Pie X
Pie X, né Giuseppe Melchiore Sarto à Riese en Vénétie (alors en Autriche-Hongrie) le 2 juin 1835, mort le 20 août 1914 à Rome, pape du 4 août 1903 à sa mort.
Né dans une famille pauvre — son père est facteur et sa mère, couturière —, il reçut la tonsure en 1850 et entra au séminaire dePadoue. Il fut ordonné prêtre en 1858. Il devint vicaire de la paroisse de Tombolo, avant d'être nommé archiprêtre en 1897, puis chanoine de la cathédrale de Trévise en 1875. Parallèllement, il devint directeur spirituel du séminaire du diocèse. En 1884, il fut consacré évêque de Mantoue. Il effectua deux visites pastorales et organisa un synode diocésain, avant de devenir patriarche de Venise en 1893 et de recevoir la barette de cardinal-prêtre (pour la paroisse de San Bernardo alle Terme) lors d'un consistoire secret en juin 1893. Le gouvernement italien refusa d'abord son exequatur, sous prétexte que sa nomination avait été le fait du gouvernement austro-hongrois. Sarto dut attendre 18 mois avant de recevoir son nouveau diocèse.
À la mort de Léon XIII, son successeur considéré le plus probable était son secrétaire d'État le cardinal Rampolla. Lors du conclave, ouvert le 1er août 1903, le cardinal Puzyna, archevêque de Cracovie fit connaître le veto porté à l'élection de celui-ci par l'empereur d'Autriche. Certains souverains catholiques avaient en effet un droit d'exclusive. Rampolla ne fut donc pas élu, mais une des premières décisions de Pie X fut d'abolir cette pratique (constitution apostolique Commissum nobis). Le cardinal Sarto fut élu le 4 août par cinquante voix contre dix à Rampolla, et prit le nom de Pie X, en souvenir des papes du XIXe siècle qui « [avaient] courageusement lutté contre les sectes et les erreurs pullulantes ». Il fut couronné le 9 août.
Le nouveau pape avait pour particularité de n'avoir aucune expérience diplomatique, ni véritable formation universitaire. Il compensa toutefois ces handicaps en s'entourant de gens compétents, comme le cardinal Raffaele Merry del Val, âgé de 38 ans, polyglotte et directeur de l'Académie des nobles ecclésiastiques, dont Pie X fait son secrétaire d'État. Comme les futurs papes ex-patriarches de Venise, Jean XXIII et Jean-Paul Ier, Pie X était issu d'un milieu populaire. Il tenta de rester accessible, et fit aménager un appartement privé dans le palais des papes, pour préserver sa vie privée. Prenant le contre-pied de la politique de son prédecesseur, il afficha tout de suite une politique conservatrice.
En matière administrative, il se montra pourtant réformateur. Il confia à Mgr Gasparri une refonte du droit canonique, qui aboutira en 1917 à la promulgation d'un Code de droit canonique. Sur le plan financier, il réunit les revenus du denier de saint Pierre et ceux du patrimoine du Vatican, et fit acheter de nouveaux bâtiments. Surtout, il réforma l'organisation de la Curie romaine par la constitution Sapienti consilio du 29 juin 1908, supprimant des dicastères devenus inutiles, et en concentrant les prérogatives des différents organes.
Il dut faire face à la loi française de séparation de l'Église et de l'État, votée par le parlement, le 9 décembre 1905, dont les effets furent la saisie des biens du clergé, la dissolution des congrégations religieuses, et l'expulsion des centaines de milliers de religieux : enseignants, personnel des hospices, etc. En 1911, le concordat portugais prit pareillement fin. Pie X vint en aide également aux Indiens du Pérou et des autres pays voisins par la lettre Lamentabili, du 7 juin 1912.
Il fut canonisé par Pie XII en 1954.
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