The Situationniste reference article from the French Wikipedia on 27-Jul-2004
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Situationniste

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L'Internationale situationniste (ou I.S.) était un mouvement révolutionnaire moderne désireux de dépasser la société de classes en tant que système oppressif et de combattre le système idéologique de la civilisation occidentale : la modernité. Il était directement issu des différents mouvements révolutionnaires apparus depuis le XVIIIème siècle, notamment de la pensée marxiste d'Anton Pannekoek et de Georg Lukacs et du communisme de conseil. L'Internationale Situationniste était donc un groupe d' ultra-gauche, héritier de Socialisme ou Barbarie, du surréalisme, de Rosa Luxemburg, du dadaïsme, et bien sûr du marxisme.

Ce mouvement, créé formellement en 1957, est né au sein d'un autre mouvement contestataire des années 1950 : l'Internationale lettriste, les fondateurs de l'I.S. (notamment Guy Debord) lui reprochant son insuffisance. L'IS est le produit de la fusion de l'Internationale lettriste, du Mouvement International pour un Bauhaus Imaginiste, et du Comité Psychogéographique de Londres. L'une des principales caractéristiques des idées situationnistes est la libération des conditions historiques pour une réappropriation du réel, et ce dans tous les domaines, à commencer par les représentations artistiques.

Table of contents
1 Théorie situationniste
2 Revue
3 Citations situationnistes
4 Membres de l'Internationale situationniste
5 Bibliographie
6 Liens internes
7 Liens externes

Théorie situationniste

Le projet situationniste est un programme marxiste libertaire reposant sur "la réalisation de la philosophie", conçue comme un projet historique. Ce projet repose sur :


La révolution de la vie quotidienne ne peut se faire que dans le cadre de l'autogestion généralisée, sur des bases égalitaires, et en supprimant les rapports marchands. Elle s'appuit sur plusieurs idées :

Pour décrire le capitalisme moderne, Guy Debord utilise le concept de "spectacle". Ce concept a plusieurs significations. Le spectacle est avant tout l'appareil de propagande du pouvoir capitaliste mais c'est aussi un rapport social médiatisé par des images. Le spectacle est la religion de la marchandise : il apparaît avec la société de consommation, dans les années 30. Guy Debord distingue deux formes de spectacle : le spectaculaire concentré des sociétés totalitaires (capitalisme d'État) et le spectaculaire diffus des sociétés libérales. Alors qu'en URSS et dans les pays de l'est le spectacle se concentre sur la personne du dictateur (Staline puis Khroutchev puis Brejnev), dans les sociétés libérales occidentales le spectacle se présente de manière diffuse sous la forme de marchandises qui contiennent en elles-mêmes toute la propagande de l'idéologie capitaliste. Guy Debord observe que dans les années 1980 les deux formes de spectacle ont fusionné sous la forme du "spectaculaire intégré" : désormais, le spectacle n'est plus seulement dans les marchandises ou dans la simple propagande du pouvoir. Désormais, le spectacle est présent partout, il a conquis tous les rapports sociaux, puisque désormais tous les rapports sociaux tendent à devenir des rapports marchands. Au-delà même des rapports sociaux, le spectaculaire intégré est présent dans l'architecture, la géographie, le paysage, les consciences, et même la nature ( pollutions diverses, radioactivité, réchauffement climatique, organismes génétiquement modifiés).


Revue

L'Internationale situationniste fût également une revue dirigée par
Guy Debord, Mohamed Dahoiu, Giuseppe Pinot-Gallizio, Maurice Wyckaert,Constant, Asger Jorn, Hlemout Sturm, Attila Kotanyi, Jørgen Nash, Uwe Lausen, Raoul Vaneigem, Michèle Bernstein, Jeppesen Victor Martin, Jan Stijbosch, Alexander Trocchi, Théo Frey, Mustapha Khayati, Donald Nicholson-Smith, René Riesel et René Viénet. 12 numéros furent publiés entre 1958 et 1969. Il était un terrain d'expérimentation discursif et également moyen de propagations des idées.

L'I.S. a largement influencé le mouvement révolutionnaire. Elle a participé activement au mouvement des occupations lors de la grève générale de mai 1968. Bien qu'officiellement disparue, l'Internationale situationniste est aujourd'hui un mouvement largement étudié du fait de son importance dans l'histoire de la pensée de la politique (c'est-à-dire la philosophie) et dans l'histoire des théories artistiques ainsi que par l'indéniable contemporanéité de son discours critique. Aujourd'hui, de nombreux conseillistes continuent à se dire situationnistes. Certains pensent cependant qu'il est abusif de se déclarer aujourd'hui situationniste car cela reviendrait à une récupération du mouvement, dénoncée dès l'origine. Pourtant, les membres de l'IS disaient eux-mêmes que leur pensée et leur pratique étaient faites pour être réappropriées par chacun : la théorie situationniste n'appartient à personne. Les situationnistes ne reconnaissent pas la propriété intellectuelle : dans ce sens, n'importe qui pourra toujours se dire situationniste, à condition bien sûr de critiquer l'IS. Car un situationniste qui ne critiquerait pas les situationnistes n'en serait pas un : là réside la différence entre les situationnistes et ceux qu'ils dénonçaient eux-mêmes sous le terme de "pro-situs" (les adeptes de l'idéologie figés dans le "situationnisme"). En effet, le concept de "situationnisme" a toujours été dénoncé par les situationnistes, puisqu'il sous-entend l'existence d'une idéologie situationniste avec ses dogmes et sa doctrine, ce qui est le contraire de la théorie situationniste, qui repose sur la critique permanente et le dépassement. En 1972, l'IS était devenue une forme d'organisation à dépasser, elle avait achevé son rôle historique. Les membres de l'IS ont donc décidé de dissoudre leur organisation cette année là. En 1974, des anciens membres de l'IS ont alors créé l'Antinationale situationniste.

Depuis les années 1970, les thèses situationnistes ont été critiquées par le reste de l' ultra-gauche. Cette critique dénonce plusieurs aspects du discours et des pratiques des situationnistes, notamment leur élitisme et leur moralisme supposés.

On a voulu également faire passer, avec une remarquable mauvaise foi, les situationnistes pour des tenants de théories du complot : Guy Debord et Gianfranco Sanguinetti sont censés avoir cru que les Brigades Rouges étaient carrément une filiale des services secrets de l'État italien, alors que les lettres qu'ils échangent ne font qu'exprimer des doutes sur l'autonomie réelle du groupe qui a perpétré et l'enlèvement et le meurtre d'Aldo Moro ; ils sont également censés avoir professé que le SIDA (syndrome d'immuno-déficience acquise) n'existait pas et qu'il était qu'une invention de la CIA pour briser l'émancipation sexuelle des populations ; mais, là aussi, au regard des faits, cela est faux : Debord a été l'un des seuls à soutenir le Temps du sida, un livre de Michel Bounan qui ne nie absolument pas la réalité du SIDA mais le relie aux conditions de vie exécrables qui régissent le monde moderne, sans chercher à placer là-encore, derrière, un complot étatique ou sous-étatique ; de plus il a soutenu les premiers mouvements Act-up. On le voit donc, cette manière de "critique" du situationnisme est, à proprement parler, de la désinformation : il s'agit de déformer un discours pour le rendre outrancier, et donc inacceptable.

Citations situationnistes

Membres de l'Internationale situationniste

=Annexes=

Bibliographie

Liens internes

ultra-gauche,
extrême gauche, marxisme, surréalisme, dadaïsme, communisme, socialisme, mouvements révolutionnaires, gauche, parti politique, mouvements politiques, Idées politiques, politique, histoire, philosophie.

Liens externes