Paul von Hindenburg
Paul Ludwig Hans Anton von Beneckendorff und von Hindenburg (1847 - 1934), chef d'état-major allemand dès 1916, devint président de la République de Weimar en 1925. Il fut réélu à ce poste en 1932 mais à la suite du succès électoral du parti national-socialiste, il n'eut d'autre solution, en 1933, que de nommer Hitler au poste de chancelier.
Issu de la noblesse brandebourgeoise, Hindenburg fit carrière dans l'armée prussienne et prit sa retraite avec le grade de général en 1912.
Rappelé en 1914, il redresse une situation difficile en battant les Russes à Tannenberg. Secondé par Erich Ludendorff, il succède à Erich von Falkenhayn à la tête de l'état-major général en août 1916. Ayant conclu un armistice avec la Roumanie, il se débarrasse de toute menace sur le front de l'est à la suite de la révolution russe de 1917. On sait aujourd'hui que ce sont ses services secrets qui ont financé Lénine.
Tournant ses efforts vers la France et les Balkans, il se heurte entre autres à Foch. En 1918, voyant sa défaite proche, il incite secrètement son gouvernement à négocier un armistice. C'est ce qui lui permettra de le dénoncer après la guerre comme un « coup de poignard dans le dos » comploté par la gauche.
En 1925, des élections le portent à la présidence de la République avec l'appui de l'ensemble des partis de droite. Il y succède à Friedrich Ebert.
Il est réélu de justesse en 1932 alors que le parti de Hitler fait une importante percée. Malgré son mépris pour ce « caporal bohémien », le maréchal Hindenburg ne peut résister longtemps à l'agitation qu'entretiennent les nazis et doit appeler Hitler à la chancellerie du Reich. Comme beaucoup, il mise sur l'épreuve du pouvoir pour disqualifier rapidement cet agitateur.
Cependant, il devient dès lors l'otage et la caution du régime naissant et ne peut ou ne veut s'opposer aux premières mesures contre la démocratie : interdiction des syndicats et des partis politiques.
La mort du maréchal Hindenburg en 1934 est l'occasion, lors de ses grandioses funérailles nationales à Tannenberg, de montrer la puissance nazie. Hitler s'empare aussitôt de tous les pouvoirs.