Manu Dibango
Le 12 décembre 1933 naît à Douala au Cameroun Emmanuel N'Djoké Dibango. Son père est issu de l'ethnie Yabassi, sa mère est Douala. Cette différence est importante dans un pays qui vit selon les rites ancestraux. Chez lui, le jeune Manu parle essentiellement le Douala. Son père est fonctionnaire. Sa rigueur morale est un exemple pour son fils. Sa religion n'y est sans doute pas étrangère. En effet, les Dibango sont protestants. Le soir, Manu va au temple et sa mère s'occupe de la chorale.Sa scolarité commence par l'école du village et se poursuit à l'école des blancs. C'est là qu'il fait l'apprentissage du français. Une fois son certificat réussi, son père veut l'envoyer faire ses études en Europe.
Il fait ses débuts musicaux en grattant d'abord la mandoline, puis en apprenant le piano. Lors d'un séjour dans un centre de colonie réservé aux enfants camerounais résidents en France, il rencontre Francis Bebey, un peu plus âgé que lui, qui est un fan de jazz. Armstrong et Sidney Bechet sont pour lui, les deux figures emblématique du jazz noir-américain. Les deux jeunes gens forment à cette occasion un petit groupe où chacun s'essaie à la pratique de son instrument favori.
C'est à cette époque-là qu'il découvre aussi le saxophone. Il commence à prendre des cours. La musique est un hobby mais en aucun cas, il ne pense à en faire un métier. Il passe donc la première partie de son baccalauréat à Reims.
2003 est l'année des 30 ans de Soul Makossa et de ses 70 ans. Toujours aussi actif, Manu travaille chez lui avec Ray Lema à la recherche du Bantou Beat, cocktail jazzy de groove de l'Afrique centrale. Le 14 mars, il fait son grand retour à Douala, sa ville natale, où il n'avait pas joué depuis 27 ans. Il se produit dans la nouvelle salle de La Pêche à l'invitation des Rencontres internationales des musiques du sud (Rims) accompagné des membres du groupe Macase que produit son fils Michel.
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