The Origine de la philosophie reference article from the French Wikipedia on 27-Jul-2004
(provided by Fixed Reference: snapshots of Wikipedia from wikipedia.org)

Origine de la philosophie

Connect with a children's charity on your social network

Carte de la Grèce de 1887Enlarge

Carte de la Grèce de 1887

Table of contents
1 Repères historiques
2 Origines philosophiques
3 Bibliographie
4 Voir aussi
5 Liens externes

Repères historiques

Les premiers philosophes

L'origine de la philosophie est mal connue ; on considère généralement que le premier philosophe est Thalès de Milet. Mais ce philosophe de la nature était peut-être d'origine phénicienne, et son savoir laisserait donc supposer une tradition plus ancienne.

Ce qui est certain, c'est que la philosophie naît sous l'influence de la science égyptienne (géométrie), du savoir phénicien (arithmétique), et de courants religieux variés, venus par exemple de Mésopotamie et de l'Inde. Bien d'autres influences ont été supposées, mais il est dans l'ensemble très difficile de faire la part des choses. Il faut remarquer également que les premiers philosophes vivent en Ionie (Turquie), dans des cités maritimes. Le commerce, les échanges économiques et la mer ont suscité les premières réflexions de la culture grecque. À cela s'ajoute la naissance de la cité, unité politique où se définit un espace public d'exercice de la parole, de l'argumentation et de la persuasion.

Ce dernier aspect (Michel Meyer, dans son introduction à la Rhétorique d'Aristote) renvoie à la rhétorique : Corax, ministre du tyran de Syracuse, doit s'expliquer à la chute de celui-ci, puis enseigne la rhétorique qui lui a servi (460). Ses disciples sont Tisias, puis Gorgias. Cependant, cette étiologie n'a rien d'assuré et l'existence de Corax et de Tisias pourrait avoir été imaginée a posteriori, car la rhétorique a certainement été formée à une époque bien antérieure, comme on peut en voir la preuve chez Homère.

Ces premiers philosophes sont par convention nommés Présocratiques, et parfois Préplatoniciens : Thalès, Anaximandre, Anaximène, Pythagore, Parménide, Zénon d'Élée, Empédocle d'Agrigente, Héraclite, Leucippe et Démocrite, les Sophistes, etc. Ils vivent entre la fin du VIIe siècle et le milieu du Ve siècle, et certains sont contemporains de Socrate.

Socrate

Socrate représente un tournant dans l'histoire de la pensée. Son comportement dans la cité tranche avec l'attitude de ses prédécesseurs qui vivaient en sages citoyens ou se tenaient à l'écart. Mais Socrate interroge tout ceux qu'il rencontre dans la rue, pratiquant le dialogue et l'ironie qui dévoilent les prétentions des savants et des nobles Athéniens imbus de leurs connaissances et de leur tradition. « Je sais que je ne sais rien », voilà la machine de guerre de ce dialecticien habile, que l'on a pu considérer comme un sophiste (cf. Aristophane, Les Nuées). Socrate, délaissant les recherches physiques des Présocratiques, est l'inventeur de la philosophie morale ; il fut à l'origine de nombreux courants de pensée, et a influencé de nombreux Grecs de premier ordre, principalement Platon et le beau Alcibiade dont il était amoureux (voir le Banquet). Le Socrate de Platon ne ressemble pas au véritable Socrate : Platon le met parfois en scène dans des polémiques qu'il ne connaissait peut-être pas (dans le Philèbe entre autres exemples).

Platon

Si Platon a élaboré sa pensée à partir du cas de Socrate (au point de vue dialectique et morale), il semble par la suite s'opposer ouvertement à son maître qui finit par disparaitre dans ses œuvres de vieillesse, en particulier dans les Lois. L'importance du type du philosophe chez Platon semble en effet peu compatible avec l'ironie socratique. Retenons pour cette brève histoire des origines, que l'on peut considérer Platon comme le premier grand philosophe de l'histoire, dans la mesure où il s'efforce de faire du philosophe une autorité surhumaine qui tient sa légitimité de sa connaissance des Idées. Le philosophe platonicien prend ainsi une dimension considérable, puisqu'il prétend s'élever au-dessus des contingences de l'histoire et déjouer les illusions de l'expérience humaine, du trop humain. À ce titre, le philosophe devient un véritable maître et un roi légitime, législateur de la cité, assignant aux hommes leur fonction sociale en harmonie avec l'ordre divin du cosmos. Platon a ainsi inventé un nouveau type de philosophe, qui influencera toute l'histoire de la pensée jusqu'à nos jours. En effet, dans ses grandes lignes, la philosophie ultérieure n'est souvent qu'un long développement de cette idée que le philosophe est un législateur. Cette idée est reprise avec des intentions et des justifications variées, en théologie ou par quelques intellectuels contemporains par exemple.

Telles sont schématiquement les origines historiques de la philosophie ; on voit que ces origines dévoilent une partie de la nature de l'activité philosophique. Pour une introduction philosophique à cette histoire, lisez le livre A de la Métaphysique d'Aristote, qui contient une belle réfutation du platonisme.

Origines philosophiques

Mais il reste à comprendre les origines proprement philosophiques de la philosophie. Pour cela, il faut se souvenir de l'importance de l'étonnement chez Platon et Aristote.

L'étonnement (qu'il faut prendre en un sens fort : admiration, stupeur, etc.) suscite la vocation de chercheur de la vérité, car la pensée reste inquiète tant qu'elle n'a pas trouvé les causes et les principes des choses. D'où la définition antique de la philosophie, qui est la connaissance des causes et des réalités divines. Cette connaissance du sage doit conduire au bonheur. Le vécu philosophique prend donc sa source dans l'inquiètude de l'homme face au monde, quand il se pose des questions sur son existence ; la soif de connaître (philo-sophie) cherche alors un appaisement dans la science. La science est de ce fait une disposition « psychique », un habitus où l'esprit qui connaît se repose.

Dans le Phédon, Platon fait dire à Socrate que l'origine de cette inquiétude est la mort. La mort, parce qu'elle semble refuser que nous donnions une signification trop réelle à la vie, suscite tous les fantasmes et toutes les interrogations : peut-on savoir ce qui nous attend ? L'homme a-t-il une destination particulière dans l'au-delà ? Par exemple, pour Platon, il est nécessaire de supposer l'existence de réalités divines, car de telles réalités sont seules susceptibles de donner un fondement à la connaissance, à la morale et à l'espérance humaine. Ainsi la vie serait-elle privée de sens et de valeur si nous ne pouvions nous faire de telles réflexions.

Bibliographie

Voir aussi

Liens externes