de brutalité. Pourtant on constate paradoxalement chez la plupart de ceux qui témoignent aujourd'hui de leur vécu quotidien sous les Allemands, une certaine nostalgie admirative.

En dehors de la période de la signature du traité germano-douala, les Allemands ne rencontrèrent que résistances et révoltes dans leur tentative de conquête de l'arrière-pays du Cameroun: Ils atteignirent l'Adamaoua en 1899 et le Lac Tchad en 1902, après des guerres meurtrières qui laminèrent les États Foulbés et le royaume du Mandara. Seul le royaume Bamoum, dont le souverain Njoya (1875-1933) avait le génie de la négociation, demeurait invaincu : flattant les Allemands, Njoya ouvrit son pays aux innovations politiques et économiques qu'ils proposaient sans se démettre de son pouvoir. En 1911, le territoire du Kamerun s'élargit d'une partie du Congo cédée par la France.

Les frontières du Cameroun en 1911Enlarge

Les frontières du Cameroun en 1911

Parmi les résistances les plus connues aujourd'hui, on peut citer les peuples Bakwéri, Bané, Banen, Bangwa, Bulu, Douala, Ewondo, Mamfé, Nso, Vouté, Yezoum et bien d'autres, notamment celles de ces populations montagnardes du Nord Cameroun communément appelées Kirdi. Il faut toutefois dire que dans leur entreprise de conquête du Cameroun, les Allemands se firent aider par certains autochtones dont les plus célèbres furent Fon Galega Ier de Bali, Ibrahim Njoya, sultan des Bamoun, Martin Paul Samba, soldat de l'armée allemande et Charles Atangana qui fut plus tard nommé Oberhaüpling (chef supérieur) des Yaoundé et Bané.

La résistance Douala
Considérant en effet qu'ils devaient vivre à Douala dans un environnement expurgé de leurs voisins indigènes, les Allemands entreprirent un programme d'expropriation des Douala de leurs terres du plateau Joss. De plus, les chefs Douala ne tenaient pas à ce que les Allemands étendent leur contrôle direct à l'intérieur du pays car leur position privilégiée d'intermédiaires dans les transactions commerciales aurait été menacée. Mais ceux-ci élaborèrent des plans pour explorer l'intérieur du pays et exercer ainsi un meilleur contrôle. Des révoltes éclatèrent. Les Allemands eurent à mener une longue lutte non seulement contre les Douala mais aussi contre les Bakweri et les Bassa. Les rois Lock Priso de Bonaberi, Elame de Joss et Douala Manga Bell furent parmi ceux qui dirigèrent la résistance.

Les Allemands réussirent à s'emparer du commerce mais les Douala refusèrent de payer les impôts et de travailler dans les nouvelles plantations. Malgré l'opposition violente dirigée par Manga Bell et soutenu par certains Européens, les Allemands ne renoncèrent pas. La révolte des Douala, qui prit plusieurs formes, se termina par la pendaison par les Allemands de son principal meneur, Rudolf Douala Menga Bell et de son secrétaire Ngoso Din.

Une bonne partie des révoltes contre les Allemands avait pour cause la façon cruelle dont certains travailleurs étaient traités dans les plantations. Les Allemands firent également plusieurs tentatives d'exploration en direction du plateau occidental. C'est ainsi qu'ils profitèrent de la guerre entre les Bamoun et les Foulbe pour établir leur domination. Dans le sud forestier, l'armée allemande s'approcha de Kribi et de Grand Batanga dont elle s'empara le 15 octobre 1887.

En 1894, le Major Hans Dominik établit son poste militaire à Yaoundé puis des relations amicales furent créées avec plusieurs chefs comme Charles Atangana, Nanga Eboko. À l'Est ce furent les peuples Baya, les Maka, les Njem, les Kaka qui se battirent jusqu'en 1907, date à laquelle Dominik vint à bout de leur résistance.

La résistance Bakweri
Le Schloss, résidence officielle des gouverneurs allemandsEnlarge

Le Schloss, résidence officielle des gouverneurs allemands

Contrairement aux croyances répandues comme quoi les Bakweri n'auraient opposé aucune résistance à l'occupation allemande de leurs terres, ceux-ci ont en réalité montré une féroce campagne anti-allemande, particulièrement autour du Mount Fako, et réussirent à leur infliger une humiliante défaite à Buea en 1891. Celle-ci est connue comme « la première défaite allemande en territoire africain », qui a conduit à de grandes représailles de la politique coloniale sur le continent et, malheureusement, a également posé les bases d'une brutale campagne avec pour but l'annihilation des Bakweri. Les Bakweri étaient une des rares tribus dans toute l'Afrique allemande qui fut complètement et systématiquement supprimée par les Allemands. Le fait que certains aient survécu afin de pouvoir en témoigner est une preuve de leur résilience et de leur ténacite face à l'adversité.

L'histoire de la résistance militaire des Bakweri contre les Allemands est également celle de leur chef Chief Kuva Likenye de Buea, dont la defaite affligée aux forces allemandes en 1891 restera l'un des plus glorieux (mais largement inconnu) chapitres de l'histoire camerounaise.

1894 : La revanche de la machine de guerre allemande

N'ayant jamais oublié leur défaite de 1891, les Allemands adopteront une politique visant à isoler Kuva Likenye, tout en coupant ses sources d'armes. En 1894, cette politique d'attrition avait déjà porté ses fruits.

Les Enlarge

Les "Askaris

21 décembre 1894, une nouvelle armée, mieux constituée, mieux préparée et lourdement équipée, l'impériale Schutztrupe, dirigée par Rittmeister Von Stetten lance une attaque sur Buea. En dépit d'une résistance héroïque, les Bakweri n'avaient rien à opposer à cette armée allemande nettement supérieure. « Le Pygmée allemand devint ainsi un géant. » Sous la supérorité autant en hommes qu'en armes, Chief Kuva se retrancha au village Ewonda, d'où il envoya des agents à Momongo afin d'acheter de nouvelles armes. Celles-ci n'arriveront jamais.

En 1895, les Allemands et les Bakweri signent un traite de paix.

La colonisation française et britannique

Attaqués en effet par une coalition franco-anglaise, les Allemands furent boutés hors de ce territoire malgré une farouche résistance qu'ils opposèrent d'août 1914 à février 1916. La fin de la première guerre mondiale et le Traité de Versailles (1919), qui fixait les conditions de la paix, entérinèrent le partage franco-britannique du Cameroun mettant ainsi fin au protectorat allemand sur le Cameroun. Le Cameroun français cessa en 1922 d'être une colonie française pour devenir un territoire sous mandat de la Société des Nations confié à la France. Dans les faits, le Cameroun français (les quatre cinquièmes du territoire) fut administré comme une colonie française ordinaire et le Cameroun britannique (le cinquième du territoire) fut intégré au Nigeria en tant que colonie anglaise.

La colonisation française
L'histoire du Cameroun français se subdivise en deux périodes bien tranchées : la période du mandat, que l'on peut aussi appeler la période coloniale (1916-1945) et la période de tutelle encore appelée période de décolonisation (1945-1960).

Le caractère particulier du Cameroun s'imposa à la France qui en fit un commissariat de la République autonome, c'est-à-dire un territoire non intégré à l'AEF (Afrique équatoriale française). Les Français se donnèrent alors pour principale mission de faire oublier aux populations du Cameroun qu'elles avaient jadis été sous protectorat allemand et de leur apprendre à aimer la France et à devenir Français. Pour atteindre ce double objectif, les français adoptèrent une attitude à la fois offensive et défensive.

Sur le plan offensif, ils mirent sur pied un programme intensif de l'enseignement du français sur l'ensemble du territoire camerounais, imposèrent la législation française et entreprirent un programme de mise en valeur des ressources économiques du Cameroun. Afin d'amener les populations du Cameroun à se soumettre à leur autorité, ils utilisèrent à la fois le bâton et la carotte. Le bâton, c'était l'indigénat, les questrations, les opérations de police, etc. La carotte c'était la prise en charge des populations lors des grandes épidémies (le cas du docteur Eugène Jamot dans la lutte contre la maladie du sommeil en est un bon exemple) ou alors la promotion des francophiles : Charles Atangana ainsi que d'autres chefs indigènes furent invités à aller en France et Paul Soppo Priso fut promu président de la JEUCAFRA (Jeunesse française Camerounaise)

Sur le plan défensif, les Français s'employèrent à détruire tous les vestiges allemands et à marquer leur hostilité à l'endroit de toutes les populations germanophiles. Cette double attitude française suscita aussi de la part des populations du Cameroun deux attitudes contradictoires. La France mena pendant cette période une politique d'assimilation, imposant un mode de pensée, un comportement français et l'oubli de la culture traditionnelle. Là où cette politique échoua, on essaya la politique d'association. Celle-ci visait à se servir d'une partie de la culture, des lois et des coutumes camerounaises pour gouverner le pays. Une autre politique fut également mise en œuvre : le paternalisme qui consistait en l'exercice direct du pouvoir par la France. Les officiers coloniaux français dirigeaient le peuple avec une poigne de fer. Ils imposaient aux gens toutes sortes de lois et ceux qui y contrevenait étaient arrêtés, battus et gardés en prison sans jugement. Les Camerounais n'avaient pas le droit de s'organiser en syndicats sans l'autorisation du haut commissaire français. On appelait « indigénat » cette législation sévère que les gens abhorraient.

Il y eut des francophiles qui soutinrent la présence française par toutes sortes d'artifices et il y eut des francophobes qui saisirent par de nombreuses pétitions la SDN pour stigmatiser la gestion française au Cameroun. Au moment où commence la deuxième guerre mondiale qui allait mettre fin à la période coloniale, les Français étaient à la fois honnis et admirés au Cameroun. Pour eux cependant, le Cameroun était un territoire si colonisable qu'ils ne songèrent pas un seul moment à le quitter.

La colonisation britannique
Le territoire dévolu aux Anglais par le partage de 1916 est devenu le Cameroun britannique. Pour son administration cependant, les Anglais n'adoptèrent pas une politique uniforme. Ils divisèrent ce territoire en deux parties avec deux administrations différentes : La partie Nord de ce territoire, le Northern Cameroons, fut rattaché au Nigeria septentrional tandis que la partie Sud, le Southern Cameroons était intégré au Nigeria oriental. Ainsi le territoire monolithique obtenu par les Anglais était non seulement divisé en deux, mais en plus séparé avec des destins différents. Le Northern Cameroons ne cessa plus jamais d'être nigériane car lors du plébiscite du 11 février 1961, cette partie du territoire opta pour le rattachement à la fédération nigériane. Le Southern Cameroons se prononça quant à lui pour le rattachement au Cameroun français et c'est lui qui fait aujourd'hui partie du Cameroun. L'histoire que nous relatons ici est par conséquent celle des deux Cameroun britanniques, mais avec un accent plus accentué sur le Southern Cameroons.

Au cours de la première période, les autorités anglaises des provinces orientales du Nigeria divisèrent le Southern Cameroons en quatre unités administratives ayant chacune à leur tête un district officer. Ce furent Victoria, Kumba, Mamfé et Bamenda. Les districts officers étaient assistés dans les unités administratives plus petites par des assistants district officers.

Le système d'administration pratiqué dans ce territoire fut celui formalisé par Lord Lugard dans son ouvrage resté célèbre, The Dual Mandate in British Tropical Africa. Il s'agit de l'administration indirecte encore appelée indirect rule. Elle consistait à laisser aux autorités indigènes (native-authorities) le soin d'administrer leurs populations selon leurs traditions à condition que celles-ci ne heurtent pas les principes de la civilisation britannique. À l'endroit de ces native-authorities, les autorités britanniques jouaient plutôt le rôle de guide, consacrant l'essentiel de leurs efforts au commerce, à l'exploitation des ressources économiques et minières du territoire et à la soumission des populations à la législation britannique.

Dans la Southern Cameroons, il y avait des paramount chiefs à Buéa et Victoria tandis qu'on parlait de fons à Bali, Bafut, Kom, Bum, Nso et Bangwa. Ces chefs et Fons reçurent des autorités britanniques les moyens d'exercer leur commandement. Ils disposaient ainsi d'un tribunal et d'une trésorerie traditionnels, assumant à la fois des fonctions administratives et fiscales. Il leur était demandé de s'occuper de la santé et de l'éducation de leurs populations, de la répression, de la criminalité, et en général, de promouvoir le développement de leur localité.

C'est parce que les Anglais abandonnèrent les populations du Southern Cameroons aux seuls soins des autorités indigènes, alors qu'ils exploitaient les ressources agricoles, minières et commerciales de ce territoire, qu'ils furent accusés de négliger leur colonie. En effet au cours de la première période, les Anglais ne dotèrent le Southern Cameroons d'aucune infrastructure de communication viable. Au niveau de l'enseignement, tous les Camerounais méridionaux étaient obligés d'aller poursuivre leurs études secondaires au Nigeria, soit au Government College Umuahia à l'Est du Nigeria, soit au King's college ou au Queen's college de Lagos. Il n'y avait même pas suffisamment d'écoles primaires dans le Southern Cameroons. Il faudra attendre 1939 pour voir la mission catholique ouvrir une école secondaire à Sassé dans la préfecture de Victoria. Pourtant, les Anglais percevaient des impôts auprès des indigènes du Southern Cameroons et en 1939 ceux-ci rapportèrent $ 3600.

C'est certainement cette attitude des Anglais qui poussa les Camerounais méridionaux à créer leur tout premier mouvement de pression, la Cameroons Youth League, CYL, le 27 mars 1940. La CYL était essentiellement composé des élèves du Southern Cameroons qui étudiaient dans les différentes institutions du Nigeria. Son objectif était d'amener les autorités anglaises à réparer le tort causé aux Camerounais méridionaux sur les plans économique, éducatif, politique et social.

La création de la CYL fait une très bonne transition entre la première et la deuxième période de l'Histoire du Southern Cameroons.

La décolonisation

La décolonisation française
La période de tutelle marqua aussi le Cameroun au point de vue politique. C'est ainsi que furent élus comme députés au parlement français Paul Ajoulat et Alexandre Douala Manga Bell tandis que Soppo Priso devenait membre de l'union française. En 1946, fut mis en place la première Assemblée Représentative du Cameroun (ARCAM) et en 1952 elle changea de nom soit (ATCAM) Assemblée Territoriale du Cameroun. En 1956, la France accorda l'autonomie interne et l'assemblée devint Assemblée Législative du Cameroun (ALCM).

Le mouvement nationaliste se développa à partir de 1945. Il s'appuyait sur une élite formée dans les écoles supérieures de Dakar, sur une bourgeoisie terrienne et sur un prolétariat urbain qui avait déjà prouvé sa mobilisation. En 1945, les États généraux de la colonisation, à Douala, confirmèrent l'attachement des colons français au système colonial traditionnel. En réponse, les populations déclenchèrent une vaste grève et des émeutes. Plus de cent syndicats ou partis politiques donnèrent corps à la lutte anticoloniale. En 1948, Ruben Um Nyobe fonda l'Union des populations du Cameroun (UPC), d'abord affiliée au Rassemblement Démocratique Africain. Ce parti à idéologie nationaliste révolutionnaire refusa tout compromis avec l'administration coloniale et tenta, en 1955, de prendre le pouvoir en fomentant une insurrection à Douala. Interdit par l'administration, il entra alors dans la clandestinité et mena une guérilla tenace, durement réprimée par la France. Ruben Um Nyobe fut tué en 1958. Les nationalistes camerounais revendiquaient l'indépendance mais aussi la réunification du Cameroun. Ils rencontraient en cela le KNDP (Kamerun National Democratic Party) créé par John Ngu Foncha du côté britannique.

La décolonisation britannique
La deuxième période, qui commence au lendemain de la deuxième guerre mondiale, est caractérisée, à travers l'émergence des partis politiques, par la revendication de l'indépendance du Cameroun britannique et de sa réunification avec le Cameroun français.

Emmanuel EndeleyEnlarge

Emmanuel Endeley

premier parti politique fut crée en mai 1949 par le Dr Emmanuel Endeley. C'est le Cameroons National Federation, CNF. Il revendiquait l'érection du Southern Cameroons en région autonome distincte de la fédération nigériane et la réunification des deux Cameroun. Très tôt cependant, des divergences apparurent entre les leaders de ce parti sur la question de la réunification. Certains de ses leaders, notamment N. N. Mbile et R. K. Dibongué, estimaient que la démarche du parti dans la revendication de la réunification n'était pas assez vigoureuse. Ils voulaient aller plus vite. Ils préférèrent quitter le CNF pour créer leur propre parti qu'ils désignèrent Kamerun United National Congress, KUNC. Le nouveau parti ainsi crée avait un programme fort clair : Nous voulons que le Cameroun britannique et le Cameroun français se réunissent comme sous le règne de l'Allemagne. D'où l'adoption de l'orthographe allemande Kamerun, lit-on dans leur manifeste. L'UPC, Union des Populations du Cameroun, vint renforcer le poids de cette revendication en s'implantant, elle aussi, dans le Southern Cameroons. En 1953, du fait de la réconciliation entre Endeley et les anciens membres du CNF, un nouveau parti vit le jour, le Kamerun National Congrès, KNC, qui était la résultante de la fusion entre le CNF et le KUNC. Ce parti gagna les élections de 1953 faisant de Endeley le leader du Government Business. C'était cependant un parti dans lequel se manifestaient quatre tendances différentes:

Malgré ces divergences entre les leaders politiques du Cameroun méridional, leurs revendications furent prises très au sérieux par les autorités anglaises. Elles y apportèrent des solutions de manière graduelle, soit à travers des modifications constitutionnelles, soit à travers des conférences réunissant les principaux protagonistes à savoir les Anglais, les Camerounais méridionaux et les représentants de l'ONU. Il y eut ainsi les conférences de Mamfé (1950), la conférence de Lancaster House (1959).

L'indépendance

S.E. Ahmadou AhidjoEnlarge

S.E. Ahmadou Ahidjo

Drapeau du Cameroun dès son accession à l'independanceEnlarge

Drapeau du Cameroun dès son accession à l'independance

'évolution se précipita. En 1956, la France met en vigueur une loi-cadre. En 1957, le Cameroun français devint partiellement autonome, avec André-Marie Mbida, président des Démocrates camerounais, puis Ahmadou Ahidjo, président de l'Union camerounaise, comme premiers ministres. En 1959, le Cameroun français acquit son autonomie totale. Le 1er janvier 1960, il accéda à l'indépendance et le 5 mai 1960, S. E. Ahmadou Ahidjo fut élu président de la République.

De l'autre côté, dans le Cameroun anglophone, en vue de résoudre définitivement ces revendications indépendantiste et réunificationniste, les autorités anglaises et onusiennes décidèrent de consulter les Camerounais par voie référendaire. La question posée était de savoir si oui ou non ces populations voulaient devenir nigérianes ou demeurer camerounaises après l'indépendance de leur pays. La consultation eut lieu le 11 février 1961 et l'option pour l'indépendance avec réunification des deux Cameroun l'emporta dans

John Ngu FonchaEnlarge

John Ngu Foncha

Southern Cameroons tandis que le Northern Cameroons se prononçait pour son intégration à la fédération nigériane. Le Cameroun français cria à la fraude et demanda en vain que justice lui soit rendue et que le Northern Cameroons fut lui aussi rattaché au Cameroun. Les résultats de ce plébiscite donnèrent au processus de l'indépendance du Cameroun britannique et de la réunification des deux Cameroun son élan définitif.
Drapeau du Cameroun du 1 Oct 1961 - 20 Mai 1975Enlarge

Drapeau du Cameroun du 1 Oct 1961 - 20 Mai 1975

Des rencontres eurent lieu entre Camerounais orientaux et Camerounais occidentaux en vue de trouver la formule idéale de leur nouvelle cohabitation. Ils se rencontrèrent à Bamenda en juin 1961, puis ce fut Foumban en juillet 1961 et enfin Yaoundé en août 1961. Tout était fin prêt et lorsque l'indépendance du Cameroun britannique fut proclamée le 1er octobre 1961, sa réunification avec la République du Cameroun indépendant s'ensuivit immédiatement. John Ngu Foncha qui avait gagné les élections avec son KNDP devint premier ministre du Cameroun occidental et vice-président de la République fédérale du Cameroun.

La période post-coloniale

La première décennie du Cameroun indépendant est dominée par une poursuite de la lutte féroce contre l'Union populaire du Cameroun (UPC). Sous la direction de l'armée française, les troupes camerounaises rasent le bourg de Yogandima, massacrant près de 8 000 civils désarmés. Depuis 10 ans, l'administration coloniale fait face à l'opposition de l'UPC. Le haut-commissaire français Pierre Messmer a organisé l'assassinat de nombreux leaders de l'UPC, ainsi que des expéditions punitives. Finalement, le 2 octobre, le leader de l'UPC, Felix Moumié, est assassiné à Genève par les services secrets français. La fin de la guerre civile ne sera proclamée qu'après l'arrestation et l'exécution publique d'Ernest Ouandié, dernier chef de l'UPC, le 15 janvier 1971.

L'ère Ahidjo

Au sortir de cette période troublée, le gouvernement camerounais n'en poursuit pas moins sa politique répressive. Engagé dans son projet d'unification du pays, Ahidjo - un Foulbe, musulman du Nord - se trouve en outre en butte aux divergences sociopolitiques entre les parties anglophone et francophone, et surtout à l'opposition entre le nord, musulman, rural et conservateur, et le sud, urbanisé, chrétien, et plus ouvert à la modernité.

Le 20 mai 1972 Ahidjo invita les Camerounais à se prononcer par référendum pour le maintien ou non de l'État fédéral et les Camerounais optèrent pour l'État unitaire par 99,9% des voix. Un véritable plébiscite ! Une constitution unitaire organisait désormais la vie politique camerounaise au sein de la République Unie du Cameroun.

Drapeau du Cameroun depuis le 20 Mai 1975Enlarge

Drapeau du Cameroun depuis le 20 Mai 1975

Dans ce nouveau cadre, Ahidjo ne rencontra que très peu d'opposition ouverte. Il se permit même de répandre des rumeurs sur son éventuel refus de présenter sa candidature aux élections présidentielles de 1975. Le congrès de l'UNC de 1975 à Douala fut enthousiasmé par le «Oui j'accepte» qu'il prononça pour mettre fin à ces rumeurs. Il fut élu en 1975 et réélu en 1980.

L'ère Biya

S.E. Paul BiyaEnlarge

S.E. Paul Biya

6 novembre 1982, Paul Biya, alors Premier Ministre depuis 1975, accéda à la magistrature suprême suite à la démission d'Ahmadou Ahidjo. Ce changement, considéré au départ comme un modèle de transition politique, fut ébranlé par d'énormes difficultés du fait de la volonté de l'ancien président de s'accrocher à un pouvoir qu'il avait librement abandonné.

La Deuxième République du Cameroun connaît également une évolution en deux phases. La première, qui va de 1982 à 1990, fut consacrée à la maîtrise et à la gestion de la transition et la seconde, qui commence en 1990, consacre la renaissance des libertés politiques au Cameroun.

La démission de Ahidjo et l'accession de Paul Biya semblaient indiquer des lendemains harmonieux au Cameroun car, dans son discours d'investiture, Biya se prononça pour la continuité dans la fidélité à un homme, son illustre prédécesseur. Très vite cependant, des fissures apparurent dans ce bel édifice car, tout en se prononçant pour la continuité, Paul Biya plaça son régime sous la bannière de la rigueur et de la moralisation, mots encore inconnus dans le langage politique camerounais.

Des inquiétudes se firent jour çà et là et Ahidjo, qui n'avait pas abandonné la direction du parti à son successeur, crut utile de passer par ce canal pour reprendre d'une main ce qu'il avait donné de l'autre. Il annonça le 31 janvier 1983 que l'UNC avait la prééminence sur l'État et il s'employa à le démontrer sur le terrain par des entorses protocolaires. La fissure devint de plus en plus cassure et Paul Biya chercha à maîtriser et à gérer le pouvoir qu'il détenait. Il procéda à des remaniements ministériels, nommant de préférence des hommes à lui au détriment de ceux choisis par son prédécesseur. Le Cameroun entra alors dans une sorte de bicéphalisme qui donna lieu à des complots, des tentatives d'assassinats des procès et des condamnations. La crise la plus profonde dans cette bataille pour la maîtrise effective du pouvoir au Cameroun eut lieu le 6 avril 1984 lorsque des officiers de l'armée camerounaise originaires du Nord - Cameroun et considérés comme les alliés de Ahidjo organisèrent un coup d'État pour renverser le président Biya. Cette tentative de coup d'État échoua entraînant par ce fait même des procès et des exécutions.

L'échec de ce coup d'État libéra totalement Paul Biya de l'emprise de son illustre prédécesseur. Pour matérialiser cette émancipation, Paul Biya prit une série d'options politiques marquant clairement la fin du bicéphalisme et la maîtrise d'un pouvoir dont il était désormais le seul et légitime propriétaire. C'est ainsi qu'il décida, sans transition, de passer de la République Unie à la République du Cameroun, d'organiser le quatrième congrès de l'UNC au cours duquel l'UNC fondé par Ahidjo devint le RDPC, Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais avec pour fondateur Paul Biya. Il convoqua également les électeurs pour des présidentielles anticipées afin de se donner une légitimité populaire. Par ces actes, Paul Biya devint le véritable président de la République et put alors engager la seconde phase de sa gestion politique du Cameroun, celle qui est consacrée à la renaissance des libertés politiques.

La démocratisation du régime

Y est-il arrivé de sa propre initiative comme il l'affirme quand il dit qu'il est celui qui a apporté la démocratie au Camerounais? Y a-t-il été forcé par l'affaire Yondo ou la marche de Bamenda comme l'affirment ses adversaires politiques? Le débat reste encore ouvert. Quoi qu'il en soit c'est sous Biya que fut rétabli le multipartisme au Cameroun, et cela, malgre une forte resistance du parti au pouvoir: «  Non au multipartisme ».

L'année 1990 marque le début du processus démocratique camerounais avec la création d'une Coordination nationale pour la démocratie et le multipartisme qui vaudra à Me Yondo Black, ancien bâtonnier et à plusieurs personnes d'être arrêtés pour sédition, subversion, affront au chef de l'État en février 1990. Leur procès devant le tribunal militaire de Yaoundé en mars donnera lieu à une première mobilisation du barreau camerounais pour soutenir autant les accusés que leurs revendications.

Malgré le refus officiel du multipartisme, John Fru N'Di lance en mai 1990 à Bamenda, le Social Democratic Front (SDF) lors d'une marche dont la répression cause la mort de 6 personnes. Dès le 3 juin 1990, la Conférence épiscopale camerounaise publie une lettre pastorale qui critique ouvertement le pouvoir. Le 4 juillet 1990 enfin, le Président Paul Biya accepte d'abandonner le monopole politique exercé par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) créé en 1985 sur les cendres de l'Union des populations du Cameroun (UPC) de l'ancien Président Ahidjo. Une commission de révision de la législation sur les libertés publiques est créée par décret le 21 juillet. Dès le mois de décembre 1990, l'Assemblée nationale adopte une série de lois parmi lesquelles une loi sur la liberté d'association et de création de partis politiques.

Ces mesures de libéralisation n'empêchent pas le pouvoir de procéder à de nombreuses arrestations d'opposants. À partir de mars 1991, dans la foulée de l'intense mobilisation populaire provoquée par les procès, sont lancées les opération « villes mortes » qui paralysent la vie économique du pays pendant 6 mois. Ces opérations sont combinées avec une désobéissance civile afin d'obtenir l'organisation d'une Conférence nationale souveraine (CNS). Les secteurs les plus mobilisés sont les chauffeurs de taxis, les étudiants, les enseignants et surtout les commerçants. Les récents partis d'opposition et ces groupes se coalisent dans la Coordination nationale des partis de l'opposition et associations (CNPOA), vite interdite.

Dès la mois d'avril 1991, les opérations « villes mortes », les émeutes et les manifestations s'étendent à l'ensemble du pays. Pour tenter de résoudre la crise politique, le Président Paul Biya rétablit le poste de Premier ministre, annonce des élections et une réforme constitutionnelle. Devant l'ampleur des mobilisations, un état d'urgence de fait est instauré avec la création en mai 1991, de « commandements militaires opérationnels » pour pacifier le pays. Le Président Biya ayant annoncé les élections législatives pour le 16 février 1992, le Premier ministre Sadou Hayatou ouvre le 30 octobre 1991, la conférence tripartite gouvernement-opposition-société civile destinée à définir le cadre électoral et l'accès aux médias publics. L'opposition se divise entre les partisans du préalable d'une conférence nationale et ceux qui sont favorables à une participation immédiate à la compétition électorale.

Celle-ci se tient le 1er mars 1992. Elle est boycottée par l'opposition radicale groupée autour du SDF. Le RDPC, l'UNDP (Union nationale pour la démocratie et le progrès de Bello Bouba Maïgari), le MDR (Mouvement pour la défense de la République) et une aile de l'UPC se partagent les 180 sièges du Parlement avec respectivement 88, 68, 18 et 6 députés. Le 26 avril 1992, un nouveau gouvernement RDPC-MDR est formé avec à sa tête Simon Achidi Achu, un anglophone.

Le 11 octobre 1992, des élections présidentielles sont organisées. Le Président Paul Biya est réélu avec 39,9 % des voix, contre 35,9 % pour J. Fru Ndi (SDF) et 19,21 % pour B. Bouba Maïgari (UNDP). Le pouvoir est accusé de fraudes par l'opposition et la validité des élections est mise en doute par une ONG américaine de scrutateurs, le National Democratic Institute. Des émeutes éclatent dans le Nord-Ouest où l'état d'urgence est proclamé, des leaders de l'opposition radicale sont arrêtés ou mis en résidence surveillée (cas de J. Fru Ndi). Dans le même temps, le gouvernement s'ouvre à l'UPC et à des dissidents de l'UNDP.

Le 18 janvier 1996, en période de campagne électorale pour les municipales, l'Assemblée nationale vote enfin la loi n° 96-06 portant révision de la Constitution du 2 juin 1972. Le scrutin municipal a lieu le 21 janvier 1996. À l'échelle nationale, le RDPC est largement vainqueur, même si les partis d'opposition gagnent dans leurs fiefs électoraux. Ces victoires de l'opposition sont relativisées par la nomination de délégués du gouvernement dans les villes comme Douala, Bamenda, Garoua, Bafoussam, etc. L'opposition réagit en lançant un mot d'ordre de villes mortes plutôt mal suivi.

Les 17 et 18 mai 1997, se tiennent des élections législatives. Au terme de l'ensemble du processus, le RDPC compte 116 élus, le SDF 43, l'UNDP 13, l'UDC 5, le MLJC 1, l'UPC-K 1, le DR 1. Ces élections ont été précédées de modifications de la loi électorale avec l'adoption de la loi n° 97/013 du 19 mars 1997, ainsi que du découpage spécial de certaines circonscriptions. Enfin, après une modification de la loi, l'élection présidentielle a lieu le 12 octobre 1997. Candidat à un premier septennat, Paul Biya l'emporte avec 92,54% de suffrages contre 2,5% pour son suivant, le Pr. Henri Hogbe Nlend. L'élection a été boycottée par le SDF, l'UNDP et l'UDC qui n'ont pas obtenu la création d'une commission électorale nationale autonome. Ces diverses élections ont donné lieu à un abondant contentieux devant les juridictions sans que celles-ci remettent en cause les résultats.

Le processus camerounais est traversé de clivages et de conflits entre un parti au pouvoir dominant et soupçonné de manipuler constamment le jeu politique, et une opposition divisée par des querelles de leadership. Le dispositif institutionnel ne fait pas l'objet d'un consensus et malgré les appels du Président Biya à une démocratie apaisée, le système est peu institutionnalisé. Les discussions en dents de scie sont engagées avec l'opposition, notamment avec le SDF, mais le climat reste dominé par la tension politique.

Le paysage médiatique camerounais s'est modifié avec la libéralisation politique. La presse écrite est abondante. À côté du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, quelques journaux privés émergent nettement du lot : L'Expression, Mutations, Le Messager, Cameroon Post, L'Effort Camerounais. Sur le plan audiovisuel, la CRTV (Cameroon Radio and Television) reste quasi monopolistique ; on observe cependant l'emergence de chaines de radios et teles privees. Avec la loi n°96/04 du 4 janvier 1996 complétant celle de 1990 sur la liberté de communication sociale, la censure administrative préalable a été supprimée au profit du contrôle judiciaire, mais des dispositions répressives existent, comme celle relative à l'atteinte à l'honneur du chef de l'État. La presse et les journalistes ne sont donc pas libérés de toute pression.

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