Marcel Proust
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Après des études au lycée Condorcet, il devance l'appel sous les drapeaux. Rendu à la vie civile, il suit à l'École des Sciences politiques les cours d'Albert Sorel et de Anatole Leroy-Beaulieu ; à la Sorbonne ceux de Henri Bergson dont l'influence sur son œuvre sera majeure.
Vers 1900, il part à Venise et se consacre à des questions d'esthétique. Il publie une traduction du critique d'art anglais John Ruskin (1904) dont les conceptions le marqueront.
Après la mort de ses parents, sa santé se détériore (Asthme). Il vit en reclus et s'épuise au travail. Son œuvre principale, À la recherche du temps perdu, est publiée entre 1913 et 1927. En 1919, il reçoit le prix Goncourt pour le second volume, À l'ombre des jeunes filles en fleurs. Son homosexualité inavouable dans la société de l'époque est diffuse dans son œuvre. Trois ans plus tard, il est emporté par une bronchite.
Les critiques ont écrit que le roman moderne contemporain commençait avec Marcel Proust. En rompant avec la notion d'intrigue, l'écrivain devient celui qui cherche à rendre la vérité de l'âme. La composition de La Recherche en témoigne: les thèmes tournent selon un plan musical et un jeu de correspondances qui s'apparentent à la poésie. Proust voulait saisir la vie en mouvement, sans autre ordre que celui des fluctuations de la mémoire affective. Il nous laisse des portraits uniques, des lieux recréés, une réflexion sur l'amour et la jalousie, une image de la vie, de la déchéance et de l'art. Il nous laisse surtout une phrase pareille à une respiration dans laquelle on « s'embarque », comme le narrateur sur le sommeil d'Albertine.
« Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre, et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu'il peut y avoir dans la lune. Grâce à l'art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et autant qu'il y a d'artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l'infini et qui, bien des siècles après qu'est éteint le foyer dont il émanait, qu'il s'appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous envoient encore leur rayon spécial.
Ce travail de l'artiste, de chercher à apercevoir sous la matière, sous de l'expérience, sous des mots, quelque chose de différent, c'est exactement le travail inverse de celui que, à chaque minute, quand nous vivons détourné de nous-même, l'amour-propre, la passion, l'intelligence, et l'habitude aussi accomplissent en nous, quand elles amassent au-dessus de nos impressions vraies, pour nous les cacher entièrement, les nomenclatures, les buts pratiques que nous appelons faussement la vie ». (Le Temps retrouvé)
Le village d'Illiers, en Eure-et-Loir inspire son lieu fictif de Combray; à l'occasion du centenaire de sa naissance, en 1971, ce village d'Illiers où enfant, le « petit Marcel » venait passer ses vacances chez sa tante Élisabeth Amiot, lui rendit hommage en changeant de nom pour devenir Illiers-Combray.
Marcel Proust est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris.
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