The Mein Kampf reference article from the French Wikipedia on 27-Jul-2004
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Mein Kampf

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Mein Kampf est un livre rédigé par Adolf Hitler entre 1923 et 1924 pendant sa détention à la prison de Landsberg am Lech, détention consécutive à un coup d'état manqué; et publié en 1925.

C'est tout à la fois un document autobiographique, le récit de la naissance et du premier développement du parti national-socialiste, et un essai et manifeste politique qui énonce les bases du programme que son auteur appliquera quelques années plus tard quand il sera parvenu à la tête de l'État allemand.

Mein Kampf manifeste l'aversion raciste de son auteur vis-à-vis des juifs, des roms, des slaves, des homosexuels, des Tziganes, etc. Il décrit sans aucunes ambigüités le programme du parti nazi tel qu'il allait être réalisé, et notamment la volonté de réunification des territoires à population germanique (le pangermanisme) et la nécessité de s'assurer, en Europe de l'est, un "espace vital" (Lebensraum) ; il contenait donc des menaces précises, et le maréchal Lyautey aurait dit à son sujet : "Tout français doit lire ce livre."

Le plan en est le suivant :


Préface de l'auteur

Table of contents
1 Tome premier
2 Tome deux
3 Statut juridique
4 Quelques points significatifs du livre
5 Accueil du livre en France

Tome premier

Bilan
  1. La maison familiale
  2. Années d'études et de souffrance à Vienne
  3. Considérations politiques générales touchant mon séjour à Vienne
  4. Munich
  5. La guerre mondiale
  6. Propagande de guerre
  7. La Révolution
  8. Le commencement de mon activité politique
  9. Le parti ouvrier allemand
  10. Les causes de la débâcle
  11. Le peuple et la race
  12. La première phase du développement du parti ouvrier allemand national-socialiste

Tome deux

Le mouvement national-socialiste
  1. Opinion philosophique et parti
  2. L'État
  3. Sujets de l'État et citoyens
  4. La personnalité et la conception raciste de l'État
  5. Conception philosophique et organisation
  6. Lutte des premiers temps - L'importance de la parole
  7. La lutte contre le front rouge
  8. Le fort est plus fort quand il reste seul
  9. Considérations sur le sens et l'organisation des sections d'assaut (SA)
  10. Le fédéralisme n'est qu'un masque
  11. Propagande et organisation
  12. La question corporative
  13. La politique allemande des alliances après la guerre
  14. Orientation vers l'Est ou politique de l'Est
  15. Le droit de légitime défense

Conclusion

Statut juridique

Dans plusieurs pays (dont par exemple l'Allemagne), le livre est interdit à la vente, pour cause "d'incitation à la haine raciale".

Toutefois, il fait partie des objets et des livres qui animent régulièrement la chronique en étant disponibles plus ou moins facilement sur Internet (y compris dans de grandes enseignes de vente sur Internet). Cette situation est à l'origine de débats qui opposent droit d'expression et lutte contre le racisme (ici, sous ses formes les plus violentes). Mais cacher aux gens comment leurs aînés ont pu se faire manipuler est-il vraiment lutter contre le racisme, et ne dit-on pas au contraire que qui ne veut pas apprendre l'histoire s'expose au danger de la revivre ? La question reste ouverte.

La France a adopté une attitude qui semble plus sereine : en toute rigueur, le livre aurait aussi pu y être interdit à la vente en raison des lois interdisant cette même incitation à la haine raciale; mais l'argument selon lequel pouvoir analyser de façon critique le passé et le moyen le plus sûr de l'empêcher de revenir fut entendu. La Cour d'appel de Versailles a tranché sur la position suivante : compte-tenu de son intérêt historique et documentaire, le livre reste autorisé à la vente, mais doit obligatoirement comporter en tête d'ouvrage les attendus de ce même jugement expliquant les raisons de cette autorisation. Ainsi l'ouvrage prend un sens différent et devient un enseignement sur ce qui a pu manipuler les foules allemandes des années 30 - et une mise en garde sur les procédés rhétoriques qui pourraient nous manipuler demain si nous ne sommes pas vigilants.

Certains mouvements réclament que ce principe de mise en garde préalable soit étendu à tous les écrits historiques, y compris d'ailleurs religieux, qui prôneraient la discrimination et parfois le meurtre de différentes catégories de population : athées, croyants d'autres religions, apostats, homosexuels, etc. Ces écrits sont en effet actuellement en vente libre sans le moindre avertissement du lecteur quant à leur contradiction avec nos lois ou même la simple morale, ce qui peut passer pour une neutralité bienveillante à leur égard.

Quelques points significatifs du livre

Les points suivants sont tous traités dans le livre, bien que l'ordre où ils apparaissent n'y soit pas celui de leur apparition.

La lecture de ce livre confirme le propos énoncé par E.T. Forster : la première guerre mondiale constituait un conflit d'intérêt de peuples qui partageaient tout de même - en tout cas en Europe - les mêmes valeurs. La seconde est d'une toute autre nature et constitue un conflit de valeurs, voire de civilisations.

Accueil du livre en France

Conscient de la nécessité de ne pas ébruiter sa stratégie, Hitler avait interdit dans son contrat d'édition toute traduction française de son livre et toute cession de droits à la France. C'était oublier qu'existaient les valises diplomatiques, et qu'en un tel cas la raison d'Etat autorise et même exige le piratage : sans s'occuper de chercher à verser des droits à M. Hitler, on fît tirer en masse dès 1934 un abrégé en français contenant des extraits significatifs, en le faisant précéder d'une brève citation du maréchal Lyautey selon lequel tout Français doit lire ce livre. Celui-ci se vend vite et c'est heureux : les lois internationales obligent le Tribunal de commerce de Paris à en interdire la vente à la demande de l’éditeur allemand.

Dès 1933, l'ancien ministre de Clemenceau Georges Mandel avait attiré de l'assemblée sur les dangers du réarmement de l'Allemagne. Le livre (que Mandel, d'origine alsacienne, avait probablement lu dans le texte) ne fait que renforcer son insistance à faire réagir les milieux politiques avant qu'il ne soit trop tard. Il n'y parviendra pas : encore traumatisés par la Première guerre mondiale où est mort un Français mâle sur dix (une seule des 36000 communes françaises a vu tous ses enfants revenir, et n'en a pas moins construit son monument aux morts), les Français se refusent à entendre parler de guerre. Et plus l'Allemagne se montre puissante et résolue, plus l'idée d'un conflit les effraie. En 1936, une chanson de Ray Ventura connaît le succès en France : "Tout va très bien, madame la marquise", qui décrit la découverte de catastrophes en cascade en défilant l'écheveau d'une nouvelle d'apparence anodine. Sans doute les Français y pressentent-ils déjà ce qui les attend. Mais il est trop tard. Hitler confiera d'ailleurs à son entourage : "Je n'ai commis qu'une seule erreur, qui a été de ne pas déclarer directement la guerre à la France dès 1938".