Serbo-croate
Le serbo-croate ou croato-serbe (Srpsko-Hrvatski ou Hrvatsko-Srpski) était la dénomination utilisée par certains d'une langue indo-européenne (certains parlent d'un diasystème), faisant partie du groupe méridional des langues slaves. Il regroupait à l'origine (seconde moitié du XIXe siècle) le serbe et le croate principales langues de la Serbie, de la Croatie, mais aussi de la Bosnie-Herzégovine et du Monténégro, largement parlé et surtout compris encore aujoiurd'hui dans les autres anciennes républiques yougoslaves, République de Macédoine et Slovénie. Les inventeurs du concept avaient proposé pour certains le terme illyrien, rejeté par les Serbes. Le dialecte de référence pour la langue écrite était le štokavien parfois orthographié en français chtokavien, qui compte trois variantes : ijekavien (né en Herzégovine et largement répandu en Croatie, Monténégro et Serbie occidentale), ekavien (en Serbie et Slavonie orientale) et ikavien (moins présent). Les deux autres dialectes sont le kajkavien ou kaïkavien (au Nord de Zagreb : dans le Zagorje) et tchakavien čakavien (sur la côte adriatique, en Istrie et Dalmatie). Ces dialectes sont ainsi dénommés par référence à la forme prise par le pronom interrogatif quoi : kaj (kaï), ča (tcha) et što (chto). Il y a actuellement trois langues officielles aux instances de régulation spécifiques, le croate, le serbe et le bosnien, qui correspondent à des versions différentes. Le croate officiel rejette beaucoup d'emprunts pour reprendre des termes fixés au XIXe siècle, alors que le serbe a plus souvent recours à des termes « internationaux ». Le croate et le bosnien s'écrivent exclusivement avec l'alphabet latin alors que le serbe utilise majoritairement l'alphabet cyrillique. Il y a aussi d'autres différences plus ou moins importantes, telles l'accent, les mouillures et le vocabulaire.
Une discussion vive a lieu actuellement au Monténégro sur le nom à donner à la langue officielle : serbe (partisans du maintien des liens avec la Serbie) ou monténégrin (partisans d'une adhésion directe à l'Europe qui écrivent en caractère latin).
Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie appelle cette langue BCS (bosno-croato-serbe) et la considère comme la langue principale de toutes les parties bosniaques, serbes et croates.
Elle est aussi parlé par des minorités bosniaques, croates et serbes en Autriche, Hongrie et en Roumanie, ainsi qu'en émigration (Allemagne, Australie, Canada, États-Unis).
C'est une langue hautement flexionnelle. Il y a sept cas pour les noms et les adjectifs : nominatif, génitif, datif, accusatif, vocatif, locatif et instrumental.
- remarque : le terme bosnien (bosanski) renvoie à l'État de Bosnie-Herzégovine, le terme bosniaque (bosnjacki) renvoie à la communauté musulmane, une des trois composantes de cet État.