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Ionie

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LIonie est une région située à l'ouest de l'Asie mineure, entre Smyrne et Milet.

Dans l'Antiquité, elle fédérait douze cités grecques, du continent et des îles : Chios, Éphèse, Érythrée, Clazomène, Colophon, Lébédos, Milet, Myonte, Phocée, Priène, Samos et Téos. Halicarnasse les rejoignit après. Brillant foyer de la civilisation hellénique aux VIIe et VIe siècle av. J.-C, elle fut appelé Gréce d'Asie.

Son peuplement issu de la deuxième vague de migration achéenne, au XIe siècle av. J.-C, avait intégré, suite à de nombreux mariages mixtes, des Doriens et des populations préhelléniques. Cette population était unie par un dialecte commun, et un sanctuaire religieux commun, le Panionion situé à Priène.

Chaque cité était indépendante et avait son propre gouvernement et sa propre organisation sociale, mais elles eurent la même évolution politique, vers la tyrannie, que les autres cités grecques, avec lesquelles elles se étaient unies par une communauté de culture, même s'il y avait de nombreux conflits frontaliers.

Les côtes ioniennes présentaient beaucoup d'avantages économiques : de bons abris naturels facilitant l'établissement de ports pour le commerce avec des communications aisées vers l'arrière-pays, un climat agréable, des vallées ouvertes pour la culture des céréales et l'élevage des chevaux, des plateaux pour l'élevage des moutons, des collines pour les arbres fruitiers et les oliviers.

L'Ionie est la première région de Grèce où la philosophie, l'art (en particulier l'architecture avec l'ordre ionique) et les sciences se sont développées, bénéficiant des richesses intellectuelles du Proche-Orient et de l'Égypte. Les cités ioniennes ont donné de nombreux grands penseurs présocratiques, des grands artistes et de grands architectes, comme Thalès de Milet, Anaximandre, Anaximène, Leucippe, à Priène, Héraclite à Ephèse, Anaxagore à Clazomène et Pythagore dans l'île de Samos.

La Ionie fut convoitée pour sa richesse économique et son développement intellectuel, par des voisins puissants, ambitieux et entreprenants. Les Ioniens avaient développé les produits de luxe et de qualité, les banquets et les courtisanes élégantes et cultivées fascinaient. Ils étaient représentatifs du point très élevé de sophistication atteint par la civilisation grecque. Or, les Ioniens étaient de mauvais combattants, peu entraînés, leurs cités étaient souvent désunies, leurs routes étaient aisées pour le commerce et les échanges, mais aussi pour les invasions.

La Ionie passa d'abord sous protectorat des lydiens, puis après la victoire de Cyrus sur Crésus, sous domination des Perses, auxquels elle devait payer de lourds tributs et entretenir les garnisons, en contrepartie d'une certaine autonomie et de la liberté laissée aux tyrans locaux.

Cette situation empira avec le roi de Perse Darius Ier et aboutit en 499 av. J.-C à une révolte de l'Ionie, favorisée par les revers militaires des Perses dans la steppe danubienne, et l'appui militaire d'Athènes et d'Érétrie. Mais la révolte tourna au désastre malgré quelques victoires, et la population paya lourdement cet épisode : destruction et incendie d'Éphèse et de Milet, déportation des populations, comme esclaves en Mésopotamie en 494 av. J.-C, jusqu'à leur totale allégeance.

De nombreux habitants (marchands, artisans, poètes, penseurs), émigrèrent, emportant avec eux les raffinements de leur culture. Ce fut un coup d'arrêt à l'essor intellectuel de l'Ionie.

Ce n'est qu'après les victoires des cités de la Grèce continentale à Marathon, puis à la Bataille de Salamine, en -480, à la Bataille de Platées, et à la Bataille du cap Mycale en -479, que les Ioniens recouvrèrent leur liberté, l'expansion de l'Empire perse vers l'ouest était définitivement arrêtée.

Athènes qui avait joué un rôle prépondérant dans la victoire, en tira gloire et profit, et en 478 av. J.-C, par la création de la Ligue de Délos, elle entreprit de constituer autour d'elle un empire maritime assurant son hégémonie sur la mer Égée, désormais interdite aux vaisseaux perses, et sa domination sur le monde grec. La guerre se termina en 449 av. J.-C et la défaite des Perses fut confirmée par la paix de Callias.