The Ontologie (philosophie) reference article from the French Wikipedia on 27-Jul-2004
(provided by Fixed Reference: snapshots of Wikipedia from wikipedia.org)

Ontologie (philosophie)

Get the latest news from Africa

L'ontologie est l'étude de l'être en tant qu'être, c'est-à-dire l'étude des propriétés générales de ce qui existe.

La scolastique considèra cette étude comme une partie de la métaphysique, en tant qu'elle définit les transcendentia, les déterminations communes à tous les êtres (ce qu'on appellera plus tard métaphysique générale, par opposition à la théologie, dite métaphysique spéciale).

Le terme bien que grec ne fut créé qu'à l'époque moderne, sans doute au XVIIe siècle, en imitant le terme plus ancien de théologie.

Il semble que Jacob Lorhard l'utilise dès 1606 dans son Ogdoas Scholastica comme synonyme de métaphysique et les Elementa philosophiae sive Ontosophiae (1647) de Johannes Clauberg reprennent le terme qu'on retrouve ensuite une fois chez Leibniz (Opuscules et fragments inédits, édités par L. Couturat, p. 512).

Dans la métaphysique allemande de Christian Wolff (Philosophia prima sive Ontologia), l'ontologie est définie comme une sous-partie de la métaphysique, la partie la plus générale par opposition aux trois disciplines de la "métaphysique spéciale", la théologie (Dieu), la psychologie (l'Ame) et la cosmologie (le Monde).

Note : le sens informatique est traité sur une page à part.

Table of contents
1 Histoire
2 Références

Histoire

Antiquité

Parménide

Platon pose dans le Sophiste le problème du non-être.

Aristote définit l'être avant tout comme substance et de manière secondaire comme accidents de la substance (les autres catégories, qualité, quantité, relation, lieu, temps, disposition, possession...). Etre, essence, accident

Les Stoïciens distinguent ce qui existe (les Corps) du quelque chose (ti) en général.

"Tinologie"

Moyen-Age

Avicenne, l'essence est indifférente à l'existence

Thomas d'Aquin il n'y a qu'une analogie entre l'être de Dieu (car Dieu est l'Etre) et des substances créées

Gilles de Rome, essence et existence

Ontologie moderne

Analogie de l'être

Argument ontologique

Kant invente le terme "onto-théologie" pour désigner cette partie de la métaphysique qui lie la théologie à la définition de ce qui existe.

Ontologie contemporaine

Ontologie formelle et ontologies régionales

Edmund Husserl distingue une ontologie purement formelle et des ontologies liées à chaque discipline, ontologies régionales.

L'ontologie fondamentale de Heidegger

Martin Heidegger a développé la phénoménologie de Husserl en une sorte de déconstruction de l'ontologie.

Selon Heidegger, l'ontologie pose la question de l'être de l'étant, telle qu'elle était posée par Parménide, "Qu'est-ce que l'être ?" (et non pas "qu'est-ce qui est ?"). Mais l'histoire de la métaphysique depuis au moins Aristote est en fait l'histoire de l'oubli de la question de l'être. La question de l'être a été recouverte par l'étant, par ce qui est.

Heidegger appelle ontique ce qui se restreint à l'étant au lieu de l'être. L'oubli de la question de l'être en est parvenue au point qu'on ne pense plus aucune différence entre les deux et que l'être n'est plus pour la métaphysique qu'un concept vide. Il appelle parfois ontologie fondamentale son projet d'ontologie qui irait en deçà de ce recouvrement de l'ontologique par l'ontique.

Heidegger appelle cette Différence entre l'être et l'étant Différence ontologique. Penser cette Différence permettrait d'éviter de revenir à une onto-théologie où l'être est toujours pensé via un étant suprème auquel il est identifié, Dieu.

Pour Emmanuel Lévinas, il faut au contraire réhabiliter la métaphysique liée à l'altérité contre une ontologie indifférente à toute éthique.

Ontologie analytique

Jeremy Bentham dans son Of Ontology propose d'analyser ce qui existe en appliquant le rasoir d'Occam et de réduire certaines entités à des fictions logiques qui n'existent que de manière secondaire (de même qu'une addition n'est pas une entité supplémentaire au dessus de ses membres). Ce projet logique de parcimonie et de paraphrase (de retraduction logique) a joué un rôle important dans l'ontologie de la philosophie analytique.

Bertrand Russell a commencé par une ontologie proche de la Théorie des objets de Alexius Meinong et il admet au départ toute entité, les universels, les ensembles et même les entités possibles. Puis il développe une méthode de paraphrase (cf. sa théorie des descriptions) pour ne maintenir que deux types d'entités, les particuliers (qui peuvent s'analyser comme événements et non pas comme objets) et les universaux (Russell est toujours resté opposé au nominalisme de la tradition de l'empirisme). Par la suite, il réduit même les événements particuliers à des "faisceaux" de qualités et n'admet plus que ces qualités.

Willard Van Orman Quine dans son article "On what there is" a repris le terme d'ontologie pour désigner ce qui existe selon une théorie (on peut ainsi parler de l'ontologie du calcul des probabilités ou de l'ontologie de la théologie). Il formule un critère logique pour préciser ce qu'une théorie affirme comme existant et ce dont elle parle sans vouloir impliquer que cela existe.

Ce critère d'engagement ontologique est la quantification en logique (au sens de la théorie des quantificateurs en logique). "Etre c'est être la valeur d'une variable liée". Si une théorie quantifie sur des entités (en logique, dit qu'il est vrai pour quelques entités ou toute entité), la théorie affirme leur existence. Si une théorie peut réellement trouver une construction logique pour éviter cette quantification, la théorie n'affirme rien.

Cela a plusieurs conséquences générales. La logique du premier ordre ne quantifie que sur des individus et pas sur les propriétés mais une logique du second ordre serait engagée à un réalisme des propriétés et ensuite à des problèmes d'identité de ces propriétés. La logique modale sous sa forme quantifiée affirme l'existence de mondes et d'individus possibles.

Références