The Jersey reference article from the French Wikipedia on 27-Jul-2004
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Jersey

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Bailliage de Jersey

Le drapeau de JerseyEnlarge

Le drapeau de Jersey

Image:LocationJersey.png
Localisation de Jersey

Langues officielles anglais, français, (Jersiais - reconnu)

Capitale Saint-Hélier
Duc de Normandie Elizabeth II

Lieutenant gouverneur Sir John Cheshire
Bailli Sir Philip Bailhache
Monnaie Livre de Jersey (parité avec la livre sterling)

Fuseau horaire UTC
Hymne national Ma Normandie
God Save the Queen

Fête nationale 9 Mai: Jour de la libération
Domaine internet .JE
Vue satellite de JerseyEnlarge

Vue satellite de Jersey

Jersey est la plus grande des îles anglo-normandes, de capitale Saint-Hélier. Sa superficie est de 116 km² et elle comporte 87 186 habitants (Jersiais).

Le bailliage de Jersey comprend l'île de Jersey, ainsi que les récifs des Écréhou et des Minquiers et quelques autres îlots inhabités.

Comme les autres îles anglo-normandes, Jersey est:

Elle est dirigée par un bailli, secondé par un parlement, les États de Jersey (53 membres élus). Les États comprennent actuellement le Bailli, le Lieutenant Gouverneur, douze sénateurs, les connétables des douze paroisses, vingt-neuf députés, l'Avocat Général et le Procureur Général. Le Bailli, nommé par la Couronne, est le président de l'Assemblée des États. Il est également président de la Cour Royale.

Le gouvernement autonome s’occupe des affaires intérieures et des relations internationales en ce qui concerne des questions de taxe, d’environnement (par exemple le voisinage de l'usine de retraitement nucléaire de la Hague), de travail, de culture, de commerce et d’autres questions qui ne touchent pas aux droits de la Couronne.

Jersey participe au Conseil Britannique-Irlandais (qui comprend les gouvernements du Royaume-Uni, de la République d'Irlande, du Pays de Galles, de l’Écosse, de l’Irlande du Nord, de Jersey, de Guernesey et de l’Île de Man).

Table of contents
1 Histoire
2 Politique
3 Culture
4 Économie

Histoire

Il y a 180.000 ans Jersey se présentait comme plateau rocheux dans la plaine qui s’étendait là où la Manche se trouve actuellement. Des chasseurs de mammouth et de rhinocéros fréquentaient des cavernes dans les falaises.

Devenue île il y a environ 8.000 ans avec la montée de la mer, l’île fut colonisée par des fermiers néolithiques qui construisaient les dolmens que l’on voit aujourd’hui.

Des caches de pièces de monnaie démontrent la colonisation de l’île par des tribus celtiques vers 300 av. J.C.

Il ne reste que peu de traces de l’occupation romaine, mais on a trouvé des preuves archéologiques qui témoignent l’existence de commerce entre les tribus celtiques de l’île et le continent. Il existe aussi les restes d’un fanum, petit temple gallo-romain, au Pinacle, lieu sacré préhistorique des landes du nord-ouest.

À l’époque romaine, selon la tradition (contestée) de l’Itinéraire d’Antonin, l’île s’appelait Caesarea - ce qui explique le surnom traditionnel de Césarée que l’on retrouve dans la littérature et dans des noms d’associations de nos jours.

Au VIe siècle, selon l’hagiologie, c’est Saint Hélier qui a évangélisé Jersey, demeurant une quinzaine d’année sur un rocher dans la baie de la Ville avant son martyre aux mains de pirates. Le village construit autour de l’église fondée à sa mémoire sur les dunes de la côte voisine est devenu la ville de Saint-Hélier, capitale de l’île. Une chapelle médiévale, l’Hermitage de Saint Hélier, construite sur le rocher sur lequel le saint est réputé d’avoir vécu, se visite chaque année le 16 juillet, fête patronale, avec pèlerinage municipal et écuménique.

Samson de Dol a également visité Jersey, et des communautés monastiques celtiques ont occupé des lieux à Jersey pendant ces siècles.

À cette époque, avant l’arrivée des Normands, l’île portait le nom d’ Angia (ou Andium) et dépendait du Duché de Bretagne.

Des incursions des Vikings et l’établissement de colonies normandes ont marqué la toponymie de l’île - la signification du nom Jersey n’est guère certaine mais on suppose qu’il s’agit de -ey (île en norrois) et, selon l’interprétation, soit jarth (terre en norrois), soit Geirr (nom personnel), soit jarl, soit gers (herbe en frison). Une deuxième supposition ferait remonter le nom de l'île à une racine gauloise. Il se composerait de gar- (racine de garric : "chêne kermès" en gaulois) et de ceton (bois (forêt) en gaulois comme en celtique). Jersey signifierait donc : "bois (forêt) de chêne".

Quoi qu’il en soit l’influence normande est devenue prépondérante et l’île a été incorporée dans le Duché de Normandie en 933.

Selon le Jersiais Wace, Robert I, Duc de Normandie, a visité Jersey vers 1030.

La Conquête de l'Angleterre en 1066 a lié l’île pour la première fois avec la Couronne d’Angleterre. On plaisante à Jersey que les Jersiais avaient battu les Anglais en 1066 et donc l’Angleterre appartient à Jersey, et ce n’est pas Jersey qui appartient à l’Angleterre.

En 1155 l’Abbaye de S. Hélier a été fondée sur l’îlot à côté de l’Hermitage de S. Hélier.

En 1204 la Normandie insulaire est séparée de la Normandie continentale et reste sous le contrôle du Roi d’Angleterre (désormais connu comme Duc de Normandie dans les îles). Les Constitutions du Roi Jean assurent les libertés et l’autonomie des îles - c’est l’origine du gouvernement de Jersey.

Le château Mont Orgueil est construit afin de défendre l’île. Aujourd’hui le château est un grand lieu d’intérêt pour les touristes qui domine la côte de l’est de l’île et c’est un symbole de l’indépendance de Jersey.

À la Réforme, une inondée de livres liturgiques imprimés à Genève ou dans les Pays-Bas ont influencé le calvinisme qui avait triomphé à Jersey. C’est à cette époque que les vitraux ont été brisés, les statues et les croix abattues et les peintures murales effacées ou blanchies. Il s’agit d’un perte quasi-totale de patrimoine artistique de Jersey.

Ce n’est qu’à la deuxième moitié du XVIIe siècle que l’anglicanisme est établi à Jersey.

Sous le règne d’Élisabeth Ire d'Angleterre, le Seigneur de St. Ouën, Hélier de Carteret, reçoit la seigneurie de Sercq sous condition qu’il colonise l’île inhabitée afin de protéger Sercq contre des bandes de pirates qui se servaient de l’île comme base d’opérations. C’est avec 40 familles de St. Ouën que de Carteret a établi le petit état féodal.

Nommé Gouverneur de Jersey, Walter Raleigh s’occupe du renouvellement des fortifications de l’île face au développement du canon. Il entreprend le remplacement du château Mont Orgueil par une forteresse sur l’îlot occupé par l’ancienne abbaye de St. Hélier (désaffectée à la Réformation). Le nouveau château Elizabeth garde l’entrée du port de la ville.

C’est Raleigh qui a sauvé le vieux château que l'on proposait de démolir pour en faire usage des pierres pour la construction des nouvelles fortifications. Raleigh avait ordonné qu’on laisse “ce noble château”.

Lors des perturbations de la Guerre Civile d’Angleterre, Jersey accueille Charles, Prince de Galles, héritier au trône. À la suite de l’exécution de son père, Charles I, le prince est proclamé roi dans la place du marché de St. Hélier le 17 février 1649. Jersey est donc le premier pays à reconnaître le nouveau roi. Après la restauration de la dynastie en 1660, le roi Charles II montre sa reconnaissance de l’abri offert par Jersey en offrant la masse en argent que l’on voit aujourd’hui aux séances de la Cour Royale de Jersey et des États de Jersey. George de Carteret, Bailli de Jersey, reçoit des terres en Amérique du Nord - c’est la fondation de l’état de New Jersey.

Après la révocation de l’Édit de Nantes en 1685, arrivée de nombres d’huguenots.

En 1689 le droit de neutralité fut supprimé par le Conseil Privé du Roi et de la Reine.

1736: fondation de la bibliothèque publique.

La bataille de Jersey, 6 janvier 1781, fut la dernière tentative française de conquérir l'île.

1789, des milliers de refugiés passent par Jersey pendant les perturbations de la Révolution française. Au château Mont Orgueil, le Jersiais Philippe d’Auvergne, Duc du Bouillon, organise un réseau d’espionage contre les autorités révolutionnaires en Normandie et Bretagne.

1799: arrivée de 6.000 soldats russes.

La construction de rues militaires (commencée en 1806) liant les fortifications littorales avec le port de St.-Hélier a améliorer les communications entre les paroisses autrefois assez isolées. Les cultivateurs auront désormais l'avantage en transportant leurs primeurs aux marchés de Londres et de Paris.

Politique

Les séances tenues par le Bailli et les jurés justiciers selon les Constitutions du Roi Jean ont donné naissance à la Cour Royale de Jersey. Plus tard les recteurs et les connétables furent invités de prendre part dans les délibérations. C’est l'origine des États de Jersey. Le titre d' États représentant les Trois États (le judiciaire, l'Église et le peuple) est apparu pour la première fois dans un acte daté du 27 octobre 1497, tandis que les archives des États datent de 1524.

A partir du milieu du XVIIe siècle, les États comprenaient le Bailli, le Gouverneur, douze jurés, les recteurs et les connétables des douze paroisses, les représentants de la Couronne, le Vicomte et l'un des deux dénonciateurs. La Cour Royale a continué à émettre des ordonnances en collaboration avec les États jusqu'en 1771, date à laquelle une ordonnance du Conseil Privé a fait des États le seul et unique corps législatif de l'île.

Des changements ont été apportés à la constitution en 1856 et en 1907 quand des dispositions ont été prises pour l'élection de députés - surtout à cause de la croissance de population de Saint-Hélier dont les électeurs se trouvaient sous représentés par rapport aux électeurs de la campagne. La lutte de la démocratisation arrive après l’occupation allemande 1940-1945 aux réformes de 1948 quand les jurés justiciers et les recteurs ont cessé de faire partie des États.

Actuellement les jurés justiciers, exclus de la législature mais confirmés dans leur rôle judiciaire, sont élus par un collège électoral formé des Membres des États et de représentants des professions légales. C’est le poste élu le plus respecté et honoré auquel un citoyen peut aspirer.

Toutefois, l'Eglise établie (Anglicane) est toujours représentée aux États par le Doyen de Jersey, qui a le droit à la parole mais ne peut pas prendre part au vote.

Une nouvelle représentation de membre appelé Sénateur a été introduite en 1948 (à l'origine élue pour 9 ans puis réduit à 6 ans en 1966) et le nombre de députés a été augmenté.

Bien que le Bailli n'ait aucun pouvoir politique, il a le droit de parole. Son vote est prépondérant. Il en fait usage afin de maintenir le statu quo permettant ainsi à l'Assemblée de renvoyer un débat à une date ultérieure.

Le Lieutenant Gouverneur assiste aux débats sans toutefois n'y jamais prendre part. Le Procureur Général et l'Avocat Général sont les officiers de la Couronne et sont eux aussi nommés par la Reine. Ils peuvent participer aux débats mais n'ont pas le droit de vote. Lors de débats, on fait appel à eux pour clarifier certains points de loi.


(Information basée sur un document "L'Organisation politique et administrative des États de Jersey" édité par les États de Jersey)

Justice

L'exercice de la justice, pour le droit civil, comme pour le droit criminel, appartient à la Cour Royale qui se compose du Bailli, du Député Bailli et des douze jurés justiciers. Il appartient au Bailli de juger des questions de droit, de se prononcer sur d'éventuels dépens et d'en déterminer le montant.

Aux Assises, un jury de douze personnes rend un verdict à l'unanimité ou à la majorité. Il y a une Cour d'Appel. Les juges du Tribunal d'Instance jugent les affaires civiles de simple police à la Cour pour le Recouvrement des Menues Dettes tandis que les délits mineurs sont jugés au Tribunal de Magistrat. Les juges du Tribunal d'Instance exercent aussi les fonctions de juges d'instruction dans les affaires criminelles.


Administration Municipale

Jersey est divisé en douze cantons administratifs appelés paroisses ayant tous un accès à la mer:

À la tête de chaque paroisse se trouve un
connétable (c’est-à-dire, bourgmestre/maire).

Le pouvoir administratif de la paroisse appartient à l'Assemblée des Principaux et des Electeurs qui consiste de contribuables possédant une propriété dont la valeur dépasse un certain seuil défini par des parts, et de personnes inscrites à la liste électorale. Cette Assemblée est présidée par le Connétable pour ce qui est des affaires civiles et par le Recteur lorsqu'il s'agit de questions ecclésiastiques.

Le Connétable de chaque paroisse doit assurer une police honorifique composée des Centeniers, des Vingteniers et des Officiers du Connétable. Ces personnes sont élues par les électeurs de la paroisse pour trois ans. Les officiers de la police honorifique sont bénévoles et la plupart d'entre eux ne porte pas d'uniforme. Ils sont mandatés pour procéder à des arrestations, à des fouilles et peuvent mener des enquêtes au sein de leur paroisse. Une police des États (en uniforme) a été introduite en 1951 sur le modèle de sa consœur du Royaume-Uni.

Culture

Victor Hugo et Claude Debussy ont été tous deux inspirés par l'île de Jersey. La pièce pour piano l'Isle joyeuse en est une représentation musicale.

John Everett Millais (1829-1896), peintre, président de l’Académie Royale britannique, était jersiais.

John Wesley, fondateur du Méthodisme, a visité Jersey en 1787 pour encourager les premières congrégations méthodistes. Pendant le XIXe siècle, le Méthodisme était fort à Jersey, surtout à la campagne. On voit encore de nombreuses chapelles, et l’influence des Wesleyens existe toujours dans la politique sociale de Jersey. On y voit la survivance du mouvement religieux qui avait adopté le calvinisme à la Réforme.

Langues

L'anglais est la langue officielle, la langue française reste officielle pour certaines cérémonies et documentation légale, mais la langue couramment utilisée par une minorité de la population est un dialecte normand : le jersiais. Exemple de phrase jersiaise :

Tch'est qu' ch'est l'jèrriais ? Ch'est la vielle langue d'Jèrri (Qu’est-ce que le jersiais ? C’est la langue ancestrale de Jersey)

À la campagne, les noms de rue sont le plus souvent en français ou en jersiais. À St.-Hélier, beaucoup de rues portent deux noms, l’un anglais, l’autre français ou jersiais, mais rares sont les traductions exactes.

L’imprimerie est venu à Jersey pour la première fois en 1784 - l’administration autonome de l’île n’avait exigé que douze copies manuscrites de chaque loi ou ordonnance, dont l’une pour chaque paroisse. Un mensuel, Le Magasin de l’île de Jersey, première publication éditée à Jersey est critique des autorités et est fermé après quelques mois.

La Gazette de Jersey, premier hebdomadaire de Jersey, paraît pour la première fois en 1786.

Le premier journal en langue anglaise à Jersey, le British Press paraît en 1822.

La langue anglaise est permise dans les débats parlementaires des États de Jersey depuis 1900.

Le dernier journal édité en langue française à Jersey, Les Chroniques de Jersey, ferme à la fin de 1959 - depuis ce temps-là il n’y a que des journaux en langue anglaise.

Gastronomie

Les fruits de mer sont une spécialité de la région – moules, huîtres, homards, crabes, autres coquillages. Les Jersiais aiment surtout les araignées de mer. On surnommait les îles anglo-normandes le royaume de congres, et en effet la soupe d’andgulle (soupe de congre) était autrefois un plat très commun.

Les pais au fou (sorte de cassoulet insulaire) donne un surnom en anglais aux Jersiais parce que les Anglais arrivés à Jersey croyaient que les habitants ne mangeaient que des fèves.

Les mèrvelles (sorte de beignet en nœud, appelé en anglais Jersey wonder) sont populaires aux fêtes et kermesses.

Le pain jersiais traditionnel est mis au four sur une feuille de choux, avec une deuxième feuille à couvrir, ce qui donne un goût particulier au pain.

Le lait jersiais est très riche, mais il n'y a pas de tradition de fabrication de fromage à Jersey. Les Jersiais donnaient la préférence au beurre.

Symboles

Il existe en général trois théories de l’origine du drapeau jersiais:

Le drapeau actuel date de 1981 quand le blason et la couronne ont été ajoutés au drapeau par proclamation royale à la suite d’une demande des États de Jersey.

Les trois léopards normands sont venus du sceau du bailli, mais ont été confirmés comme blason national. Les trois léopards sont librement utilisés par les citoyens de Jersey.

La chanson Ma Normandie est chantée comme hymne lors des jeux du Commonwealth, jeux des Îles, ou autre cérémonie quand il est nécessaire de distinguer les pays qui se servent de God Save the Queen. Mais il y a un mouvement populaire pour le remplacement de Ma Normandie par eune chanson jersiaise Beautiful Jersey/Man Bieau P'tit Jèrri.

Les Jersiais sont surnommés des crapauds.


Économie

La Chambre de Commerce de Jersey, fondée le 24 février 1768, est la plus vieille dans le Commonwealth.

La jersiaise est originaire de l'île de Jersey. Depuis 1789, c'est la seule race bovine permise à Jersey.

La récolte de varech se pratique afin de fournir de l’engrais pour les champs. Une particularité de l’agriculture de Jersey est les côtils, champs labourables en pente. Le terrain à plat étant limité on avait développé la culturation des coteaux surtout pour les pommes de terre, les primeurs, qui reçoivent le maximum de soleil, anglées vers le sud.

Jusqu’au milieu du XIXe siècle la production de cidre était considérable, mais la culture de pommes de terre avait remplacé celle de pommiers. Depuis 1987 on encourage l’implantation de vieilles variétés jersiaises de pommes dans le but de réintroduire la production commerciale de cidre et d’eau-de-vie de cidre. Des quantités sont désormais en vente.

On recherche au XXIe siècle la possibilité de produire de la vodka sur base de pommes de terre afin de diversifier la production. Il existe des vignobles à Jersey et une petite production commerciale de vin blanc.