The Travail reference article from the French Wikipedia on 27-Jul-2004
(provided by Fixed Reference: snapshots of Wikipedia from wikipedia.org)

Travail

Watch child sponsorship videos

Table of contents
1 Étymologie
2 Tentatives de définition
3 Types de travail
4 Quelques citations
5 Quelques pistes de lectures, pour commencer
6 Travail et Démocratie
7 Réglementation du travail

Étymologie

Le mot travail vient du bas latin tripalium (VIe siècle) instrument de torture formé de trois pieux.
Altération sous l'influence de la famille de trabs, trabis : poutre. (travée)
Au XIIe siècle: Travail : Tourment, souffrance. Travailler : Tourmenter, souffrir.
Au XVIe siècle : "Se donner de la peine pour".

Tentatives de définition

Sens Restreint. - le travail: action non dictée par la survie de l'espèce, bien souvent en échange d'une rémunération ou gratification.
Sens Large. - travail : toute action nécessitant de l'énergie.

En physique, le mot "travail" désigne l'énergie fournie par une force. Ceci est étudié dans l'article travail d'une force et n'est pas l'objet du présent article.

Le travail, valeur ultime d'aujourd'hui

Dans notre société, le travail payé est sans doute devenu la valeur la plus importante. Alors que pour beaucoup Dieu est mort, et avec lui la culture religieuse, que la conscience politique et de la communauté ont disparu, la place du travail est devenue dominante.

Cela est dû au fait que la sphère économique occupe de plus en plus de place dans nos vies. Nous voulons consommer, c'est l'idéal de nos vies, donc nous voulons travailler. Aujourd'hui ce n'est peut-être plus tant pour paresser que nous travaillons (Jean-Jacques Rousseau) mais pour consommer. Ainsi, quand nous avons fini de travailler, nous consommons et restons donc un peu plus dans la sphère marchande.

Dans le même temps, le travail se vide de sa dimension de sociabilité, de la charge éthique et symbolique qui faisait sa consistance, pour ne retenir que la valeur de l'efficacité économique.

Types de travail

Quelques citations

Quelques pistes de lectures, pour commencer

Travail et Démocratie

Étudions les relations qu'entretiennent Travail et Démocratie à travers un exemple d'un autre temps, celui de l'Athènes antique...

Le Travail méprisé

Les civilisations antiques méprisaient le Travail, car il représentait une activité qui assujettit l'homme à l'ordre de la nécessité. Ainsi, les Grecs - et notamment les Athéniens - ont-ils tenu le Travail en piètre estime dans la mesure où travailler c'est d'abord aliéner sa liberté au service de la matière ou d'autrui, alors que sa nature devrait porter l'homme à s'en affranchir pour commander à l'une ou à l'autre.

La philosophe et historienne américaine Hannah Arendt explique avec perspicacité dans Condition de l'homme moderne (1) cette antique conception du Travail. Elle montre que dire que le travail et l'artisanat étaient méprisés dans l'antiquité parce qu'ils étaient réservés aux esclaves est un énorme préjugé moderne. Au contraire, les Anciens faisaient le raisonnement inverse : ils jugeaient qu'il fallait avoir des esclaves à cause de la nature servile de toutes les occupations qui pourvoyaient aux besoins de la vie. C'est même par ces motifs que l'on défendait et justifiait l'institution de l'esclavage. Arendt souligne aussi que cette institution de l'esclavage ne fut ni un moyen de se procurer de la main-d'œuvre à bon marché, ni un instrument d'exploitation en vue de faire des bénéfices ; ce fut plutôt une tentative pour éliminer des conditions de la vie le Travail. Ce que les hommes partagent avec les autres animaux, on ne le considérait pas comme humain. Ainsi, Aristote explicita la nature non humaine de l'esclave. Pour autant, il ne niait pas que l'esclave fût capable d'être humain ; il refusait de donner le nom d' « hommes » aux membres de l'espèce humaine tant qu'ils étaient totalement soumis à la nécessité.

La Démocratie athénienne, un « loisir »

Ces « hommes » libres, qui vaquaient à des occupations « humaines », percevaient également l'institution de l'esclavage comme un haut intérêt politique. En effet, Athènes a inventé la Démocratie, dit-on. Et les esclaves en étaient paradoxalement les garants : ils libéraient les citoyens athéniens - cinq fois moins nombreux qu'eux - du travail et leur permettaient de pratiquer leur « loisir favori », la politique. Le sport et les arts étaient également adulés, mais la philosophie, et sa fille la politique, étaient ce qui rassemblait les citoyens, ce qui caractérisait le corps des citoyens, ce qui les différenciait. Dans un esprit « libertaire » et « égalitaire » (pour les citoyens hommes uniquement), Athènes se vit accoucher de la Démocratie qu'il fallut faire grandir, qu'il fallut améliorer.

Un système démocratique complexe se mit en place au fil des VIe et Ve siècles avant J.-C. Pour faire simple, il garantissait la participation de tous les membres du corps des citoyens à l'exercice de la gestion de la cité : tous les citoyens (hommes majeurs uniquement, les femmes ne représentant, à leurs yeux, que l'aspect privé de la vie du citoyen, c'est-à-dire pas grand-chose) peuvent siéger à l'Assemblée du peuple, organe législatif. 600 des citoyens sont tirés au sort et siègent au Conseil, l'organe exécutif. Il y a un président du Conseil différent chaque jour (rotation) qui aurait à peu près les pouvoirs que le président a en France actuellement. Enfin, le tribunal populaire compte 6000 juges, tirés au sort tous les ans, toujours parmi les 30000 citoyens du corps civique. Parmi ces 6000 juges, un certain nombre sont encore tirés au sort lorsqu'il faut juger une affaire.

Bien entendu, les « classes aisées » (aristocrates) restent les plus influentes lors des débats publics, car ils ont pu apprendre l'art du discours public, et également parce qu'ils se sont totalement soustraits au Travail (qui abaisse, par opposition à la Parole, qui élève) par la possession de nombreux esclaves. Les « basses classes » accèdent à une participation à la vie politique égale par deux moyens. Tout d'abord, elles se retrouvent à occuper les postes les plus importants, en nombre, pour la défense de la cité : les garnisons de fantassins et les troupes incorporées dans la flotte. La défense de la cité est considérée comme étant un devoir citoyen, en aucun cas un travail. Les pauvres, donc, défendent la cité et c'est pourquoi ils accèdent à la participation à l'exercice politique.

Mais, pour garantir leur participation effective, il est mit en place un système de subventions, la Misthophorie (2), qui permet aux plus pauvres de venir siéger aux différents organes politiques et de venir même occuper des magistratures importantes. En effet, les pauvres ne possèdent pas forcément d'esclaves en nombre suffisant pour ne plus être astreints au Travail. Participer à la vie politique représente alors un coût : un manque à gagner dû à la non utilisation de leur propre force de travail. La misthophorie leur garantit, lorsqu'ils viennent siéger, un salaire équivalent à leur manque à gagner. Encore une fois, échapper au travail pour participer à la vie publique.

Travail et Démocratie


On voit donc que, pour l'Athènes antique, les notions de Travail et 
Démocratie sont étroitement liées. Echapper au Travail devient équivalent à philosopher et participer à la gestion de la cité par la politique. Echapper au Travail par la possession d'esclaves et par la misthophorie. Et dans un souci de former un corps civique soudé et indivisible, la Démocratie athénienne se fonde à la fois sur le pouvoir de la majorité du peuple assemblé (c'est le sens strict de "démocratie") et sur la possibilité, pour chaque citoyen, de participer également aux différents organes de l'État (c'est l'Iségoria).

La naissance de la Démocratie et son développement athénien (le plus poussé jusqu'à présent) ne doivent leur raison d'être qu'au fait d'avoir réussi à s'affranchir du Travail.

(1)H. Arendt, Condition de l'homme moderne, trad. De G. Fradier, Ed. Calmann-Lévy, 1961, pp. 95-96.
(2)C. Mossé, Histoire d'une démocratie : Athènes, Ed. du Seuil, 1971.


Réglementation du travail

Merci de compléter cette section, si vous avez des informations utiles. Voir aussi: