The Réchauffement global reference article from the French Wikipedia on 27-Jul-2004
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Réchauffement global

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On parle de réchauffement global lorsque la température moyenne sur plusieurs années des océans et de l'atmosphère augmente à l'échelle de notre planète.

Dans son acception commune, ce terme est appliqué au réchauffement climatique; Il est admis par la majorité des scientifiques (2003) qu'il existe actuellement un phénomène de réchauffement global, perçu depuis les années 1990. Cependant, les hypothèses expliquant ce réchauffement sont controversées. Certains soutiennent que le réchauffement observé n'est que la conséquence de phénomènes naturels (telles que fluctuations de l'activité solaire), alors que d'autres soutiennent le role important des activités humaines (forçage anthropique) (par exemple, l'influence de l'augmentation des gaz à effet de serre d'origine anthropique dans l'atmosphère). Les perspectives en terme d'amplitude thermique sont également controversés, la plupart des hypothèses faisant état d'une augmentation entre 2 et 6°C d'ici à 50 ans.

Certains préfèrent utiliser le terme de variation climatique, qui insiste sur la périodicité des fluctuations climatiques de grande amplitude et de longue durée.

Table of contents
1 Evolution historique des températures
2 Evolution actuelle et prédictions
3 La controverse : les principales causes
4 Conséquences du réchauffement global
5 Mesures en réponse au réchauffement global
6 Voir aussi
7 Liens externes

Evolution historique des températures

Les climatologues s'accordent sur le fait que la Terre a traversé plusieurs cycles de réchauffement et de refroidissement global durant les 20 000 dernières années.

Venant s'ajouter à la controverse actuelle, des observations faites durant les 15 dernières années indiquent que le système climatique terrestre est intrinsèquement non-linéaire et instable.


Evolution actuelle et prédictions

Le GIEC, l'autorité la plus reconnue sur le sujet, a estimé que la température de surface moyenne s'est accrue de 0,6°C depuis le XIXe siècle. Cet accroissement serait plus sensible dans les zones de forte population humaine.

Des incertitudes considérables existent à propos de l'importance du réchauffement.

Le GIEC (GIEC/IPCC, voir ci-dessous), prédit une augmentation probable de 1,5°C à 7°C durant le XXIe siècle.

Cette conclusion dépend de la précision des modèles utilisés et de l'estimation correcte des facteurs externes. La majorité des scientifiques s'accordent sur le fait que certaines données climatiques d'importance ne sont pas estimées correctement par les modèles numériques climatiques. Néanmoins, ils pensent aussi que des modèles plus réalistes sont peu susceptibles de modifier leurs conclusions (voir graphique). (Source: IPCC)

À contrario, les voix critiques insistent sur les défauts des modèles et affirment que des facteurs externes non pris en considération pourraient modifier ces conclusions. Dans l'ouvrage The Skeptical Environmentalist, il est rapporté que certains critiques indiquent que les simulations climatiques sont incapables de modéliser l'effet de refroidissement par évaporation des océans, ou même de modéliser les nuages. Ils affirment aussi que les effets du rayonnement solaire sont sous-estimés par la plus grande partie de la communauté scientifique et par les modèles numériques.

Les modèles d'étude du climat nécessitent la collecte de données sur les émissions de gaz à effet de serre et d'aérosols d'origine humaine. Ces données sont elles-mêmes prédites par des modèles économiques basés sur 35 scénarios différents. Ces scénarios vont du pessimisme à l'optimisme, et les prédictions du réchauffement global dépendent du type de scénario considéré. Aucun de ces scénarios ne tient compte d'éventuelles mesures destinées à éviter le réchauffement global.
Les modèles utilisés sont basés sur les mesures de température de surface, mais essayent de prédire la température de la troposphère entière, pas seulement les températures de surface.

Toutefois, un rapport de la NASA de 1998, l'agence spatiale américaine, se basant sur des mesures effectuées par satellite et par ballons, met en doute la validité des modèles en haute atmosphère. Malgré cela, les experts du GIEC considèrent que les modèles actuels sont suffisants pour prédire les températures de surface et que celles-ci sont significatives, du fait que ce sont les températures de surface qui ont l'effet le plus important et le plus direct sur l'environnement, l'agriculture et la stabilité des calottes polaires.


Les prédictions du GIEC sont basées sur les mêmes modèles que ceux qui sont utilisés pour établir l'importance des différents facteurs du réchauffement global.

Dans son dernier rapport, le GIEC prévoit un réchauffement de 1,4 à 5,8°C sur la période 1990-2100, et une montée moyenne des océans de 0,1 à 0,9 mètre sur la même période. Ces prédictions sont considérées comme les meilleures prédictions actuelles, mais sont toujours sujettes à des réajustements ou à des remises en cause au fur et à mesure des avancées scientifiques. L'IPCC admet qu'il est nécessaire d'obtenir des modèles plus réalistes et une meilleure compréhension des phénomènes climatiques, ainsi que des incertitudes associées.

La controverse : les principales causes

Les modèles peuvent aussi être utilisés pour estimer l'importance relative des divers facteurs naturels et humains.

Les causes du réchauffement global ne sont généralement pas sujettes à controverses. Ce qui est plus discuté est la contribution relative de chacune des causes possibles. Parmi celles-ci on peut citer :

  1. la rétention de la chaleur par l'atmosphère, amplifiée par les gaz à effet de serre ;
  2. les fluctuations de l'activité solaire ;
  3. la réflectivité de la surface terrestre qui est modifiée par la déforestation ;
  4. ...

Certaines de ces causes sont d'origine humaine, comme la déforestation. D'autres sont naturelles, comme l'activité solaire. Enfin, l'effet de serre inclut à la fois des causes humaines, comme la combustion de sources d'énergie fossiles, et des causes naturelles, comme les émissions volcaniques.

Des simulations climatiques montrent que le réchauffement qui a eu lieu de 1910 à 1945 peut être expliqué par les seules variations du rayonnement solaire (voir changement climatique).

La plupart des modèles montrent qu'il faut tenir compte de l'émission de gaz à effet de serre d'origine humaine, qui pourrait partiellement expliquer le réchauffement observé entre 1976 et 2000. Dans son rapport de 2001, le GIEC, l'organisation scientifique sur le changement de climat de l'ONU, conclut que les gaz à effet de serre anthropogéniques "jouent un rôle important dans le réchauffement global".


Selon The Skeptical Environmentalist, la part du réchauffement global due au forçage anthropique pourrait s'avérer plus faible que prévu.

L'effet de serre

L' effet de serre est le piégeage d'une fraction du rayonnement solaire par l'atmosphère terrestre, en particulier par les gaz à effet de serre, accroissant la température en surface ou à faible altitude. L'effet de serre est un phénomène naturel. On estime que sans cet effet, la température de surface serait en moyenne entre 14 et 36°C plus froide.

La quantité de gaz à effet de serre a augmenté ces dernières années, et nombre de scientifiques pensent que l'effet de serre est la cause principale du réchauffement global actuel.

Les fluctuations de l'activité solaire

En 1991, Knud Lassen de l'Institut Danois de Météorologie de Copenhague et son collègue Eigil Friis-Christensen ont trouvé une forte corrélation entre la longueur du cycle solaire et les changements de température dans l'hémisphère Nord. Au départ, ils avaient inclus les taches solaires et les mesures de températures relevées entre 1861 et 1989, mais s'aperçurent plus tard que des enregistrements datant de quatre siècles supportaient leur découverte. Cette corrélation permettait d'expliquer 80% des variations de température durant la période considérée (voir graphique). Sallie Baliunas, une astronome du centre d'astrophysique de la Harvard-Smithsonian Institution, fut l'une des plus ardentes supportrices de la théorie que l'activité solaire « peut expliquer les changements majeurs du climat dans les 300 dernières années, en particulier le réchauffement global actuel ».

Cependant, dans l'édition du 6 mai 2000 du magazine américain "New Scientist", Lassen et l'astrophysicien Peter Thejll, complétant l'étude de 1991 avec de nouvelles données, conclurent que bien que le cycle solaire puisse expliquer environ la moitié de l'accroissement en température observé depuis 1900, il ne pouvait en aucune manière expliquer l'accroissement de 0,4°C depuis 1980.

Plus tard dans la même année, Peter Stott et d'autres chercheurs du centre Hadley du Royaume-uni ont publié un article portant sur le modèle de simulation numérique le plus complet jamais réalisé sur le XXe siècle. Leur étude comprenait à la fois les agents de forçage naturels (variations solaires et émissions volcaniques) et le forçage anthropique (gaz à effet de serre et sulfates sous formes d'aérosols). A l'instar de Lassen et de Thejll, ils trouvèrent que les facteurs naturels expliquaient un réchauffement graduel jusqu'en 1960, suivi d'un retour à des températures proches de celles de la fin du XIXe siècle, en accord avec le changement graduel du forçage solaire au cours du XXe siècle et de l'activité volcanique des dernières décennies. Ces facteurs seuls étaient incapables d'expliquer le réchauffement des dernières décennies. De façon similaire, le forçage anthropique seul ne pouvait expliquer le réchauffement de la période 1910-1945, mais se révélait nécessaire pour simuler le réchauffement depuis 1976. Cependant, en combinant tous ces facteurs intervenants, l'équipe de Stott fut en mesure de simuler précisément les changements de températures globaux au cours du XXe siècle. Ils prédirent que l'émission continue de gaz à effets de serre causerait des montées de température futures « à un rythme similaire à celui qu'on a pu observer durant les dernières décennies.» [1] Un graphique de la relation entre les facteurs naturels et anthropiques contribuant au changement de climat est reproduite sur le rapport Climate Change 2001: The Scientific Basis du GIEC.

Conséquences du réchauffement global

Des observations faites ces dernières années indiquent que le réchauffement global pourrait provoquer des changements climatiques importants. La circulation des océans, phénomène qui semble être la clé de telles variations, subit une phase de ralentissement que les océanographes estiment inquiétante, liée à une diminution de la salinité des eaux de l'Atlantique Nord. L'Académie des Sciences américaine note, dans un rapport de 2002 : « il est important de ne pas adopter d'attitude fataliste en face des menaces posées par le changement de climat. (...) Les sociétés ont dû faire face à des changements du climat graduels ou abrupts durant des millénaires et ont su s'adapter grâce à des réactions diverses, telles que s'abriter, développer l'irrigation ou migrer vers des régions plus hospitalières. Néanmoins, parce que le changement du climat est destiné à continuer dans les prochaines décennies, dénier la possibilité d'événements climatiques abrupts ou minimiser leur impact dans le passé pourrait s'avérer coûteux. ».


Nombre de chercheurs prédisent des conséquences désastreuses en cas d'un réchauffement de 1,5 à 7°C.


Si le réchauffement continue au rythme actuel, il peut en résulter des modifications de la circulation des océans, un changement du climat catastrophique, une perte de biodiversité et des dommages irréversibles sur l'agriculture dans les écorégions les plus affectées. Dans certaines régions, comme l'Europe de l'Ouest et le Bangladesh, les dommages pourraient se révéler extrêmes, à cause de la perte du réchauffement par le Gulf-stream et la montée des océans au niveau mondial respectivement. On redoute aussi des apparitions plus fréquentes de phénomènes climatiques destructifs, et les experts en risque des compagnies d'assurance ont exprimé leurs craintes, demandant que soit appliqué à ce sujet le principe de précaution. Des estimations reconnues par le GIEC et par certains groupements d'assurance élèvent à 3,5 milliards le nombre de personnes qui pourraient être touchées par des pandémies, la disparition de sources d'eau potable et d'autres impacts possibles.

D'autre part, de nombreuses organisations publiques et gouvernementales craignent des effets potentiels négatifs sur l'environnement et l'agriculture.

Ces problèmes sont eux-mêmes matière à des controverses considérables. D'un coté, les groupes environnementalistes mettent l'accent sur les dangers possibles du réchauffement global, tandis que de l'autre, les groupes de pression industriels mettent en doute les modèles climatiques et les conséquences du réchauffement global - et rémunèrent certains scientifiques (tels que Sallie Baliunas) dans ce but.

A cause des effets potentiels sur la santé publique et sur l'économie, le réchauffement global provoque l'inquiétude. Des changements environnementaux importants ont pu être reliés au phénomène du réchauffement global. Les conséquences constatées (régression du manteau neigeux, montée des océans, changements météorologiques) peuvent influencer non seulement l'activité humaine, mais aussi l'écosystème. Dans un scénario où le réchauffement continuerait, certaines espèces seraient contraintes de migrer vers d'autres habitats (avec une possible extinction), tandis que d'autres pourraient s'étendre au-delà de leur habitat d'origine. Peu d'écorégions terrestres resteraient indemnes.

Une autre source d'inquiétude est la montée du niveau océanique. L'accroissement observé est de 1 à 2 centimètres par décade, et certaines îles de l'Océan Pacifique ou de l'Océan Indien s'inquiètent d'une montée continuelle des eaux, qui pourrait à terme les submerger complètement. Le niveau monte actuellement essentiellement à cause de l'expansion volumique de l'eau avec la chaleur, mais certains scientifiques craignent la fonte des calottes polaires et des glaciers. Dans une telle éventualité, le niveau moyen des océans s'éléverait de plusieurs mètres. Cependant, pour tempérer ces craintes, la communauté des scientifiques ne s'attend pas à une fonte majeure des neiges dans les 100 prochaines années. (Données: GIEC) Certaines recherches tendraient à montrer une corrélation négative entre le niveau des eaux et la température globale : l'eau s'évaporerait plus vite qu'elle ne prendrait du volume par expansion calorifique. (Source: Science and Environmental Policy Project)

L'accroissement de l'évaporation devrait augmenter la pluviosité et l'érosion des sols. De plus, nombreux sont ceux qui redoutent des phénomènes climatiques plus extrêmes au fur et à mesure que le réchauffement progresse.

D'autres effets moins évidents doivent aussi être pris en compte. Le courant sous-marin de l'Atlantique Nord semble s'atténuer au fur et à mesure de la montée de la température. A terme, cela signifie que des régions comme la Scandinavie et la Grande-Bretagne devraient faire face à un climat plus froid en dépit du réchauffement moyen global.

Cependant, le réchauffement global ne pourrait pas avoir que des effets négatifs dans tous les pays, car un accroissement de la concentration de CO2 dans l'atmosphère et des températures pourrait améliorer la productivité des écosystèmes. Des données satellitaires montrent que la productivité de l'hémisphère Nord a augmenté depuis 1982. D'un autre coté, une augmentation de la biomasse produite n'est pas nécessairement bénéfique, car la biodiversité risque de diminuer même si un nombre restreint d'espèces se développe largement. D'un point de vue économique, une augmentation de la biomasse totale mais une baisse des espèces cultivées serait un net désavantage. De plus, les modèles du GIEC prédisent qu'un taux de CO2 ne bénéficierait aux floraisons que jusqu'à un certains point; au-delà, il n'y aurait plus d'effet de compensation grâce à une augmentation de la biomasse.

Mesures en réponse au réchauffement global


Les gouvernements ont besoin de prédictions des tendances globales afin de pouvoir prendre des décisions politiques nécessaires à éviter des impacts indésirables.
Le réchauffement global est étudié par de nombreux experts, et en particulier au niveau mondial, par le Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC), Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) en anglais. Les rapports fournis par le GIEC/IPCC sont à la base de nombreuses discussions scientifiques et politiques.

La prédiction d'augmentation de température de 1,5°C à 7°C pour le siècle à venir, pourrait être ramenée à des valeurs inférieures à condition que des mesures environnementales sévères soient prises.

Le protocole de Kyoto

La Convention sur le changement de Climat des Nations Unies (UNFCC) établit un plan de développement international en réponse au prolème du réchauffement global. 181 pays ont ratifié l'UNFCC, parmi lesquels toutes les nations industrialisées. L'UNFCC n'inclut cependant pas d'objectifs de réduction des émissions.

Le protocole de Kyoto propose de limiter les gaz à effet de serre dans les pays développés. Il a été ratifié par 104 pays, qui représentent 49,3% des émissions. Les pays développés doivent limiter leurs rejets, en moyenne, à 5,2% au-dessous du niveau de 1990 : 29% au-dessous des estimations prévues pour 2010 avant les accords de Kyoto. Les limites vont d'une réductionde 8% pour l'Union Européenne à une possibilité d'augmentation de 10% pour l'Islande. Malgré de sérieuses oppositions, des pays en voie de développement fortement contributeurs aux émissions comme l'Inde et la Chine sont exemptés de réductions jusqu'à ce qu'ils soient considérés comme suffisamment industrialisés.

Le protocole de Kyoto ne prendra pas effet avant d'être ratifié par les pays responsables d'au moins 55% des émissions. Cela peut se faire si la Russie décide de le ratifier. Les États-Unis d'Amérique, responsables d'un tiers des émissions de gaz à effet de serre, ont signé le protocole, mais se refusent à le ratifier.

S'opposant à toute mesure contre le réchauffement gloval, les partisans des énergies fossiles prétendent que réguler les industries énergétiques pour prévenir une catastrophe écologique majeure n'a pas de "économiquement insensé", et que les économies en bonne santé peuvent financer des "solutions innovantes" technologiquement. Le président américain George Walker Bush a repris cet argument pour rejeter le protocole de Kyoto. Bush n'a pas rejeté les arguments scientifiques, mais a défendu la thèse que le rejet des gaz à effets de serre devait être l'objet d'un autocontrôle volontaire de la part des industries. De nombreux états des États-Unis d'Amérique ont néanmoins pris des mesures de restriction sur les gaz à effet de serre, rejetant cet argument purement idéologique.

Voir aussi

Liens externes