Pline l'Ancien
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Gaius Plinius Secundus naquit en 23 à Côme et mourut en 79 à Stabies, près de Pompéi. Plus connu sous le nom de Pline l'Ancien, il fut un important auteur et naturaliste romain. Il écrivit notamment l
Pline est mort asphyxié en s'approchant trop près du Vésuve en éruption pour en faire l'observation scientifique.
Il était le fils d'un cavalier romain par la fille du sénateur Gaius Caecilius. Avant 35, son père l'emmena à Rome où il fut éduqué par l'ami de son père, le poète et général P. Pomponius Secundus, qui lui inspira un goût éternel pour l'apprentissage. Deux siècles après la mort de Gracchus, Pline vit certains de ses écrits dans la bibliothèque de son précepteur, et il écrivit plus tard la vie de ce précepteur.
Il mentionne les grammairiens et rhétoriciens, Remmius Palaemon et Arellius Fuscus dont il a sans doute été l'élève. A Rome, il a étudié la botanique au topiaire(jardin) d'Antonius Castor et il vit les anciens arbres-lotus sur les terrains qui avait appartenu auparavant à Crassus. Il a aussi vu ce qu'a bati Caligula, et a probablement assisté au triomphe de Claudius en Grande-Bretagne. Sous l'influence de Sénèque, il devint un étudiant passionné de philosophie et de rhétorique, et commenca à exercer la fonction d'avocat.
Il connut le service militaire sous Corbulo en Germanie en 47, participant à la conquête romaine des Chauci, tribu germanique du littoral Nord-Ouest, et la construction du canal entre le Rhin et la Meuse. En tant que jeune commandant de Cavalerie (praefectus atae), il rédigea dans ses quartiers d'hiver un essai sur l'usage des projectiles à dos de cheval (de jaculatione equestri) en prenant compte des atouts d'un bon cheval.
En Gaule et en Espagne, il apprit la signification d'un certain nombre de mots celtiques. Il nota les sites associés à l'invasion romaine en Germanie, et sur les lieux des victoires de Drusus, il rêva que le vainqueur lui enjoignait de transmettre ses exploits à la postérité (Plin. Epp. iii. 5, 4). Son rêve lui demandait de relater l'histoire de toutes les guerres entre les romains et les Germains.
Il accompagna vraissemblablement Pomponius, un ami de son père,en expédition contre les Chatti (50), et visita la Germanie pour la troisième fois en tant que compagnon du futur empereur Titus Flavius (Praef. § 3). Sous Néron, il vécut principalement à Rome. Il mentionne la carte d'Arménie et les abords de la mer Caspienne qui fut cédée à Rome par le personnel de Corbulo en 59 (vi. 40). Il assista aussi à la construction de la Domus Aurea de Néron après le grand incendie de 64 (xxxvi. 111).
Entretemps, il compléta les vingt livres de son Histoire des guerres germaniques, seul ouvrage de référence cité dans les six premiers livres des Annales de Tacite (1. 69). Cet ouvrage fut probablement une des principales sources de renseignement sur la Germanie jusqu'aux écrits de Tacite.
Il consacra beaucoup de son temps à des sujets relativement plus sûrs comme la grammaire et la réthorique. Studiosus, un travail détaillé sur la réthorique fut suivit des huit livres de Dubii sermonis (67).
Sous le règne de son ami Vespasien il retourna au service de l'état, comme procurateur en Gaule Narbonaise (70) et en Hispania Tarraconensis (73). Il visita aussi la Provincia Belgica (74). Durant son séjour en Espagne, il se familiarisa avec l'agriculture et les mines du pays en plus de visiter l'Afrique (vii. 37). A son retour en Italie, il accepta une charge auprès de Vespasien, qu'il consultait aux aurores avant de vaquer à ses occupations officielle. A la fin de son mandat, il consacra l'essentiel de son temps à ses études (Pun. Epp. iii. 5, 9).
Il compléta une Histoire de son Temps en 31 livres, s'étalant du règne de Néron jusqu'à celui de Vespasien, qu'il voulait ne laisser paraître qu'après sa mort (N. H., Praef. 20). Cet œuvre est citée par Tacite (Ann. xiii. 20, xv. 53; Hist. iii. 29), et a influencé Suétone and Plutarque.
Il termina quasiment son grand ouvrage Naturalis Historia, une encyclopédie dans laquelle Pline collecte beaucoup du savoir de son époque. Ce travail avait été planifié sous la direction de Néron. Les informations qu'il collecta à cette fin remplissaient pas moins de 160 volumes in 23, lorsque Larcius Licinus, le légat préteur d
Peu après, il fut nommé par Vespasien préfet de la flotte romaine à Misenum (Misène). Le 24 août 79 il se trouvait à Misène, lors de l'éruption du mont Vésuve qui ensevelit Pompéi et Herculanum. Voulant observer le phénomène au plus près et désirant sauver quelques uns de ses amis en difficulté sur les plages de la Baie de Naples, il partit avec ses galères traversant la baie jusqu'à Stabies (aujourd'hui Castellamare di Stabia), où il mourut à l'age de 56 ans. Son nom perdure en vulcanologie grâce au terme éruption plinienne qui désigne un éruption violente d'un volcan après une longue période d'inactivité. Le terme ultra-plinien est attribué aux éruptions les plus violentes comme celle du Krakatoa, Indonesia, en 1883.
L'histoire de ses dernières heures est relatée dans une intéressante lettre que son neveu et héritier, Pline le jeune, adresse 27 ans après les faits à Tacite (Epp. vi. 16). Il envoya aussi à un autre correspondant un compte-rendu des écrits et du mode de vie de son oncle (iii. 5) : « Il commençait à travailler bien avant la pointe de l'aube... Il ne lisait rien sans en faire de résumé ; il disait même qu'il n'existait aucun livre si mauvais soit il qui ne contienne quelque valeur. Au pays, seule l'heure du bain l'exemptait d'étudier. En voyage, lorsqu'il était déchargé d'autres obligations, il se consacrait uniquement à l'étude. En bref, il considérait comme perdu le temps qui n'était pas consacré à l'étude. »
Le seul fruit de son inlassable labeur qui persiste de nos jours est son Naturalis historia qui fut utilisée comme une référence pendant de nombreux siècles par d'innombrables élèves.
Comme beaucoup de gens cultivés du début de l'empire, Pline était adepte du Stoïcisme. Il était lié avec son plus noble représentant, Publius Clodius Thrasea Paetus, et subissait aussi l'influence de Sénèque. Ce Stoïcien, qui s'adonnait à l'étude de la nature, et dont la morale lui enseignait d'être agréable avec les autres, chercha sans cesse, dans son œuvre littéraire, à être bénéfique et à instruire ses contemporains (Praef. 16, xxviii. 2, xxix. I).
Il fut aussi influencé par l'Épicurisme, l'Académisme et la renaissante école Pythagoricienne. Mais sa vision de la nature et des dieux reste essentiellement Stoïque. Selon lui, c'est la faiblesse de l'humanité qui a enfermé la déité sous des formes humaines entâchées de fautes et de vices (ii. 148). La divinté est réelle; c'est l'âme du monde éternel, dipensant sa bienfaisance tant sur terre que sur le soleil et les étoiles (ii. 12 seq., 154 seq.). L'existence de la divine Providence était incertaine (ii. 19), mais la croyance en son existence et à la punition des méfaits était salutaire (ii. 26); et la récompense de la vertu consistait en l'élévation à la divinité de ceux qui resemblait à un dieu en faisant le bien pour l'humanité (ii. 18, Deus est mortali juvare mortalem, et haec ad aeternam gloriam via). Il était mauvais de s'enquérir du futur et de violenter la nature en ayant recours aux arts de la magie (ii. 114, xxx. 3); mais l'importance des prodiges et des présagesnest pas rejetée (ii. 92, 199, 232).
La vision que Pline a de la vie est sombre; il voit la race humaine plongée dans la ruine et la misère (ii. 24, vii. 130). Contre le luxe et la corruption morale, il se livre aux déclamations, qui sont si féquentes (comme celles de Sénèque) qu'elles finissent par lasser le lecteur; et sa réthorique fleurit pratiquement contre des inventions utiles (c comme l'art de la navigation) dans l'attente du bon sens et du goût (xix. 6).
Avec l'esprit de fièreté nationale du romain, il combine l'admiration des vertus qui ont mené la république à sa grandeur(xvi. 14, xxvii. 3, xxxvii. 201). Il n'élude pas les faits historiques défavorables à Rome (xxxiv. 139), et même s'il honnore les membres éminents des maisons romaines distinguées, il est libre de l'indue partialité de Tite Live pour l'aristocratie. Les classes agricoles et les vieux seigneurs de la classe équestre (Cincinnatus, Curius Dentatus, Serranus et Caton l'ancien) lont pour lui les pilliers de l'état; et il se lamente amèrement du déclin de l'agriculture en Italie(xviii. 21 and 35, latifundia perdidere Italiam). De même, pour l'Histoire des débuts de Rome, il préfère suivre les auteurs pré-Augustéens; cependant il voit le pouvoir imperial comme indispensable au gouvernement de l'empire, et il salue le salutaris exortus de Vespasien (xxxiii. 51).
A la fin des ses travaux littéraires, en tant que seul Romain à avoir choisi comme thème l'entièreté du monde de la nature, il implore la bénédiction de la mère universelle sur tout son travail.
En littérature il attribue la plus haute place à Homère et à Cicéron (xvii. 37 seq.); vient en second lieu Virgile.
Il voue un profond intérêt à la nature et aux science naturelles, les étudiant comme jamais elles ne furent abordées par le mondes romain. Malgré le peu d'estime que l'on portait à l'époque à ce genre d'études, il s'est toujours efforcé d'être au service de ses concitoyens (xxii. 15).
L'envergure de son œuvre est vaste et complète, n'étant rien de moins qu'une encyclopédie de toutes les connaissances et les arts tant qu'ils sont liés à la nature ou qu'ils en tirent leurs matériaux. Dans ce but, il étudia les autorités dans chacun de ces sujets et ne manquait pas d'en citer des extraits. Ses indices auctorum sont dans certains cas, les autorités qu'il a lui-même consultées (bien que cela ne soit pas exhaustif), parfois ces noms représentent les auteurs principaux sur le sujet, qui ne sont connus que de seconde main. Il reconnaît franchement ses obligations à tous ses prédécesseurs dans une phrase qui mérite d'être proverbiale (Praef. 21, plenum ingenni pudoris fateri per quos profeceris). Il n'avait pas en revance le tempérament ou le loisir d'aller enquêter lui-même.
Il est évident que quelqu'un qui passait tout son temps à lire, écrire et compulser des extraits de ses prédécesseurs, n'en avait plus pour une pensée indépendante ou pour une observation expérimentale patiente des phénomènes naturels. Mais on ne doit pas oublier que c'est sa curiosité scientifique pour les phénomènes de l'éruption du Vésuve qui amenèrent sa vie d'étude infatigable à sa fin prématurée, et toute critique de ses défauts d'omission est désarmée par la candeur de sa confession dans sa préface : nec dubitamus multa esse quae et nos praeterierint; homines enim sumus et occupati officiis.
Son style trahit une influence de Sénèque. Il vise moins la clarté qu'à l'épigramme. Il est plein d'antithèses, de questions, d'exclamations, de tropes, de métaphores et d'autres maniérismes de l'époque julio-claudienne. La forme rythmique et artistique de la phrase est sacrifié pour une passion de l'emphase qui attend de parler du sujet à la fin de période. La structure de la phrase est aussi souvent erratique et décousu. Il y a une utilisation excessive de l'ablatif absolu et des phrases à l'ablatif sont son souvent mises en apposition pour exprimer l'opinion de l'auteur sur un énoncé qui précède immédiatement, par exemple : xxxv. 8o, dixit (Apelles) ... uno se praestare, quod manum de tabula sciret tollere, memorabili praecepto nocere saepe nimiam diligentiam.
Vers le milieu du IIIe siècle, un résumé des parties géographiques de l'œuvre de Pline fut produit par Solinus, et au début du IVe siècle, les passages médicaux furent réunies dans les Medicina Plinii. Au début du VIIIe siècle, Bède le Vénérable possédait un manuscript de toute l'œuvre. Au IXe siècle, Alcuin envoya à sends to Charlemagne un exemplaire des premiers livres (Epp. 103, Jaffé); et Dicuil réunit des extraits des pages de Pline pour sa Mensura orbis terrae (c. 825).
Les travaux de Pline étaient tenu en grande estime au Moyen Âge. Le nombre de manuscrits restants est d'environ 200, mais le plus intéressant d'entre les plus anciens, celui de Bamberg, ne contient que les livres xxxii à xxxvii. Robert de Cricklade, supérieur de St Frideswide à Oxford, adressa au roi Henry II un Defloratio contenant neuf volumes de sélections prises d'un des manuscrits de cette classe, et qui a récemment été reconnu comme nous donnant parfois la seule indication valable du texte initial. Parmi les manuscrits plus anciens, les codex Vesontinus, jadis à Besançon (XIe siècle), a été séparé en trois parties, désormais une à Rome, une à Paris et la dernière à Leiden (où il existe aussi une transcription du manuscrit total).
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