The Timée reference article from the French Wikipedia on 27-Jul-2004
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Timée

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Cet article fait partie de la série
Les dialogues de Platon
Premiers dialogues
Second Alcibiade
Hippias mineur
Premier Alcibiade
Euthyphron
Lachès - Charmide
Lysis - Hippias Majeur
Ion
Protagoras - Euthydème
Gorgias - Ménexène
Ménon
Apologie de Socrate
Criton - Cratyle
Phédon - Le Banquet
La République - Phèdre (dialogue de Platon)>Phèdre
Les grands dialogues
Parménide
Le Sophiste - Philèbe
Le Politique - Timée
Critias - Les Lois
Authenticité douteuse
Les Rivaux - Théagès
Minos - Clitophon

Personnages du dialogue : Socrate, Timée, Hermocrate, Critias

Platon, dans Le Timée et le Critias, s'attache à la description d'une cité idéale . Le philosophe grec poursuit dans ces deux ouvrages un but précis : démontrer aux hommes de son époque que dans les temps anciens la Grèce avait été capable de vaincre des ennemis puissants, commandés par des rois fabuleux. Ces livres constituent donc une mise en garde contre une décadence possible de la cité grecque, pour peu qu'elle abandonne les principes qui ont fait sa force.


Critias (grand-père de l'un des trente tyrans que Sparte avait nommés au gouvernement d'Athènes, en 450 avant Jésus-Christ) rapporte dans le Timée ce qu'a dit Solon le Sage :  « Il y a en Égypte. dans le Delta, vers la pointe duquel le Nil se partage, un certain pays, qu'on appelle Saitique, et dont la plus grande ville est Sais. C'est une déesse qui l'a fondée : en égyptien, son nom est Neith, mais en grec, c'est Athéna ».

Solon a entendu, de la bouche « des prêtres les plus savants », une étrange prophétie :

« Une déviation se produit parfois dans les corps qui circulent au ciel, autour de la terre. Et. à des intervalles de temps largement espacés. tout ce qui est sur terre périt alors par la surabondance du feu. Tous ceux qui habitent sur les montagnes, dans les lieux élevés et dans les endroits secs, périssent plutôt que ceux qui demeurent proches des fleuves et de la mer. Mais pour nous, le Nil, notre sauveur en d'autres circonstances, nous préserve aussi de cette calamité-là... La race la meilleure et la plus belle parmi les hommes, vous ne savez pas que c'est dans votre pays qu'elle est née... Vous l'ignorez parce que pendant de nombreuses générations. les survivants sont morts sans avoir été capables de s'exprimer par écrit. Oui, Solon, il fut un temps, avant la grande destruction par les eaux, où la cité qui est aujourd'hui celle des Athéniens, était de toutes la meilleure dans la guerre et singulièrement la mieux policée à tous égards. Y furent accomplis les exploits les plus beaux, et il y eut les organisations politiques les meilleures. »

Et le prêtre décrit alors ce qu'était l'organisation sociale d'Athènes, neuf mille ans avant qu'elle soit engloutie par une catastrophe.

« ... en premier lieu, la classe des prêtres, séparée de toutes les autres, puis la classe des artisans, la classe des bergers, celle des veneurs et celle des laboureurs. Pour la classe des combattants, elle est également distincte de toutes les autres, et qu'à ses membres la loi a prescrit de ne s'occuper de rien, sinon de ce qui concerne la guerre. »

C'est, selon l'interlocuteur de Solon, cette organisation sociale (que les philosophes appelleront la cité platonicienne) qui permet d'expliquer :

« comment votre cité anéantit jadis une puissance insolente qui envahissait à la fois toute l'Europe et toute l'Asie et se jetait sur elle du fond de la mer Atlantique. Car, en ce temps-là, on pouvait traverser cette mer. Elle avait une île. devant ce passage que vous appelez, dites vous. les colonnes d'Hercule Cette île était plus grande que la Libye (c'est ainsi que l'on appelait alors la partie de l'Afrique située à l'ouest de l'Égypte) et l'Asie réunies. Et les voyageurs de ce temps-là pouvaient passer de cette île sur les autres îles, et, de ces îles, ils pouvaient gagner tout le continent, sur le rivage opposé de cette mer qui méritait vraiment son nom (Atlantique). Car d'un côté, en dedans de ce détroit dont nous parlons, il semble qu'il n'y ait qu'un havre au goulet resserré, et de l'autre, au-dehors, il y a cette mer véritable et la terre qui l'entoure et que l'on peut appeler véritablement un continent. Or, dans cette île atlantique, des rois avaient formé un empire grand et merveilleux- Cet empire était maître de l'île tout entière et aussi de beaucoup d'autres îles et portions du continent. En outre, de notre côté, il tenait la Libye jusqu'à l'Égypte et l'Europe jusqu'à la Tyrrhénie (Italie occidentale). Cette puissance entreprit d'asservir votre territoire, le nôtre et tous ceux qui se trouvent de ce côté-ci du détroit Mais la puissance de votre cité fit éclater aux yeux de tous son héroisme et son énergie. Car elle l'a emporté- D'abord à la tête des Hellènes puis, abandonnée par les autres, elle vainquit les envahisseurs, libéra tous les autres peuples et nous-mêmes qui habitons à l'intérieur des colonnes d'Hercule. Mais, dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre effroyables et des cataclysmes. Dans l'espace d'un seul jour et d'une nuit terribles, toute votre armée fut engloutie d'un seul coup sur la terre et, de même, l'île Atlantide s'abîma dans la mer et disparut. Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, cet océan de là-bas est difficile et inexplorable, par l'obstacle des fonds vaseux et très bas que l'île, en s'engloutissant. a déposés. »

Dans le Critias, Platon apporte des précisions sur l'organisation du royaume de l'Atlantide